Mémoire de livres

14 novembre 2017

LA FIANCEE PAKISTANAISE - Bapsi SIDHWA

couv75828283     

      Titre :     LA FIANCEE PAKISTANAISE

      Auteur :  Bapsi SIDHWA

      Traduction : Christine LE BOEUF (anglais)

      Edition :   Babel

      Parution : 1996

                      346 pages

      De quoi ça parle ?

     A la suite de l'un des massacres interethniques qui ont accompagné la "partition" de l'Inde et du Pakistan, une petite fille originaire des plaines du Panjab est adoptée par un montagnard du Kohistan. Il a quitté son village à la mort de sa femme et de ses enfants, et c'est à Lahore qu'il va élever la petite Zaïtoon. Mais obsédé par la nostalgie de ses montagnes de la haute vallée de l'Indus, c'est à un homme de sa tribu qu'il va la donner en mariage, alors que tout sépare les nouveaux époux.
Evocatio authentique d'un Pakistan intime, le roman de Bapsi Sidhwa est aussi un somptueux roman d'aventures qui met en scène, avec force et sensualité, des personnages inoubliable

Les premières phrases

Qasim avait dix ans lorsque son père, assis sur ses talons au bord d'un petit torrent de montagnes, lui annonça :

-Fils, on va te marier.

Cette déclaration n'affecta guère Qasim mais quand, un instant plus tard, son père lui posa dans les bras un lourd et antique fusil, il rougit de plaisir.

Ce que j'en ai pensé

En 1947, lors de la partition entre l'Inde et le Pakistan, Qasim a trente sept ans. Il vit au Kohistan, une région du nord du Pakistan, montagneuse et sauvage où les lois ancestrales et l'organisation tribale n'ont jamais cédé la place aux lois du pays. Il vient de perdre sa femme et ses trois enfants, il ne se sent pas le coeur a continuer à travailler sa terre et décide d'émigrer vers la capitale, Lahore. En route, il échappe de peu à un des massacres inter-religieux qui sévissent dans le pays et recueille une fillette dont les parents n'ont pas eu cette chance. Il lui donne le nom de sa propre fille disparue : Zaitoon et l'élève avec l'aide d'un couple avec lequel il s'est lié d'amitié. Qasim s'est bien adapté à la vie en ville, mais il a gardé la nostalgie de ses montagnes et la vie libre qu'on y mène ; il n'a pas renoncé tout à fait à ses coutumes et lorsque Zaitoon a seize ans il la mène dans son ancien village et la donne en mariage à Sakhi, un jeune homme de son clan. Il lui a toujours vanté la beauté de sa région natale : les montagnes escarpées et sauvages, les torrents impétueux et à son arrivée Zaitoon est émerveillée par la splendeur des paysages. Elle va vite déchanter lorsqu'elle s'apercevra que sa vie va changer du tout au tout auprès de ce mari qu'on lui a imposé. Elle n'aura le droit de rien : ni de parler en public, ni de sortir tête nue, ni de croiser le regard d'un homme, ni même d'approcher un autre homme que le sien. Tout manquement à ces règles, même involontaire, peut gravement nuire à l'honneur de son mari. De plus, aux yeux de Sakhi, Zaitoon est une fille de la ville, elle représente la modernité, un véritable danger, et il est prêt à tout pour la mater.

J'ai été particulièrement intéressée et émue par ce récit qui met en scène la vie de cette jeune pakistanaise. Dans les régions sauvages de ce pays, on s'aperçoit qu'une femme n'est rien : à peine plus utile qu'un âne, sûrement moins qu'un de ces fusils dont les hommes se servent pour venger leur honneur. Par contre elle est la dépositrice de cet honneur et tout manquement aux règles édictées est synonyme de mort, parcequ'en cas de faux pas, seule sa mort pourra laver l'honneur de son mari. Autrement dit elle n'a aucun droit, seulement des devoirs ; elle existe uniquement en tant que mère, et encore ! Dans ces régions ce sont les traditions séculaires qui régissent les actes des hommes et asservissent les femmes. Le récit se déroule dans la seconde partie du siècle dernier : il y a seulement une cinquantaine d'années, mais tout porte à croire que malheureusement les choses n'ont pas beaucoup changé dans cette partie du monde avec l'arrivée des talibans.

Ma Note : 8/10

 
 

Posté par Brigttt à 10:46 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,


12 novembre 2017

LA VILLA ROUGE - James PATTERSON

couv61161454  

      Titre :      LA VILLA ROUGE (Murder House)

      Auteurs : James PATTERSON et David ELLIS

      Traduction : Sebastian DANCHIN

      Edition :    L'Archipel

      Parution : Aout 2017

                    472 pages

     De quoi ça parle

     Dans les Hamptons (Long Island), au 7 Ocean Drive, se dresse une impressionnante maison à la façade gothique avec une vue imprenable sur l’océan.
Mais elle est à l’abandon depuis plusieurs années et tombe en décrépitude. On la dit maudite. Il est vrai que la Villa rouge, telle qu’on la surnomme, a été par le passé le théâtre d’une série de meurtres jamais résolus.
Quand un nabab d’Hollywood et sa maîtresse y sont retrouvés sans vie, tous pensent que la malédiction frappe de nouveau.
Jenna Murphy, une ancienne flic de New York, va mener l’enquête. Elle qui, enfant, jouait sur la plage non loin de la maison, voit ressurgir en elle une terreur qu’elle croyait pourtant éteinte…
Mais la Villa rouge n’a sans doute pas encore révélé tous ses mystères… et Jenna pourrait bien en être la prochaine victime.

Ce que j'en ai pensé

Jenna Murphy, une jeune enquêtrice qui a du démissionner de son poste au NYPD, est mutée dans les Hamptons où elle a passé une partie de son enfance : son oncle, chef de la police locale, lui a donné une seconde chance. Peu après son arrivée elle est chargée de l'arrestation de Noah Walker, un homme soupçonné du meurtre de deux personnes dont son ancienne petite amie. Le drame s'est déroulé dans la Villa Rouge, une bâtisse située au bord de l'océan, inhabitée depuis la mort de son ancien occupant, dernier descendant d'une famille pour le moins étrange et inquiétante. Depuis, elle a la réputation d'être hantée. Très vite Jenna doute de la culpabilité de Noah et se penche sur le passé de cette demeure. Elle découvre ainsi que d'autres crimes y ont été commis, mais son oncle Lang, lui, refuse de suivre cette piste. Guidée par son intuition et aussi par des cauchemars dans lesquels elle évolue dans la Villa Rouge, elle va faire cavalier seul et continuer à mener l'enquête malgré l'interdiction de sa hiérarchie.

Les personnages sont bien construits, bien détaillés ; ils ont tous une part d'ombre, y compris Jenna, ce qui fait qu'on peut tous les soupçonner d'être le meurtrier. Jenna est une enquêtrice un peu atypique, elle préfère se dresser contre sa hiérarchie, quitte à être démise de ses fonctions, plutôt que renoncer à croire à ses intuitions. J'ai trouvé aussi le personnage d'Aiden particulièrement bien réussi. L'auteur nous fait faire des allers retours entre le passé et le présent : 1995, 2007, 2012, 2010......Les chapitres sont très courts, parfois seulement deux ou trois pages, ce qui donne un rythme effréné à l'action. Les rebondissements, les fausses pistes sont nombreux même si certains, répétés, sont un peu inutiles et nuisent à maintenir le suspense. Je pense notamment à ceux concernant Noah.

Par contre j'ai été assez déçue par la qualité de l'écriture - écriture ou traduction ? - avec des expressions quelque peu bizarres : (ex : Vous êtes sur de ne pas être un tueur en série rentré ? P. 311), même si mon impression s'est atténuée au fil des pages. Et j'ai trouvé que la fin était un peu rapide et pas vraiment à la hauteur du reste.

Merci à Babelio et aux Editions L'ARCHIPEL pour l'envoi de ce roman.

Ma Note : 6.5/10

 

Posté par Brigttt à 10:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

02 novembre 2017

SEPT HISTOIRES QUI REVIENNENT DE LOIN - J.C RUFIN

couv12037818

      Titre : SEPT HISTOIRES QUI REVIENNENT DE LOIN

      Auteur : J.C RUFIN

      Edition : Folio 2012

      Parution : 2011 GALLIMARD

                    192 pages

      De quoi ça parle ?

  Sept histoires fortes, drôles, émouvantes.

Sept petits romans avec chacun son intrigue, ses personnages, son dénouement inattendu.

Sept lieux du monde, Mozambique, Kirghizie, île Maurice... qui apportent leurs couleurs et leurs parfums.

Sept occasions de donner aux grandes questions contemporaines un visage humain.

Sept instants de vie

Un même bonheur de lecture.
                            

Ce que j'en ai pensé

Ce n'est pas facile de chroniquer des Nouvelles. C'est du reste un genre que je n'apprécie pas beaucoup : en général je n'ai pas le temps d'entrer dans l'action que le récit est déjà fini. Heureusement, certains recueil font exception, et celui-ci en fait partie.

Chacune de ces Nouvelles a son cadre dans un pays lointain, exotique, ou dans un endroit bien particulier comme Nuit de garde qui se déroule dans un hôpital : ici l'auteur a puisé dans son expérience de jeune médecin ; ou Train de vie dont l'action se passe dans un train mais dont les personnages qui entourent le héros sont des femmes, l'une d'origine malienne, les autres philipinnes.

Celle que j'ai préféré et qui m'a le plus touchée, c'est Les Naufragés, dans laquelle, sur une île du sud de l'Afrique (Maurice ?) une descendante de colons qui pourtant ne se comporte pas comme telle, est si attachée à son île qu'elle ne peut supporter les agissement des indiens qui tentent d'imposer leur suprématie en élevant des temples partout, y compris sur la plage, devant sa villa. Son rejet sera si fort qu'elle optera pour la solution radicale. On peut la comprendre, mais aussi rétorquer que ses ancêtres aussi ont apporté leur civilisation et leur culture sur cette île. Chacun son tour !

Celle que j'ai le moins aimé c'est Les fiancés de Lourenço Marquès. Un homme attends la femme qu'il a aimé autrefois, qu'il a perdu de vue et qu'il a retrouvée récemment. Tout en roulant vers la gare maritime ou il va l'accueillir, il évoque ses souvenirs en décrivant la route qu'il emprunte. Je me suis demandé s'il s'agissait vraiment de la réalité ou si ce n'était qu'un fantasme.

Toutes ces Nouvelles "reviennent de loin" : à la fois à cause de leur cadre géographique, mais aussi parceque leurs personnages ne sont pas en reste : ils subissent rejet, désillusions, sont confrontés à des occasions inespérées ou au contraire à des circonstances difficiles. Toutes différentes les unes des autres, bien écrites, ces sept Nouvelles m'ont émue, fait voyager, et finalement elles m'ont fait revenir un peu sur mon opinion concernant ce genre.

Ma Note : 7.5/10

 

 

Posté par Brigttt à 09:48 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

31 octobre 2017

BILAN DE LECTURE D'OCTOBRE 2017

 

couv12037818  couv30593903  couv65496632

couv60898197  couv75828283  couv41505096 

couv14103374

Sept livres lus ce mois-ci, dont un livre auto-édité. Cela a plutôt été un bon mois : pas de déception...

J'ai beaucoup aimé : Nulle part sur la Terre de M. FARRIS SMITH

                            La Fiancée pakistanaise de Bapsi SIDHWA

                           La dernière Fugitive de Tracy CHEVALIER

J'ai aimé :              Sept Histoires qui reviennent de loin de JC RUFIN

                           L'ennui du Mort Vivant de Luc DOYELLE

                           Délivrance de J. ADLER OLSEN

J'ai moins aimé :     Le dernier Mort de Mitterand de R. BACQUE

 

Posté par Brigttt à 10:10 - Commentaires [0] - Permalien [#]

24 octobre 2017

NULLE PART SUR LA TERRE - M. FARRIS SMITH

couv60898197

      Titre :    NULLE PART SUR LA TERRE  (Desesperation Road)

      Auteur : Michael FARRIS SMITH

      Traduction (Etats-Unis) : Pierre DEMARTY

      Editions : Sonatine

      Parution : Août 2017

                    362 pages

      De quoi ça parle ?

Une femme marche seule avec une petite fille sur une route de Louisiane. Elle n'a nulle part où aller. Partie sans rien quelques années plus tôt de la ville où elle a grandi, elle revient tout aussi démunie. Elle pense avoir connu le pire. Elle se trompe.
Russel a lui aussi quitté sa ville natale, onze ans plus tôt. Pour une peine de prison qui vient tout juste d'arriver à son terme. Il retourne chez lui en pensant avoir réglé sa dette. C'est sans compter sur le désir de vengeance de ceux qui l'attendent.
Dans les paysages désolés de la campagne américaine, un meurtre va réunir ces âmes perdues, dont les vies vont bientôt ne plus tenir qu'à un fil.

Les premières phrases

Le vieil homme avait presque atteint la frontière de la Louisiane quand il les aperçut qui marchaient de l'autre côté de la route, la femme avec un sac poubelle jeté sur l'épaule et la fillette derrière elle traînant les pieds. Il les regarda quand il les dépassa puis il les regarda dans le rétroviseur et il regarda les autres voitures les ignorer comme de simples panneaux de signalisation.

Ce que j'en ai pensé

Après onze années passées en prison, Russel revient dans sa ville natale. Sa mère est morte durant sa détention, mais son père y habite toujours. Russel sait que sa libération lui promet une nouvelle vie, mais aussi quelques ennuis. En effet, il va devoir  faire face à son passé et affronter deux frères avides de venger la mort de leur cadet.

Maben elle aussi revient à McComb après de nombreuses années de souffrances et d'errances. Elle est partie seule mais maintenant, de retour, elle est accompagnée d'Annalee, sa petite fille de huit ans. Toutes deux marchent sur cette route qui relie la Louisiane au Missipi. Toutes leurs possessions tiennent dans un sac poubelle que Maben porte sur son épaule. Leur but : arriver en ville ; après Maben ne sait pas : un foyer peut être ? mais pour combien de nuits ? et ensuite ? Jusqu'ici elle a fait tout son possible pour avoir de quoi nourrir et protéger Annalee, pour éviter qu'on la lui enlève. Cette petite fille est tout ce qui lui reste de précieux. Mais là elle ne voit pas le bout du tunnel, et elle est prête à tout pour sa fille.

C'est le titre anglais Desesperation Road : la route du désespoir, qui annonce le mieux le ton de ce roman. Trois êtres ballottés par ce que la vie a de plus éprouvant, épuisés par l'errance tant physique que mentale, au bord du désespoir. Y a t-il encore une place pour eux sur la terre ?

Onze ans après leur première rencontre, celle qui a précipité leur chute, les chemins de Russel et de Maben vont une nouvelle fois se croiser et cette rencontre va leur donner l'occasion d'invertir le sens du destin.

Après Une pluie sans fin paru en 2015, un roman post-apocalyptique que j'avais beaucoup aimé, l'auteur revient avec ce récit totalement différent : un roman noir, bouleversant. L'auteur met en scène des personnages désenchantés, désespérés, brisés par la vie ; ils sont pris dans un tourbillon d'événements devenus incontrôlables, mais ils continuent à se battre. Maben, elle, se bat pour Annalee ; seule cette enfant lui permet de garder la tête hors de l'eau. Russel, lui, n'a plus rien ; moins que rien pourrait on dire puisque même après onze ans de prison il a encore une dette à payer. Et il s'attend à devoir la payer de sa vie. Heureusement dans toute cette noirceur, il y a encore un brin d'espoir.....

Nulle part sur la terre est un beau roman, puissant, addictif, écrit avec beaucoup de sensibilité. Malgré l'atmosphère sombre dans laquelle évoluent ces personnages en quête de rédemption, à aucun moment l'auteur ne céde au pathos.

J'ai lu ce roman dans le cadre des matchs de la Rentrée Littéraire. Un grand merci à PRICE MINISTER.

Ma Note : 8.5/10


Posté par Brigttt à 10:40 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,


14 octobre 2017

L'ENNUI DU MORT VIVANT - Luc DOYELLE

couv30593903

    Titre :      L'ENNUI DU MORT VIVANT

    Auteur :   Luc DOYELLE

    Edition :   Auto Edition

    Parution : Mars 2017

                   208 pages

    De quoi ça parle ?

Tout le monde a, dans son entourage, un ou plusieurs tueurs en série (serial killers). C’est du dernier chic dans les salons mondains.
Mais connaissez-vous les tués en série (serial killed) ? Ah, on fait moins le malin, hein ?
Oui, je sais, vous allez me dire : ça n’existe pas. Personne ne peut mourir plusieurs fois.
Vraiment ?
Laissez-moi vous raconter l’histoire d’un casse-couilles de classe mondiale, un alcoolo de premier ordre, surnommé le vrai con malté.
Peut-il, à l’instar des chats, posséder neuf vies ? Ou s’épuisera-t-il avant ?
Une seule façon de le savoir : se jeter sur « L’ennui du mort-vivant ».
À vos risques et périls.

Ce que j'en ai pensé

C'est avec ce polar complétement déjanté que j'ai fait la connaissance de Luc Doyelle et Lucius von Lucius. Lorsque l'auteur m'a proposé la lecture de "L'ennui du mort vivant" j'ai tout d'abord été intriguée par le titre. J'aime beaucoup les thrillers, les polars, tous les récits dont l'intrigue tient en haleine. Je suis moins amatrice de livres "humoristiques" ou du moins je m'en méfie beaucoup parceque pour la grande majorité ils ne m'amusent pas. Mais comme j'aime découvrir je n'ai pas hésité et me suis plongée dans les aventures de Lucius. Et, j'ai ris....Pas souris, mais vraiment ris, ce qui parfois m'a attiré des regards étonnés de la part de mes voisins de transports en commun.

Lucius von Lucius est écrivain et thanatopracteur amateur. Alors quand son ami Nestor, revenant d'Egypte, lui révèle qu'il vient de se faire dérober le cadeau qu'il lui destinait : une peau de mouton couverte de hiéroglyphes décrivant une très ancienne méthode d'embaumement, il est très déçu de voir échapper cette relique et il se lance à la poursuite du voleur. Il ne s'attend vraiment pas à ce qu'il l'attend..... Il va avoir affaire a un enquiquineur qui n'aura de cesse de lui donner rendez-vus par téléphone, se faire tuer avant qu'ils puissent se rencontrer, puis de ressusciter! Et ce sera sans compter sur un autre personnage en babouches et djellaba qui lui aussi semble intéressé par la précieuse relique.

L'Ennui du mort vivant, c'est un festival de jeux de mots, de calembours, de personnages cocasses et déjantés. Il faut parfois s'accrocher parceque Lucius est un infatigable enquêteur et qu'on a parfois du mal à le suivre. Il ne dors jamais, est toujours sur les chapeaux de roue, si bien que par moment durant ma lecture, j'avais l'impression d'être moi aussi fatiguée et en manque de sommeil.....Et Luc Doyelle ne se contente pas de jouer avec ses personnages. Même notre ancien Président, le "normal" y est évoqué et gentiment moqué ainsi que certains aspects de la Société actuelle.

En bref, ce roman, c'est un condensé de bonne humeur et de rigolade. Rien n'est prévisible, on se demande à chaque page ce que l'auteur va bien pouvoir inventer. On en sort épuisé par le rythme des rebondissements et la succession ininterrompue des situations plus loufoques les unes que les autres, mais détendu et heureux. Un ovni littéraire à ne pas manquer.

Merci à Luc Doyelle et au site SimplementPro !

Ma Note : 7.5/10

Posté par Brigttt à 11:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

06 octobre 2017

LE LAC de Yana VAGNER

couv38652144

      Titre :     LE LAC (Zhivye Ludi)

      Auteur : Yana VAGNER

      Traduction : Raphaëlle PACHE (russe)

      Edition :   Pocket 2017

      Parution : Edition Mirobole 2016

                     448 pages

      De quoi ça parle ?

      Au terme d’une fuite angoissante à travers la Russie ravagée par un virus mortel, Anna et ses dix compagnons de fortune — hommes, femmes, enfants — ont atteint le but de leur périple : un cabanon sur le lac Vongozero, à la frontière finlandaise, un refuge sûr, coupé d’un monde devenu hostile. Contraints à l’immobilité, ils devront apprendre à vivre ensemble, malgré les tensions permanentes, malgré le froid polaire, malgré le manque de nourriture, le manque de ressources, le manque d’intimité. Le premier objectif est bien de passer l’hiver, terrible. Apprendre à pêcher sous la glace du lac, oser peut-être explorer les isbas désertées sur l’autre rive…Mais ensuite ? Comment s’en sort-on, lorsqu’on est encore plus démuni pour la survie que pour la fuite ?

Les premières phrases

Je n'imagine pas ce qu'elle a pu ressentir, enfermée avec son fils dans son appartement, séparée du chaos et de la mort par une mince porte et deux serrures finlandaises. Deux semaines. Deux semaines de cruels dilemmes : sortir ou rester ? Allumer la lumière ou rester dans l'obscurité ?

Ce que j'en ai pensé

Le Lac est la suite et fin de Vongozero, ce road movie dans lequel nous suivions un petit groupe essayant de fuir une  terrible épidémie qui se propageait à travers toute la Russie. Leur but c'était une île située au milieu du lac Vongozero, près de la frontière finlndaise, sur laquelle ils pourraient se réfugier, isolés du virus. Après avoir échappé à bien des dangers ils avaient enfin atteint leur destination. Le roman commence donc à ce moment là et c'est un huis-clos qui succède au road movie.

Le petit groupe s'installe dans la seule maison de l'île - une cabane de pêcheurs plus qu'une isba - : deux pièces dans lesquelles les onze personnes, dont deux enfants et un adolescent, doivent s'organiser pour survivre au mieux. Heureusement il y a un bon poêle et un tas de bûches, et ils ont amené tout ce que leurs véhicules -laissés sur l'autre rive- contenaient de vêtements et de provisions. Mais il est sûr que cela ne va pas suffire. Pour l'instant c'est le plein hiver, le lac est complètement gelé. Au printemps les oies vont arriver mais jusque là il va falloir apprendre à se rationner, à pêcher sous la glace,à endurer le froid et surtout à se supporter les uns les autres dans cet espace réduit. Entre ces onze personnes qui n'ont pas choisi de vivre les unes avec les autres, la tension va monter, exacerbée par le manque d'intimité, les sentiments qui se dévoilent, les rancoeurs qui refont surface. Sans compter le danger qui rôde : les hommes qui se sont installés sur l'autre rive.

L'auteur emprunte la voix d'Anna pour nous raconter la vie de ces hommes et ces femmes contraints pour échapper au virus mortel de vivre dans cet endroit étriqué, dans une promiscuité étouffante, alors qu'ils ne se sont pas choisis et que d'anciens différents opposent certains entre eux. Elle raconte l'ennui, le manque d'intimité des couples, l'inactivité forcée, le désespoir qui succède à l'espoir, la peur. Et elle raconte très bien : malgré l'immobilité de la situation, ponctuée de quelques retournements de situation on ne s'ennuie pas une seconde, les pages se tournent toutes seules. La psychologie des personnages est finement détaillée et l'intrigue tient ses promesses jusqu'à la toute fin.

Ma Note : 9/10

 

Posté par Brigttt à 11:08 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

02 octobre 2017

BILAN DE LECTURE DE SEPTEMBRE 2017

couv17566038   couv28757061   couv49723426

couv48416707   couv32060493 couv38652144

couv4099876  couv53551055

Voici mon bilan de lecture du mois de Septembre : 8 livres plus ou moins appréciés.

J'ai beaucoup aimé :    Purgatoire des Innocents de Karine GIEBEL

J'ai aimé :                  Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil de H. MURAKAMI

                               La passion Lippi de Sophie CHAUVEAU

                               Le Lac de Yana VAGNER

J'ai moins aimé            La petite danseuse de quatorze ans de Camille LAURENS

                                Il était une fois la fée Chabada de Lucie Brasseur

Je n'ai pas aimé :         Hantises de J.C OATES

                                Léviatemps de Maxime CHATTAM

Posté par Brigttt à 11:29 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

29 septembre 2017

LA PETITE DANSEUSE DE QUATORZE ANS - Camille LAURENS

couv17566038

       Titre :    La petite Danseuse de quatorze ans

      Auteur : Camille LAURENS

      Edition : STOCK

      Parution : 31 Août 2017

                    176 pages

     De quoi ça parle ?

     « Elle est célèbre dans le monde entier mais combien connaissent son nom ? On peut admirer sa silhouette à Washington, Paris, Londres, New York, Dresde ou Copenhague, mais où est sa tombe ? On ne sait que son âge, quatorze ans, et le travail qu’elle faisait, car c’était déjà un travail, à cet âge où nos enfants vont à l’école. Dans les années 1880, elle dansait comme petit rat à l’Opéra de Paris, et ce qui fait souvent rêver nos petites filles n’était pas un rêve pour elle, pas l’âge heureux de notre jeunesse. Elle a été renvoyée après quelques années de labeur, le directeur en a eu assez de ses absences à répétition. C’est qu’elle avait un autre métier, et même deux, parce que les quelques sous gagnés à l’Opéra ne suffisaient pas à la nourrir, elle ni sa famille. Elle était modèle, elle posait pour des peintres ou des sculpteurs. Parmi eux il y avait Edgar Degas. »

Ce que j'en ai pensé

Emue et intriguée par "La petite danseuse de quatorze ans", la statue de cire de Degas devenue célèbre dans le monde entier, l'auteure a voulu savoir qui était cette jeune fille qui avait servi de modèle à l'artiste. Degas est connu pour ses nombreux tableaux représentant des danseuses. Quand il n'était pas à son atelier il passait des journées entières dans les coulisses de l'Opéra à observer et dessiner les mouvements de ces jeunes corps pris sur le vif. En 1878, il change un peu ses méthodes et se lance dans la sculpture.

La petite danseuse, c'est Marie Van Goethem. Comme beaucoup de filles issues d'une famille très pauvre, Marie devient petit rat de l'Opéra, ainsi que sa soeur aînée Antoinette. C'est pour leur mère l'assurance de leur trouver un riche protecteur. En effet la plupart des messieurs qui assistent aux représentations de l'Opéra ne sont pas là pour l'amour de la danse mais plutôt pour reluquer les jeunes danseuses en tutu. L'Opéra à cette époque était un vrai lieu de débauche ; il était de bon ton pour les hommes d'un certain milieu d'entretenir une danseuse : cela prouvait qu'ils avaient de la fortune. Les plus jolies et les plus chanceuses n'auront pas de mal à plaire à un de ces messieurs ; les autres finiront dans un bordel. Degas, lui, est très loin de ces considérations ; ce qui l'intéresse ce sont les danseuses qui peuvent lui servir de modèle. C'est tout. Il vit seul, fréquente peu ses semblables et surtout pas la gent féminine. Lorsque la statue de la petite danseuse sera exposée pour la première fois en 1881, elle va faire scandale. On va lui trouver "des traits de criminelle", "l'air profondément vicieux". L'anthropologie, en plein développement à l'époque établissait un lien entre l'aspect physique et les qualités morales et intellectuelles des êtres.

La petite danseuse de quatorze ans n'est pas un roman, mais plutôt un essai. Camille Laurens a cherché tout ce qu'elle pouvait trouver pour reconstituer la vie de Marie, mais il existait peu d'éléments. On sait qu'elle fut renvoyée de l'Opéra en 1882 à cause de ses absences : bien sûr elle ne pouvait pas à la fois être à ses cours de danse et dans l'atelier du sculpteur.....Ensuite Marie disparaît, ne reste d'elle que sa représentation en cire. De ce fait, on en apprend beaucoup plus sur les moeurs de l'époque, la condition des femmes et des filles, le milieu de la danse et surtout sur celui des artistes peintres et sculpteurs, particulièrement sur Degas et sa façon de travailler, que sur Marie. Le récit est très documenté, l'auteure s'appuyant sur des écrits de contemporains du peintre tels que Balzac, Théophile Gautier, les frères Goncourt, et sur des lettres de Degas lui-même.

Un petit livre de 178 pages seulement qui se lit très vite, passionnant de bout en bout, mais j'espérais en apprendre plus sur cette petite danseuse.

Un grand merci aux Éditions STOCK

Ma note : 7/10

photo

 

Posté par Brigttt à 11:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

25 septembre 2017

LES TALONS ROUGES - Antoine de BAECQUE

couv15337429    

      Titre :       LES TALONS ROUGES

      Auteur :    Antoine de BAECQUE

      Edition :    STOCK

      Parution : 23 Août 2017

                     312 pages

      De quoi ça parle ?

      Juin 1789, l’Ancien Monde bascule. Les Villemort forment une longue lignée d’aristocrates, un clan soudé par l’idée ancestrale de leur sang pur, un sang dont précisément cette famille se délecte. Les Villemort, ces « talons rouges », sont aussi des vampires. Deux d’entre eux veulent renoncer au sang de la race pour se fondre dans la communauté des égaux. Ils sont les héros de ce roman oscillant entre le fantastique et le réel des journées révolutionnaires. Voici William, l’oncle revenu d’Amérique, qui a pris là-bas le goût de la liberté et épouse la cause des esclaves affranchis, s’entourant d’une garde couleur ébène. Voici Louis, le neveu exalté, beau, précipité dans l’action révolutionnaire, épris de Marie de Méricourt jusqu’à lui donner la vie éternelle. Comment échapper à la malédiction venue du fond des âges ?

Ce que j'en ai pensé

Les talons rouges, ce sont ces aristocrates qui depuis le 17ème siècle portaient des chaussures dont le talon étaient rouge, marque de leur noblesse. La légende veut que c'est le Duc d'Orléans, frère de Louis XV, qui passant de fête en fête à travers Paris dut traverser le quartier des Innocents qui abritait les abattoirs. Là, les dalles étaient recouvertes de sang ce qui tacha les hauts talons de Monsieur. Rentré à Versailles au matin, il se rendit au Conseil sans avoir pu changer de chaussures. Il n'en fallait pas plus pour lancer une mode : le lendemain tous les gentilhommes portaient des chaussures à talons rouges.

Le roman ne se passe pas au 17ème siècle mais commence à l'aube de la Révolution française, période marquée du sang des nombreux condamnés à la guillotine. Et pour nous introduire dans cette époque, l'auteur à choisi une famille peu banale : Les Villemort, une lignée de vampires (oui, encore du sang !) sur laquelle règne le patriarche Henry de Villemort depuis le 16ème siècle. Des vampires pas comme les autres ! Pas comme ceux qu'on connaît déjà ! Ils se déplacent sans problème sous la lumière du jour, ne dorment pas dans des cercueils. Certains même ne supportent plus leur condition, luttent contre leur addiction à l'hémoglobine et aspirent à devenir des êtres comme les autres. Nous allons suivre William le fils, fraîchement revenu d'Amérique avec des idées libérales plein la tête et Louis le neveu, jeune et fougueux, exalté par les bouleversements en cours. Tous deux vont se lancer à corps perdu dans les tourments de la Révolution.

La première partie du livre est consacrée à la description de cette famille et de ses moeurs, puis on bascule un peu abruptement dans la partie historique proprement dite. A la suite de William et Louis de Villemort, nous allons côtoyer les principaux artisans de ce nouveau régime et tous deux prendront une grande place dans le déroulement des événements. L'auteur décrit cette période et ses nombreux rebondissements à la manière d'un historien, bien qu'il prenne pas mal de liberté avec l'Histoire.

Il y a un grand contraste entre ces deux parties : l'évocation de la famille de Villemort, son histoire, et le déroulement des événements de la Révolution, comme si l'auteur n'avait pas pu ou pas voulu passer de manière fluide d'une histoire à l'Histoire bien que les personnages principaux soient communs aux deux parties. Même le style m'a paru différent et j'ai eu plus de mal à lire la partie historique : pas assez de rythme et beaucoup de longueurs.

En bref, un roman atypique, intéressant par son côté historique, mais qui ne m'a pas séduite.

Merci aux Editions Stock et à NetGalley

Ma note : 6/10

                    

Posté par Brigttt à 10:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,


Archives
Newsletter