Mémoire de livres

04 avril 2019

En quelques mots : mes lectures de MARS 2019

Les douze tribus d'Hattie - Ayana MATHIS

Alors qu'elle avait quatorze ans, Hattie une jeune noire a fui le sud et la ségrégation avec sa mère et ses soeurs pour s'installer à Philadelphie. Deux ans plus tard, elle avait épousé August et mis au monde des jumeaux qui mourront de la pneumonie quelques mois après leur naissance. Viendront ensuite neuf enfants et une petite fille : ceux sont eux les douze tribus d'Hattie. Chaque chapitre est consacré à un ou deux de ces enfants à un moment crucial de leurs vies. Hattie et August y sont toujours présents, mais c'est Hattie le véritable fil rouge du roman. Sans sentimentalisme ni misérabilisme, Ayana Mathis nous livre ici le portrait d'une mère, de ses enfants mais aussi d'une époque et de la vie sociale en Amérique au milieu du 20ème siècle. Un premier roman que j'ai trouvé aussi intéressant qu'émouvant. Une auteure à suivre.

Mauvais garçons - Linwood BARCLAY

C'est le deuxième opus de la série consacrée à Zack Walker ; je n'ai pas lu le premier mais cela ne m'a gênée en rien, l'auteur donnant tous les détails de l'environnement du personnage principal, c'est à dire Zack.  Auteur de livres de sciences fiction, il travaille aussi comme journaliste sous les ordres de sa femme. Depuis que la famille s'est installée en ville, elle a fait l'économie d'une voiture, n'en gardant qu'une ; ils doivent donc s'organiser à trois : Zack et sa femme qui ont des horaires différents et Angie, leur fille, qui est entrée à l'université et a des cours parfois tard le soir. Zack décide donc d'acheter une voiture d'occasion à une vente aux enchères de véhicules saisis par la police. Et c'est là que les problèmes vont commencer.......L'intrigue démarre un peu tard, mais le temps que l'auteur mette tous les éléments en place j'ai commencé à m'ennuyer et me suis demandée si c'était bien un thriller que je lisais. Ensuite, au premier rebondissement j'ai immédiatement compris ce qui allait arriver, ce qui a un peu gâché le plaisir. La plupart des personnages ne sont pas du tout crédibles, il y a peu de suspense et l'intrigue est un peu trop mince. Le plus mauvais roman de cet auteur que j'ai lu jusqu'à maintenant. Je ne crois pas que je renouvellerai l'expérience.

Petit traité sur l'immensité du monde - Sylvain TESSON

Un petit livre (167 pages) par forcément très facile à lire, mais j'aime beaucoup Sylvain Tesson, ses récits de voyage, et sa philosphie. Dans ce récit il évoque ses errances à travers l'Ancien Monde, toujours par "fair means", c'est à dire à pied, à cheval ou en vélo, très exceptionnellement en moto. C'est un amoureux de la nature et du nomadisme. Cependant il ne fuit pas toujours les villes, puisqu'il aime aussi escalader les édifices, surtout les cathédrales, bivouaquant souvent sur les toits ou entre deux flèches d'églises. Ce livre est un condensé de ses expériences, de ses réflexions. Un livre à lire lentement pour bien s'en imprégner.

Les âmes englouties - Suzanne JANSSON

Nathalie est biologiste, elle s'interesse plus particulièrement au rôle des tourbières dans le réchauffement climatique. Elle a vécu toute son enfance justement auprès d'une tourbière, et c'est là qu'elle décide de retourner pour préparer sa thèse. Non sans une certaine appréhension, car pour elle cet endroit est lié à un drame familial qui a provoqué son départ précipité alors qu'elle était encore adolescente. Peu de temps après son arrivée un jeune homme est agressé près d'une de ces tourbières, là justement ou plusieurs personnes ont disparu, comme avalées, là aussi ou l'on a retrouvé plusieurs corps momifiés. En échangeant avec les quelques habitants qui vivent en lisière du marais elle apprend que ces disparitions inexpliquées perdurent encore. La tourbière réclame toujours plus de victimes! On parle de fantômes, de sacrifices humains. Comme tout bon polar nordique, l'action met du temps à démarrer, l'histoire s'installe lentement. C'est la tourbière qui est le personnage principal de ce roman, ce qui crée une ambiance particulière, d'autant plus qu'on sent que l'auteure, photographe et journaliste, s'est beaucoup documentée sur le sujet. Malheureusement, j'ai trouvé que les personnages humains, eux, n'étaient qu'esquissés. Le thriller aurait gagné en force s'ils avaient été plus développés. Malgré tout Les Âmes englouties reste un bon premier roman. J'ai passé un bon moment de lecture.

Un sur deux - Steve MOSBY

Pour sa première affectation, l'inspecteur Mark Nelson va être servi ! Alors qu'il est à peine arrivé à son poste, il est envoyé avec son équipe sur les lieux d'un crime horrible. Au fur et à mesure de l'enquête, il va apprendre à connaître ses coéquipiers et particulièrement son chef, John Mercer, un policier de renom mais qui a sombré dans une profonde dépression à la suite de la mort atroce d'un de ses coéquipiers et ami. Il vont avoir affaire à un tueur en série machiavélique dont la méthode est d'enlever des couples dont il ne libère qu'un seul survivant. C'est un bon thriller, bien écrit, les personnages sont bien décrits et les rebondissements font qu'on est tenu en haleine tout au long de l'histoire. C'est le premier roman de Steve Mosby et il donne bien envie de lire les suivants.

Parti tôt, pris mon chien - Kate ATKINSON

Difficile de résumer ce livre, même succintement tellement il est dense et touffu. Tracy Waterhouse, ancienne policière reconvertie   en chef de la sécurité dans un centre commercial va croiser la route d'une femme maltraitante, puis de Jackson Brodie détective privé engagé par une jeune femme australienne adoptée en 1975 et qui veut retrouver sa famille biologique. C'est à partir de là que les intrigues vont se nouer et se dénouer, et les rebondissements se multiplier. Il y a énormément de personnages dans ce roman ce qui ne facilite pas les choses au début, en plus de nombreux aller retours entre 1975 et maintenant rendent la lecture intensive. Si tous les personnages ne sont pas vraiment sympathiques, ils sont tous bien décrits. Kate Atkinson a un univers bien particulier et un style caustique voire féroce par moments ce qui ajoute encore à la qualité de ce roman.

 

 

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05 mars 2019

En quelques mots : mes lectures de FEVRIER 2019

La Dame à la Licorne : Tracy CHEVALIER

Le noble Jean Le Viste, désire commander une série de tapisseries pour recouvrir les murs de la grande salle de sa demeure. Il fait appel à Nicolas ds Innocents peintre renommé qui travaille déjà pour la cour du roi Charles VII. Sa première idée est de faire représenter une scène de bataille où figurerait son blason. Nicolas ne fait pas ce genre d'ouvrage, sa spécialité est de peindre des miniatures, mais il ne peut refuser la commande de Jean le Viste, sa réputation en souffrirait beaucoup. Avec l'aide de Léon l'Ancien, un marchand, il se décide à se rendre chez le noble et à établir les termes du contrat. Alors qu'il attend Jean, il est appelé par la femme de celui-ci qui lui demande de persuader son mari de remplacer la scène de combat par une allégorie plus douce : une dame et une licorne. Geneviève et sa fille Claude vont l'inspirer pour ses dessins. Ceux-ci achevés il ira à Bruxelles, rencontrer un maitre tisserand et y fera connaissance de sa famille.

C'est bien sûr la tapisserie qui est au coeur du roman, mais l'auteure donne une grande place aux personnages qui évoluent autour, leurs émotions, leurs sentiments, leur histoire. On suit la confection de l'oeuvre depuis son début : les dessins jusqu'à son achèvement. Ce récit très documenté nous en apprend beaucoup sur la vie au Moyen Age, le commerce et l'artisanat, la vie d'un atelier. Un roman que j'ai adoré, la plume de Tracy Chevalier est toujours aussi addictive.

Les Enchantements d'Ambremer - Tome 1 : Le Paris des Merveilles - Pierre PEVEL

A Paris en 1909. Mais pas le Paris que nous connaissons...... En effet l'Outre Monde est passé trop près de la Terre, créant un passage entre les deux univers que seuls certains peuvent emprunter. Depuis en se promenant dans la capitale, on peut croiser des fées, des gnomes, des chats ailés et toutes sortes de créatures inconnues jusqu'alors. Louis Denizart Griffon est un mage à qui on fait appel pour enquêter sur des affaires qui sortent du domaine de l'humain, et il se trouve bientôt embrigadé dans une intrigue ou évoluent magiciens noirs, gargouilles et autres créatures magiques. J'ai beaucoup aimé l'univers très imagé et très cohérent créé par Pierre Pevel ; il nous explique la différence entre magie instinctive, magie innée et magie initiatique, ce qui permet de comprendre pourquoi certains personnages ont certains pouvoirs et d'autres non. C'est un livre qui se lit bien, les personnages sont attachants - bien qu'Isabel m'ait parfois agacée ! Une bonne lecture, mais je ne pense pas lire la suite.

Emma dans la nuit - Wendy WALKER

Une nuit, les deux soeurs Tanner - 17 et 15 ans- disparaissent. On retrouve la voiture de l'ainée sur la plage, ses chaussures au bord de l'eau, mais pas trace de la cadette. On pense à un enlèvement, peut être à un suicide pour l'une et à une fugue pour l'aure. Et puis trois ans après Cassandre, la plus jeune, sonne à la porte de la maison familiale, seule. Les agents du FBI qui avaient enquêté sans succès sur la disparition accourent, interrogent la jeune fille, celle-ci raconte ce qu'elle a vécu mais n'arrête pas de demander qu'on retrouve sa soeur. Ce livre est un très bon roman, un formidable thriller psychologique. L'auteur analyse très finement le caractère de ses personnages, le fonctionnement d'une famille psychologiquement dérangée : tout cela au travers d'une intrigue passionnante. J'ai beaucoup, beaucoup aimé.

Meursault, contre enquête - Kamel DAOUD

Kamel Daoud entreprend ici de faire sortir de l'anonymat "L'Arabe", le personnage tué par Meursault dans le roman d'Albert Camus "L'étranger", et à qui l'auteur n'a pas jugé bon de donner un nom. Il lui imagine donc un frère : Haroun. Celui-ci était très jeune quand son frère a été tué, le corps n'a jamais été retrouvé, sa mère n'en s'est jamais remise et toute l'enfance du garçon a été marquée par la présence fantomatique du disparu. Haroun n'a donc qu'une obsession, redonner un nom à son frère, lui redonner une identité : ce sera donc Moussa. Il raconte son histoire de manière véhémente, un peu dans le désordre - la scène se déroule dans un bar d'Oran, devant un verrre de vin rouge.

Je reste un peu mitigée à la fin de ma lecture. J'ai trouvé le récit un peu brouillon.

Le Cri - Nicolas BEUGLET

Alors qu'elle vient de se faire quitter - et de se faire mettre à la porte - par son compagnon, l'inspectrice Sarah Geringën est appelée à l'hôpital psychiatrique d'Oslo pour ce qui parait être un suicide. Un patient détenu dans la section la plus sensible de l'établissement vient de se donner la mort par strangulation. Sarah comprend très vite qu'il y a quelque chose qui ne colle pas entre les déclarations du personnel et les circonstances du décès : ce n'est pas un suicide, en fait l'homme est mort de peur. Beaucoup de questions se posent à la jeune femme : pourquoi le malade a-t-il une cicatrice en forme de chiffre sur le front, pourquoi a t-on déguisé le meurtre en suicide, que signifient les graffitis qui couvrent tous les murs de sa chambre. Sarah dont la vie amoureuse part en lambeaux va se jeter à corps perdu dans cette enquête qui va la mener jusqu'à une petite île perdue au milieu de l'Atlantique en passant par Paris et par Londres, accompagnée par Christopher un journaliste d'investigation pour qui la solution de l'énigme est une question de vie ou de mort. J'avais beaucoup entendu parler en bien de ce roman avant de le lire et j'étais impatiente de le découvrir. Et comme souvent dans cas cas là j'ai été un peu déçue. L'intrigue basée sur des faits scientifiques est convaincante, les personnages bien qu'un peu "survolés" crédibles, mais pour moi cela manque de sobriété. Trop de rebondissements, trop d'invraissemblances, la Cia, une secte malfaisante, des scientifiques dénués de toute humanité, des espions russes, et j'en passe.....Même si j'ai bien accroché au début je n'ai pas été convaincue par l'ensemble. Dommage....

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31 janvier 2019

En quelques mots : mes lectures de JANVIER 2019

Le Fracas du Temps : Julian BARNES

A la fois biographie et roman, Le Fracas du Temps relate la vie du célèbre musicien russe Chostakovitch sous le régime Stalinien de Lénine à Kroutchev. Lorsqu'il écrit son opéra "Lady Macbeth de Mzensk", celui-ci déplaît fortement à Staline. Il est prié de s'excuser, de reconnaître qu'il a dévié de la ligne du Parti ; il est convoqué, interrogé. Beaucoup d'autres sont exécutés. Lui s'en tire presque par miracle : son interrogateur a lui-même été arrêté. Mais tout au long de sa carrière il devra faire en sorte de plaire au Pouvoir. Il sera contraint de signer des articles anti-américain qu'il n'a pas écrit, de dénigrer et condamner des confrères qu'il admire comme Stravinski, de lire des discours contraires à ses convictions ou d'accepter des prix ou des titres qu'il ne voulait pas. Toutes ces compromissions sont nécessaires s'il veut continuer à faire jouer ses oeuvres, à protéger sa famille. C'est un livre sur la musique d'abord, mais aussi un roman historique et sur la manipulation : comment des hommes arrivent, sans menaces mais en instaurant un climat oppressant, en utilisant un harcèlement continu, à faire adopter des prises de positions contraires à leur éthique à ceux qu'ils ont choisi. C'est également un livre sur la liberté. Par amour de la musique, Chostakovitch voulait rester un homme libre, mais pour cela il a du transiger et accepter de nombreux compromis. De ce fait il s'est toujours considéré comme un lâche, bien qu'il reconnaissait la difficulté de traverser le fracas du temps la tête haute.

Un récit passionnant : j'ai appris beaucoup de choses sur ce musicien et sur la vie en URSS à cette époque.

Juste après la vague : Sandrine COLLETTE

Un volcan s'est effondré dans la mer et celle-ci a tout submergé : tout sauf les plus hautes montagnes et les collines comme celle sur laquelle vivent Louie, ses parents et ses huit frères et soeurs. Pour l'instant ils ont suffisamment de provisions et d'eau, ils ont même une quarantaine de poules qui leur donnent des oeufs, mais alors qu'ils pensaient qu'après le tsunnami l'eau allait se retirer, ils constatent qu'au contraire, elle monte ! Alors ils n'ont plus le choix, ils doivent partir. Mais il n'y a qu'une seule barque et de la place pour huit personnes seulement. Les parents vont devoir choisir lesquels de leurs enfants ils vont laisser, puis lorsqu'ils auront atteint les hautes terres, le père reviendra les chercher - si leur île n'a pas encore été submergée, s'ils ne sont pas tous morts.

Juste après la vague est un roman extrêmement anxiogène. On suit à la fois la survie des trois petits laissés sur l'île et le périple du reste de la famille sur leur frêle embarcation. Sandrine Collette ne nous épargne pas les retournements de situation et les personnages sont tellement bien décrits avec leurs peurs, leurs espoirs et leurs émotions que l'on est totalement plongé dans l'histoire tout au long de notre lecture et qu'on ne peut faire autrement que de s'y attacher.

J'étais déjà une grande fan de Sandrine Collette avant cette lecture et encore une fois ce récit post apocalyptique m' a complétement scotchée. 

Avant d'aller dormir : S.J WATSON

Tous les matins, Christine se réveille en pensant être une jeune étudiante célibataire. Tous les matins elle est envahie par la panique en ouvrant les yeux sur une chambre inconnue, et à ses côtés sur un homme qu'elle ne connaît pas. Après s'être précipitée dans la salle de bains elle découvre dans le miroir le visage d'une femme d'une quarantaine d'années et autour de la glace des photos, des post-its lui expliquant ce qui est dorénavant sa nouvelle vie. Son mari va lui expliquer qu'à la suite d'un accident elle a complètement perdu la mémoire et qu'elle souffre d'une forme très rare d'amnésie. A chacun de ses réveils elle a tout oublié, non seulement qui elle est mais aussi ce qu'elle a fait ou a appris la veille et les jours précédents. Cela fait plus de vingt ans que cela dure. Avec l'aide d'un jeune neuropsychologue, le Dr Nash, que son cas interesse, elle va retrouver des bribes de son passé et les noter dans un journal au jour le jour. Ce journal va lui tenir lieu de mémoire.

Un excellent thriller psychologique. L'auteur a réussi le tour de force de ne pas tomber dans le piège de la redondance. En effet on suit Christine quotidiennement ou presque : tous les jours on la voit se reposer les mêmes questions sur son identité, sur sa vie passée et reformer peu à peu la trame de son passé en relisant son journal. L'écriture de l'auteur est efficace et le suspens bien maîtrisé. Parceque bien sûr dès le début on sait que la situation de Christine n'est pas celle que lui présente son mari.

Fleur vénéneuse : J.C OATES

Terence Green a tout pour être heureux : une belle situation qu'il a acquis grâce à sa belle famille, une femme et des enfants qu'il aime. Alors qu'il participe à un procès en tant que juré, il tombe sous le charme de la victime, une jeune femme à l'allure atypique, belle et attirante et il va s'arranger pour qu'elle remporte le procès. Comme envoûté par Ava-Rose, il ne va pas pouvoir s'empêcher de l'épier, de la suivre puis de rentrer en contact avec la famille avec laquelle elle vit : des personnages tous plus étranges les uns que les autres, très sympathiques au premier abord mais à qui on hésiterait à faire confiance une fois qu'on les connaît un peu mieux. Sa propre vie de famille va alors lui paraître bien terne et il va entamer une double vie, consacrant la plus grande partie de son temps à Ava-Rose et à sa tribu et se ruinant pratiquement pour elles. Comme dans beaucoup de ses romans, l'auteure met en scène un homme vulnérable abusé par une femme manipulatrice. L'action peine à démarrer, mais ensuite les rebondissement s'enchainent sur fond de mensonges et de passé occulté. Encore une fois J.C Oates ne m'a pas déçue.

Anatomie de la Stupeur : Ann PATCHETT

Marina Singh, une scientifique qui effectue des recherches pour un laboratoire pharmaceutique est envoyée au Brésil pour superviser l'avancée de l'élaboration d'un médicament. Un de ses confrères, le Dr Eckman, a eu la même mission, mais il est décédé sur place dans des conditions obscures. Marina a bien l'intention d'en savoir plus, ne serait-ce que pour permettre à sa veuve de faire son deuil plus paisiblement. C'est le professeur Annick Swenson, ancien mentor de Marina qui dirige les travaux en pleine jungle. La jeune scientifique va se trouver immergée au sein d'une tribu dont elle ne comprend ni la langue ni les coutumes, dans des conditions extrêmes. Ann Pratchett nous livre ici un récit entre roman d'aventures et d'apprentissage. Marina va en apprendre beaucoup sur elle-même au contact des indigènes et de son ancien professeur qu'elle n'a pas revu depuis plusieurs dizaines d'années. C'est un livre que j'ai beaucoup aimé : les psychologies des personnages sont très bien décrites et l'atmosphère qui règne du début à la fin, rendue lourde, oppressante par la jungle dans laquelle ils évoluent, ainsi que par le mystère de la mort du Dr Eckman m'a tenue en haleine jusqu'au dénouement.

Glacé : Bernard MINIER

Alors qu'il enquêtait sur le meurtre d'un SDF par des adolescents à Toulouse, le Commandant Servaz est envoyé aux pieds des Pyrénées, à St Martin de Comminges, pour une autre affaire. Quelle n'est pas sa surprise de découvrir en arrivant que cette affaire concerne un cheval ! En montant prendre leur poste à la Centrale hydroélectrique située au-dessus du bourg, les ouvriers ont découvert le corps d'un pur-sang décapité, accroché aux filins du téléphériques. L'enquête lui a été confiée parceque le cheval appartient à un éleveur et gros industriel de la région : du genre à avoir le bras long et des contacts bien placés à Paris. Tout de suite, Servaz va être frappé par l'ambiance qui règne au sein de cette vallée encaissée. Pour ne pas arranger les choses, celle-ci abrite l'Institut Wargnier, une sorte d'hôpital psychiatrique accueillant les fous criminels de la pire espèce, ceux dont aucun établissement ne veut, ceux qui ne recouvreront jamais la liberté. L'enquête que mène Servaz en compagnie du capitaine de gendarmerie Ziegler se corse quand d'autres meurtres sont perpétrés : sur des humains ceux-là.

Le livre porte bien son nom : dans ce froid quasi polaire qui règne en cet hiver 2008, l'ambiance glaçante de ce bourg replié sur lui même d'où ne sortent ni les secrets de famille, ni les rumeurs ni les rancunes, et le voisinage de l'Institut, Servaz va découvrir des éléments qui font froid dans le dos ! La vie de ce flic marqué par la vie va être évoquée, mais pas exagérément et les autres personnages sont eux aussi bien mis en valeur. Glacé est le premier livre de l'auteur et c'est vraiment une réussite, l'enquête est bien menée, entre révélations et fausses pistes le suspens est sans cesse relancé ; je ne me suis pas ennuyée une seconde pendant ses 721 pages.....

Les Fuyants - Arnaud DUDEK

Dans ce très petit livre (127 pages) Arnaud Dudek nous conte une histoire de famille : celle de trois hommes et un adolescent : le grand père : Jacob, le père : David, le fils : Joseph et l'oncle : Simon. Jacob a fui son foyer alors que son fils n'avait que dix ans et n'a plus jamais donné signe de vie ; David s'est suicidé alors que Joseph n'était pas encore sorti des langes, Simon alors qu'il a plus de trente ans se comporte encore comme s'il en avait vingt. Joseph, lui, au seuil de l'âge adulte, sans modèle masculin, cherche son identité entre Esther sa mère et Salim son ami. Les chapitres alternent, dévoilant des petites tranches de vie de chacun des protagonistes qui se croisent et ne se rencontrent pas souvent. Avec une écriture très fluide, quelquefois teintée d'humour, l'auteur nous livre l'histoire très ordinaire de cette famille dont les hommes ont fui leurs responsabilités, la vie quotidienne, l'ennui du quotidien.

 

 

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01 janvier 2019

En quelques mots : mes lectures de DECEMBRE

La Sirène - Camilla LÄCKBERG

C'est le sixième volet des enquêtes de Patrik Hedström et Erika Falk que je lis depuis le début et dans l'ordre pour ne rien perdre de l'évolution de la vie du couple et de celle des policiers du commissariat de Tanumshede. Alors que Christian Thydell vient de sortir son premier roman "La Sirène" un de ses amis, Magnus Kjellner, disparu depuis trois mois, est retrouvé mort pris dans les glaces. Peu de temps après les enquêteurs découvrent que trois des habitants de la petite ville - dont Christian - reçoivent des lettres anonymes. Encore une occasion pour Erika, enceinte de jumeaux, de mener ses investigations dans le dos de Patrik. Je passe toujours de très bons moments avec cette équipe de choc et cette fois ci n'a pas fait exception. Bien sûr au bout du sixième volet, et même avant, je connais par coeur les ficelles de l'auteur, sa manière de distiller le suspens : l'enquêteur découvre un élément essentiel, le divulgue aux autres personnages, mais pas au lecteur qui doit attendre la fin du récit pour voir toutes les pièces du puzzle s'assembler. Et encore une fois, j'avais deviné certaines choses mais j'ai été bluffé par la révélation finale. Une série que je vais continuer à suivre avec grand plaisir.

L'axe du Loup - Sylvain TESSON

"Il n'y a que le loup, créature en marge du monde, pour ne pas marcher dans la direction ordinaire. Les évadés, qui sont un genre de bête traquée, ont eux aussi emprunté cet axe conduisant au septentrion de l'Eurasie jusqu'aux versants de l'Himalaya, l'axe du loup... "Pour juger si il avait été vraiment possible à Sławomir Rawicz, évadé d'un goulag sibérien, de relier la Sibérie à l'Inde à travers la Mongolie, la Chine et le Tibet, Sylvain Tesson nous restitue un étonnant itinéraire partant de Iakoutsk en Russie pour aboutir à Calcutta en Inde. Il ne veut pas faire le voyage dans les mêmes conditions horribles que le déporté, mais tient à n'emprunter que des moyens "honorables" : cheval, bicyclette, et ses pieds. Il parcourt jusqu'à 60 km par jour à travers la steppe, la taïga, le désert, la montagne, et nous fait part de ses rencontres avec les autochtones. Il nous fait aussi partager ses pensées et ses réflexions et nous livre des descriptions de paysages magnifiques.

Sylvain Tesson a vraiment une très belle plume et le don de nous faire voyager avec lui. L'Axe du Loup fait partie des livres à savourer, à méditer, à lire lentement parcequ'on n'a pas envie qu'il se termine.

Jusqu'à la Folie - Jesse KELLERMAN

Alors qu'il sort de sa garde à l'hôpital en pleine nuit, Jonah un externe en médecine, est témoin d'une agression. Dans la rue devant lui, une femme blessée se traîne par terre en appelant au secours, essayant de fuir un homme qui tient un couteau à la main. Il s'élance pour neutraliser l'agresseur mais le tue accidentellement. Quelques jours après, la victime vient le remercier, et c'est là que les ennuis commencent pour Jonah. J'avais beaucoup aimé "Les visages" du même auteur et j'espérais retrouver dans "Jusqu'à la folie" le même plaisir de lecture. On y retrouve le même suspense, des personnages forts, bien décrits, une intrigue originale.  Le récit souffre cependant de beaucoup trop de longueurs à mon goût et surtout j'ai trouvé Jonah très agaçant (c'est embêtant pour un personnage principal !) de par son indécision et son incapacité à résister aux arguments de son bourreau. Par contre j'ai bien aimé la fin contrairement à beaucoup d'autres lecteurs.

No Home - Yaa GYASI

Effia et Esi sont soeurs et pourtant elles ne le savent pas et ne se rencontreront jamais. Leur mère, Maama, esclave Ashanti s'est enfuie peu après la naissance d'Esi et s'est installée dans un village éloigné du Ghana. Les deux soeurs auront des destins très différents l"un de l'autre. Esi sera capturée et envoyée comme esclave en Amérique alors qu'Effia sera mariée au commandant du fort établi pour contrôler la région et garder les esclaves enfermés avant leur départ forcé. C'est l'histoire des descendances de ces deux femmes que nous conte l'auteure dans ce livre. Chaque chapitre est consacré à un personnage, alternant les descendants de l'une et de l'autre. Chaque personnage est un morceau de l'Histoire de l'esclavagisme à la fois en Afrique et en Amérique. C'est un roman magnifique et poignant, très documenté, qui m'a fait voir cet épisode de l'Histoire sous un jour que je ne connaissais pas : à savoir que les Africains étaient aussi responsables que les Occidentaux de ce commerce honteux. No Home est un premier roman, j'attends le prochain avec impatience.

L'ile des Chasseurs d'oiseaux - Peter MAY

Alors qu'il vient de perdre son fils unique, l'inspecteur Fin Macleod est envoyé sur l'île de Lewis pour enquêter sur un meurtre perpétré dans les mêmes circonstances que celui sur lequel il a travaillé à Edimbourg. Pour lui, c'est un retour à son enfance : il est né à Lewis, y a grandi et n'a quitté l'île que pour faire ses études à Edimbourg. Il n'y est jamais retourné sauf une fois pour l'enterrement de la tante qui l'avait élevé. Il va y retrouver ses amis qu'il n'a pas revus depuis presque vingt ans, et tout une partie de sa vie qu'il s'était efforcé d'oublier va se rappeler à sa mémoire.

L'île des Chasseurs d'oiseaux n'est pas un polar classique ce qui m'a un peu surpris au début. L'enquête sur la mort d'Ange, un des anciens camarades de classe de Fin n'est en fait qu'un prétexte pour faire plonger le lecteur dans la vie de ce petit village écossais où les non dits et les secrets pèsent sur les habitants, ainsi que dans la vie passée de l'inspecteur Macleod. L'intrigue n'est pourtant pas laissée de côté, mais elle réside plus dans le passé de Fin. L'ambiance sombre et oppressante est admirablement bien rendue : le cadre rude et austère y est pour beaucoup, les personnages sont attachants,très fouillés et le style travaillé. En bref, un très bon moment de lecture !

Le secret du mari - Liane MORIARTY

Le roman met en scène trois femmes dont les histoires, d'abord contées en parallèle dans les premiers chapitres vont se croiser et se rejoindre au fil du récit. Car ces femmes ont toutes trois un lien entre elles, lien qu'elle ne connaissaient pas avant que le secret du mari ne soit révélé. Ce secret, on le connait dès la moitié du livre ce qui permet au lecteur de trouver un sens aux événements qui se déroulent après. On entre dans la vie de ces trois femmes très différentes les unes des autres mais toutes trois tourmentées par une crise familiale ou deuil impossible à accomplir. Ce roman parle du mensonge, des apparences à préserver pour pouvoir survivre, des secrets qui empoisonnent l'existence et peuvent déboucher sur un dénouement tragique s'ils ne sont pas révélés. Une lecture agréable entre roman et thriller, avec un bon suspens, mais sans plus....

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09 décembre 2018

LA DISPARITION DE JOSEPH MENGELE - Olivier GUEZ

  

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Titre : LA DISPARITION DE JOSEPH MENGELE

Auteur : Olivier GUEZ

Edition : Grasset

Date de parution : 16 Août 2017

Nombre de pages : lu en e-book

Joseph Mengele fut un des pires criminels nazis. Médecin à Auschwitz, c'est lui qui "triait " les déportés à leur arrivée au camp : d'un côté ceux qui étaient envoyés immédiatement aux chambres à gaz, de l'autre ceux qui pouvaient être utiles soit en travaillant, soit en lui servant de cobaye pour ses expériences sur l'amélioration de la race. Pour les atrocités qu'il a commises, il avait été surnommé "L'Ange de la Mort". Après s'être caché dans une ferme en Bavière, avec la complicité des réseaux nazis et de sa famille, il fuit en Argentine en 1949, puis au Paraguay et enfin au Brésil. Mais la traque se resserre : les chasseurs de nazis, le Mossad sont à ses trousses. A partir des années 60, Mengele survit plus qu'il ne vit : se méfiant de tout le monde, mais ne pouvant vivre seul, il vieillit mal, devient acariâtre, rabâche ses convictions sur la "grande Allemagne", Hitler et les nazis. Il ne regrettera jamais rien de ce qu'il a fait, mais il sera inexorablement rattrapé par son passé.

Ce livre est à la fois un roman et une enquête. En s'appuyant sur une documentation très fournie, Olivier Guez essaye de reconstituer le plus fidèlement possible cette fuite qui a duré une trentaine d'années. Car, à part les grandes lignes, rien ne prouve que cela se soit passé exactement comme cela. Avec une écriture presque journalistique, il évoque la période de l'après nazisme, le sort de ces criminels de guerre qui ont réussi à passer à travers les mailles du filet, la complicité des gouvernements d'Amérique du Sud et le changement de cap de l'Allemagne. Un récit instructif et passionnant. J'ai beaucoup aimé.

Ma Note plaisir : 9/10

 

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05 décembre 2018

BILAN DE NOVEMBRE 2018

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Encore un joli mois de lecture avec sept livres. Un coup de coeur, ce qui ne m'était pas arrivé depuis longtemps et pas de grosses déceptions.

COUP DE COEUR :     Corruption de Don WINSLOW

J'ai beaucoup aimé : 600 Heures dans la vie d'Edward STANTON

J'ai aimé :                Entre ciel et terre de J.K STEFANSSON

                               La Grande Arche de Laurence COSSE

                               Les Démons de Barton House de Minette WALTERS

J'ai moins aimé :      Des Fauves et des Hommes de P. GRAHAM

Je n'ai pas du tout aimé : Disparue de Darcey BELL

 

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01 décembre 2018

En quelques mots : Mes lectures de Novembre 2018

Entre ciel et terre - Jon Kalman STEFANSSON

Le récit se déroule en Islande au 19ème siècle. Dans ce pays la plupart de l'année recouvert de glace et de neige, la vie est rude. Dans la première partie, Baldour et son ami "le gamin" sont tous deux amateurs de poésie se plongent tour à tour avec délice dans "Le Paradis perdus" de Milton. Mais il faut bien gagner sa vie et quand le printemps revient et que les eaux du fjord sont débarrassées de leur glace, ils vont s'embarquer pour une campagne de pêche à la morue. Plongé dans les vers de son livre préféré, Barour oublie sa vareuse dans le baraquement qui leur sert de foyer, le temps qui paraissait calme se gâte, la tempête survient accompagnée de neige et de pluie. Barour se retrouve vite trempé, gelé. Ses compagnons ne peuvent pas l'aider, s'empressent de ramener la barque à terre, mais il est trop tard pour Barour....Dans la seconde partie, "le gamin" retourne au Village, choqué par la mort de son ami. Il en décrit les habitants et surtout s'interroge sur son avenir, sur la vie en général......

Un récit dur, âpre mais d'une grande poésie, avec de magnifiques descriptions de paysages. A sa lecture, on se rend compte qu'on est peu de chose face à la rigueur de la nature. Pour moi cela n'a pas été une lecture très facile.

Les démons de Barton House - Minette Walters

Connie Burns, correspondante de guerre sur le terrain durant la guerre d'Irak est enlevée et séquestrée pendant trois jours. Elle connaît son ravisseur mais refuse de donner son identité ainsi que les détails de sa détention. C'est un mercenaire britannique qu'elle soupçonne d'avoir commis des crimes sexuels dans d'autres pays en guerre et qu'elle s'apprêtait à dénoncer. Après sa libération, elle retourne en Angleterre, et terrifiée à l'idée que le psychopathe puisse la retrouver, elle se réfugie dans un petit village isolé près duquel elle a loué une vieille maison. Elle va faire la connaissance de Jess, une femme étrange qui exploite une ferme à proximité, et découvrir que la maison qu'elle habite abrite de lourds secrets de famille. Les deux histoires - celle de Connie et celle de la famille Wright propriétaire de la maison - se rejoignent après un long suspens. On se retrouve dans la tête de Connie et on vit avec elle sa descente aux enfers, ses angoisses, sa lutte pour survivre et on sait qu'elle devra à un moment ou a un autre affronter son tortionnaire. Un thriller très bien écrit, plein de rebondissements, au rythme soutenu.

La grande arche - Laurence COSSE

 En 1983, Johan Otto von Spreckelsen gagne le concours international duquel devait sortir le projet de monument pour la Défense. Cet architecte danois indépendant est un parfait inconnu qui, non seulement, n'appartient pas à un grand cabinet, mais n'a même pas le sien. Sur son CV, la construction de sa maison, de quatre églises au Danemark, un point c'est tout...Ce récit est non seulement l'histoire de l'Arche mais aussi celle de cet homme, un idéaliste, un rêveur plutôt qu'un technicien qui va se donner corps et âme à ce projet pour finir incompris et profondément déçu de voir son oeuvre modifiée pour des raisons techniques qu'il n'a pas envisagées. La construction de l'Arche s'étendra sur six années qui verront plusieurs gouvernements se succéder. L'auteure réussit ici à nous faire pénétrer dans le monde des bâtisseurs et des architectes et nous livre un récit très documenté qui se lit comme un roman et nous rend compréhensibles à la fois les aspects architecturaux et politiques de cette époque.

Disparue : Darcey BELL

Un titre alléchant, une couverture bien noire, une 4ème de couverture promettant un thriller efficace, c'est ce qui m'a attirée dans ce livre. Et pourtant, le résultat a été très décevant. Dans ce récit, trois voix, trois personnages. Tout d'abord Stéphanie qui tient un blog de maman, une femme tellement nunuche et naïve qu'on n'y croit pas une seconde. Emily, tout son contraire qui travaille dans le milieu de la mode, névrosée, manipulatrice prête à tout pour arriver à ses fins. Et enfin Sean le mari d'Emily, tellement terne qu'il en est transparent et incapable de se rendre compte qu'il vit avec un monstre. Emily va disparaître, mais on sait tout de suite que c'est un coup monté avec Sean pour récupérer l'importante somme de leur assurance vie. Cependant la police retrouve son corps dans un lac, c'est elle, les analyses ADN sont formelles........Que s'est il passé ? Auraient ils raté leur coup ?

Un récit invraisemblable, des personnages caricaturaux, tous plus agaçants et antipathiques les uns que les autres. A part Emily, dont le caractère est particulièrement outré, tous les autres personnages sont présentés comme des idiots et particulièrement les assureurs et la police. C'est dommage parceque même si le sujet a déjà été exploité maintes fois, il y avait moyen de faire quelquechose avec l'intrigue et l'auteur montre qu'elle serait capable de distiller le suspens si le scénario était crédible.

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28 novembre 2018

CORRUPTION - Don WINSLOW

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Titre : CORRUPTION

Auteur : Don WINSLOW

Traduction : Jean ESCH (Etats Unis)

Edition : HARPER COLLINS

Date de parution : Novembre 2018

Nombre de pages : 581 pages

Le sergent Denny Malone est le patron de la Manhattan North Special Task Force, une unité d'élite créée pour éradiquer la violence et réduire la criminalité dans le quartier. "Empêcher la jungle de repousser"  : voilà la mission de son équipe. Il est respecté de tous, que ce soit de ses collègues de la police, des parrains de la Mafia, des trafiquants de drogue, des petits escrocs, des habitants du quartier qui lui sont reconnaissants de faire régner la paix : il est surtout respecté parcequ'il est craint. Malone est devenu peu à peu le roi de Manhattan, c'est lui le patron, c'est lui qui mène le jeu, et tant pis s'il ne respecte pas toujours les règles et même pire, s'il lui arrive souvent de piper les dés. Dans cette jungle urbaine, il lui faut employer les mêmes outils que les prédateurs. Sous ses aspects de chevalier blanc, Malone est un flic ripoux. Il a franchi la ligne peu à peu : au début ce sont des petits cadeaux : un café, quelques sandwiches octroyés par des commerçants que cela arrange que la police ferme les yeux sur leurs petits à côté ; de l'argent, des objets dérobés sur des scènes de cambriolage ou de crime, et puis de l'héroïne, de plus en plus d'héroïne, que lui et ses deux collègues revendent, histoire d'assurer leur retraite au soleil et les études de leurs enfants. Jusqu'au jour ou le FBI lui met la main dessus pour le forcer à dénoncer la corruption dans laquelle il baigne, lui et ses équipiers qu'il considère comme ses frères.

Comme dans un reportage, au cours de ces presque six cents pages, Don Winslow nous entraine dans les rues de Manhattan à la suite de Denny Malone et nous révèle un système corrompu de la base aux sommet. Malone est loin d'être un salaud, c'est un homme qui ne voulait qu'une chose : être un bon flic, mais le flic s'est fait rattraper par le système, jusqu'à l'irrémédiable. Avec lui, on est au coeur des trafics, des combines. Le style de l'auteur est incisif, presque chirurgical, les personnages semblent tout droit sortis d'un film, et comment ne pas éprouver de l'empathie pour cet homme passionné qu'est Denny Malone !

Un thriller addictif, passionnant....Je remercie Babelio et les Editions Harper Collins de me l'avoir fait découvrir.

Ma note plaisir 10/10

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08 novembre 2018

DES FAUVES ET DES HOMMES - Patrick GRAHAM

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Titre : Des Fauves et des Hommes

Auteur : Patrick GRAHAM

Edition : France Loisirs

Date de parution : 2013 (2012)

Nombre de pages : 666 pages

Nous sommes en 1931, l'Amérique toute entière et plus particulièrement le sud est mise à mal par la grande Dépression qui sévi déjà depuis plusieurs années. Comme si cela ne suffisait pas, des tempêtes de poussières se sont abattues, desséchant les terres sur lesquelles rien ne peut plus pousser. Des gens, ruinés, se suicident, d'autres meurent de faim dans la rue, ou quand ils le peuvent encore s'enfuient emmenant avec eux ce qu'ils ont pu sauver ; des flots ininterrompus de malheureux se déversent sur les routes. La Mafia et tout ce que le pays compte de politiques, de banquiers et de policiers corrompus en profite pour faire régner leur loi et saisir les terres des fermiers pour se les approprier.

Patrick Graham met en scène le destin de deux victimes de cette grande crise : deux personnages qui ont tout perdu. Après sa démobilisation, Sid l'ex Marine noir retrouve sa femme et ses deux enfants morts de faim et ses terres saisies par la Banque. Carson, une adolescente blanche, fille d'un planteur aisé voit toute sa famille et ses amis massacrés sous ses yeux. L'un protégeant l'autre, il vont s'enfuir sur les routes, en essayant de sauver leurs vies et la précieuse sacoche que Sid a volée à un banquier de la Mafia.

Ce roman est un véritable road movie, un récit d'une grande dureté qui décrit avec force cette période sombre de l'Histoire des Etats Unis. Le style de Patrick Graham est agréable, il y a du suspense, pas de temps morts, il se passe toujours quelque chose. Et c'est justement cet aspect du roman qui m'a déplu ; dès le premier tiers, j'ai ressenti une impression de "too much" : trop d'événements, trop de morts, Sid et Carson s'en sortent toujours facilement, et à force l'histoire devient peu crédible. Si ce roman fait inévitablement penser à ceux de Steinbeck ou de Faulkner, il lui manque un peu de sobriété pour que je l'apprécie. Il n'en reste pas moins qu'il est très bien documenté et que j'ai appris pas mal de choses sur cette période de l'Histoire.

Ma note plaisir : 6/10

 

 

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07 novembre 2018

En quelques mots : Mes lectures d'Octobre 2018

Cet article regroupe mes avis sur les lectures d'Octobre qui n'ont pas fait l'objet d'une chronique.

BLACK COFFE : Sophie LOUBIERE

En Juillet 1966 à Narcissa, pette bourgade de l'Oklahoma, toute une famille est décimée par un mystérieux assassin. Seuls Desmond, un petit garçon de huit ans et sa mère survivent. Le père, voyageur de commerce était absent ce jour là.
Eté 2011 Lola et Pierre partent en vacances avec leurs enfants Annette et Gaston. Ils vont réaliser un de leurs rêves : remonter la mythique route 66, de Chicago à L.A. Mais ces vacances sont brutalement interrompues quand Pierre disparait dans la laverie d'un motel. Quelques années plus tard Lola va repartir sur les lieux à la recherche de son mari. Et sa route va croiser celle de Desmond.......Ils vont enquêter ensemble sur le massacre de la famille de Desmond et la disparition de Pierre à partir d'un indice commun : les deux événements se sont déroulés sur la route 66. Pourtant grande amatrice de thrillers et de romans policiers, je ne connaissais pas du tout cette auteure. Et ce roman a été une belle découverte : une enquête bien ficelée, des personnages bien détaillés, et un voyage passionnant sur la route 66. Black Coffee est un roman policier original et puissant, avec une vraie enquête, passionnant mais jamais glauque.

DIEU N'HABITE PAS LA HAVANE : Yasmina KHADRA

A la Havane, Don Fuego, un chanteur de charme à succès se trouve complètement désoeuvré lorsque le Buena Vista Café dans lequel il se produit est vendu à un américain. Durant toute sa vie il s'est consacré à son art, négligeant femme et enfants. A plus de 50 ans, divorcé, il vit chez sa soeur qui héberge aussi une douzaine d'autres membres de la famille. N'ayant plus de travail, il erre dans les rues de la ville. C'est au cours de ses inombrables errances qu'il rencontre Mayensi une jeune fille, très belle mais aussi très mystérieuse dont il va tomber éperdument amoureux. Cette rencontre va faire basculer sa vie. Dieu n'habite pas La Havane est un récit bien documenté - on en apprend beaucoup sur la période durant laquelle Cuba était encore gouverné par Fidel Castro. A la fois roman policier, politique, romance, avec une histoire trop cousue de fil blanc, ce récit ne m'a pas convaincue malgré le style de l'auteur toujours aussi agréable et le personnage de Don Fuego très attachant.

PREMIERES NEIGES SUR PONDICHERY : Hubert HADDAD

Un vieux musicien juif , Hochéa Meintzel quitte Jérusalem avec l'intention de ne jamais plus y revenir. Il a perdu sa femme dans un attentat à la bombe, lui et sa fille ont survécu à un autre ; il ne reconnait plus son pays, il ne s'y sent plus chez lui. Il se rend en Inde à l'occasion d'une invitation à un festival de musique, avec l'intention de ne jamais plus revenir en Israël. Il va ensuite aller de lieu en lieu un peu au hasard, guidé par la jeune indienne qui lui sert d'interprète, et un beau jour trouver refuge dans une mosquée où il entendra l'histoire des juifs qui se sont installés en Inde. A la lecture de ce roman, au fil de la plume magnifique de l'auteur, on se laisse porter par les images, les sons, les odeurs. C'est un véritable voyage : physique d'abord dans le sud de l'Inde, mais aussi à travers les souvenirs d'Hochéa, de l'histoire des juifs indiens, et des légendes qu'ils se racontent entre eux. Une lecture à savourer, la plume d'Hubert Haddad est magique.

CE QU'IL ADVINT DU SAUVAGE BLANC : François GARDE.

  Pour ce roman qui a obtenu le prix Goncourt du premier roman en 2012, François Garde s'est inspiré d'une histoire vraie : celle de Narcisse Pelletier, un matelot de 14 ans, abandonné  sur une côte australienne après le naufrage du bateau sur lequel il était embarqué. Il sera recueilli par une tribu d'aborigènes avec qui il vivra pendant dix sept ans avant d'être retrouvé et ramené contre son gré en France. Dans son récit, l'auteur a conservé le nom du naufragé, son lieu de naissance, et les circonstances de son abandon et de sa récupération, mais apparemment tout le reste relève du roman, surtout sa vie chez les aborigènes. L'homme a tout oublié de son passé en France et refuse de raconter ce qu'il a vécu durant ses dix sept années en Australie. "Parler c'est mourir dit-il" et on comprend qu'après avoir du oublier sa vie d'avant pour pouvoir mieux s'intégrer dans celle de la tribu, c'en est beaucoup trop pour lui de tirer un trait sur ces dix sept années pour pouvoir se réadapter à une nouvelle vie en France. C'est trop difficile pour lui d'évoquer ces souvenirs. Bientôt le jeune explorateur qui a recueilli Narcisse et l'a ramené en France va se poser des questions. Aurait-on du le laisser dans la tribu qu'il l'avait recueilli ? Quel est son avenir en France où sa famille l'a oublié, dont il ne connait plus les usages et où il est considéré comme un "sauvage" sans intelligence, une sorte d'idiot ?

En conclusion, j’ai particulièrement apprécié ce roman qui peut se lire comme un roman d'aventures. De plus de nombreuses parts de mystère sont préservées : à part quelques épisodes de la vie de Narcisse en Australie on n'en connaitra jamais l'intégralité. On ne saura jamais non plus ce qu'il est devenu. On se pose aussi beaucoup de questions sur ce qu'est la "civilisation" 

DARLING LILLY : M. CONNELLY

Henry Pierce emménage dans un nouvel appartement suite à sa séparation d'avec sa compagne. A peine installé, quelle n'est pas sa surprise de recevoir de nombreux appels téléphoniques destinés à une personne nommée Lilly. Agacé il pose des questions et apprend bientôt que Lilly est inscrite sur un site internet de prostitution : L.A Darlings, et que le numéro de téléphone figurant sur la fiche de la jeune femme est bien le sien. Henri Pierce est chimiste, responsable d'un laboratoire de recherches dans le domaine de l'informatique moléculaire, et sur le point de déposer un brevet qui lui permettra d'empocher de quoi assurer ses travaux pendant plusieurs années. Malgré son emploi du temps très chargé, il ne va pas pouvoir s'empêcher de se lancer sur la piste de la mystérieuse Lilly.
Ce roman policier ne met pas en scène un inspecteur de police ou un détective, mais un simple quidam. En essayant de comprendre pourquoi son numéro de téléphone est le même que celui de Lilly, Henry Pierce va se mettre dans de beaux draps et frôler la catastrophe. L'histoire est bien construite, le personnage d'Heny Pierce bien campé et très crédible ainsi que les personnages secondaires ; la présence de son ex compagne Nicole ajoute une petite touche de romantisme à cette histoire bien noire. Le seul aspect qui ne m'a pas plu, ce sont les longues explications sur la chimie moléculaire auxquelles je n'ai absolument rien compris. Mais à part cela Darling Lilly est un très bon polar américain dans la lignée de Raymond Chandler. J'ai passé un très bon moment de lecture.

LES AILES DE L'ANGE : J. WINGFIELD

Samuel Lake, pasteur méthodiste n'a plus d'église où précher. Plus d'église, cela veut dire ni travail ni logement. Il se voit donc obligé de s'installer - provisoirement espère t-il - dans la ferme de Calla Moses, la mère de sa femme Willadee, avec leurs trois enfants. Si Samuel se sent désoeuvré et incapable d'assumer sa famille, les enfants eux s'en donnent à coeur joie : ils ont tout l'espace qu'ils veulent pour jouer aux cows-boys et aux indiens. Quelques temps après leur arrivée, ils s'aperçoivent qu'un petit garçon se faufile la nuit chez eux pour dérober de la nourriture et quelques fois dormir dans la grange. C'est Blade, le fils aîné de Ras Ballenger, un voisin cruel et brutal surnommé "le fils du démon". Il va vite se faire adopter par la famille de Calla qui le prend en pitié. Mais Ras Ballenger qui voit ainsi son souffre douleur préféré lui échapper n'a pas dit son dernier mot.
Je reste un peu mitigée concernant cette lecture. "Les ailes de l'ange" fait partie des livres où les gentils sont toujours gentils et les méchants toujours méchants, ce qui fait qu'il n'y a pas beaucoup de surprises et qu'on sait d'avance comment cela va se terminer. Cela mis à part, les personnages -surtout les enfants- sont très attachants et l'amitié et l'amour qui les lie attendrissants, les rebondissements nombreux. L'auteur a un véritable sens de l'humour et certaines réparties m'ont souvent fait sourire ou même rire.

UNE PETITE DOUCEUR MEURTRIERE : Nadine MONFILS

Un petit (par le nombre de pages) roman policier à prendre au deuxième degré. De nombreux personnages tous plus déjantés et improbables les uns que les autres, avec des noms impossibles  : entre autres il y a Walter Boulon le journaliste, le commissaire Krapaut, madame Rosa qui est le sosie tout craché de Carmen Cru, et même un rat prénommé Marcel. L'histoire aussi est complètement loufoque avec souvent des détails horribles. Je n'ai pas du tout accroché à ce récit ; je n'ai apprécié ni l'humour grinçant de l'auteur ni cette histoire grandguignolesque.

 

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