Mémoire de livres

14 octobre 2017

L'ENNUI DU MORT VIVANT - Luc DOYELLE

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    Titre :      L'ENNUI DU MORT VIVANT

    Auteur :   Luc DOYELLE

    Edition :   Auto Edition

    Parution : Mars 2017

                   208 pages

    De quoi ça parle ?

Tout le monde a, dans son entourage, un ou plusieurs tueurs en série (serial killers). C’est du dernier chic dans les salons mondains.
Mais connaissez-vous les tués en série (serial killed) ? Ah, on fait moins le malin, hein ?
Oui, je sais, vous allez me dire : ça n’existe pas. Personne ne peut mourir plusieurs fois.
Vraiment ?
Laissez-moi vous raconter l’histoire d’un casse-couilles de classe mondiale, un alcoolo de premier ordre, surnommé le vrai con malté.
Peut-il, à l’instar des chats, posséder neuf vies ? Ou s’épuisera-t-il avant ?
Une seule façon de le savoir : se jeter sur « L’ennui du mort-vivant ».
À vos risques et périls.

Ce que j'en ai pensé

C'est avec ce polar complétement déjanté que j'ai fait la connaissance de Luc Doyelle et Lucius von Lucius. Lorsque l'auteur m'a proposé la lecture de "L'ennui du mort vivant" j'ai tout d'abord été intriguée par le titre. J'aime beaucoup les thrillers, les polars, tous les récits dont l'intrigue tient en haleine. Je suis moins amatrice de livres "humoristiques" ou du moins je m'en méfie beaucoup parceque pour la grande majorité ils ne m'amusent pas. Mais comme j'aime découvrir je n'ai pas hésité et me suis plongée dans les aventures de Lucius. Et, j'ai ris....Pas souris, mais vraiment ris, ce qui parfois m'a attiré des regards étonnés de la part de mes voisins de transports en commun.

Lucius von Lucius est écrivain et thanatopracteur amateur. Alors quand son ami Nestor, revenant d'Egypte, lui révèle qu'il vient de se faire dérober le cadeau qu'il lui destinait : une peau de mouton couverte de hiéroglyphes décrivant une très ancienne méthode d'embaumement, il est très déçu de voir échapper cette relique et il se lance à la poursuite du voleur. Il ne s'attend vraiment pas à ce qu'il l'attend..... Il va avoir affaire a un enquiquineur qui n'aura de cesse de lui donner rendez-vus par téléphone, se faire tuer avant qu'ils puissent se rencontrer, puis de ressusciter! Et ce sera sans compter sur un autre personnage en babouches et djellaba qui lui aussi semble intéressé par la précieuse relique.

L'Ennui du mort vivant, c'est un festival de jeux de mots, de calembours, de personnages cocasses et déjantés. Il faut parfois s'accrocher parceque Lucius est un infatigable enquêteur et qu'on a parfois du mal à le suivre. Il ne dors jamais, est toujours sur les chapeaux de roue, si bien que par moment durant ma lecture, j'avais l'impression d'être moi aussi fatiguée et en manque de sommeil.....Et Luc Doyelle ne se contente pas de jouer avec ses personnages. Même notre ancien Président, le "normal" y est évoqué et gentiment moqué ainsi que certains aspects de la Société actuelle.

En bref, ce roman, c'est un condensé de bonne humeur et de rigolade. Rien n'est prévisible, on se demande à chaque page ce que l'auteur va bien pouvoir inventer. On en sort épuisé par le rythme des rebondissements et la succession ininterrompue des situations plus loufoques les unes que les autres, mais détendu et heureux. Un ovni littéraire à ne pas manquer.

Merci à Luc Doyelle et au site SimplementPro !

Ma Note : 7.5/10

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06 octobre 2017

LE LAC de Yana VAGNER

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      Titre :     LE LAC (Zhivye Ludi)

      Auteur : Yana VAGNER

      Traduction : Raphaëlle PACHE (russe)

      Edition :   Pocket 2017

      Parution : Edition Mirobole 2016

                     448 pages

      De quoi ça parle ?

      Au terme d’une fuite angoissante à travers la Russie ravagée par un virus mortel, Anna et ses dix compagnons de fortune — hommes, femmes, enfants — ont atteint le but de leur périple : un cabanon sur le lac Vongozero, à la frontière finlandaise, un refuge sûr, coupé d’un monde devenu hostile. Contraints à l’immobilité, ils devront apprendre à vivre ensemble, malgré les tensions permanentes, malgré le froid polaire, malgré le manque de nourriture, le manque de ressources, le manque d’intimité. Le premier objectif est bien de passer l’hiver, terrible. Apprendre à pêcher sous la glace du lac, oser peut-être explorer les isbas désertées sur l’autre rive…Mais ensuite ? Comment s’en sort-on, lorsqu’on est encore plus démuni pour la survie que pour la fuite ?

Les premières phrases

Je n'imagine pas ce qu'elle a pu ressentir, enfermée avec son fils dans son appartement, séparée du chaos et de la mort par une mince porte et deux serrures finlandaises. Deux semaines. Deux semaines de cruels dilemmes : sortir ou rester ? Allumer la lumière ou rester dans l'obscurité ?

Ce que j'en ai pensé

Le Lac est la suite et fin de Vongozero, ce road movie dans lequel nous suivions un petit groupe essayant de fuir une  terrible épidémie qui se propageait à travers toute la Russie. Leur but c'était une île située au milieu du lac Vongozero, près de la frontière finlndaise, sur laquelle ils pourraient se réfugier, isolés du virus. Après avoir échappé à bien des dangers ils avaient enfin atteint leur destination. Le roman commence donc à ce moment là et c'est un huis-clos qui succède au road movie.

Le petit groupe s'installe dans la seule maison de l'île - une cabane de pêcheurs plus qu'une isba - : deux pièces dans lesquelles les onze personnes, dont deux enfants et un adolescent, doivent s'organiser pour survivre au mieux. Heureusement il y a un bon poêle et un tas de bûches, et ils ont amené tout ce que leurs véhicules -laissés sur l'autre rive- contenaient de vêtements et de provisions. Mais il est sûr que cela ne va pas suffire. Pour l'instant c'est le plein hiver, le lac est complètement gelé. Au printemps les oies vont arriver mais jusque là il va falloir apprendre à se rationner, à pêcher sous la glace,à endurer le froid et surtout à se supporter les uns les autres dans cet espace réduit. Entre ces onze personnes qui n'ont pas choisi de vivre les unes avec les autres, la tension va monter, exacerbée par le manque d'intimité, les sentiments qui se dévoilent, les rancoeurs qui refont surface. Sans compter le danger qui rôde : les hommes qui se sont installés sur l'autre rive.

L'auteur emprunte la voix d'Anna pour nous raconter la vie de ces hommes et ces femmes contraints pour échapper au virus mortel de vivre dans cet endroit étriqué, dans une promiscuité étouffante, alors qu'ils ne se sont pas choisis et que d'anciens différents opposent certains entre eux. Elle raconte l'ennui, le manque d'intimité des couples, l'inactivité forcée, le désespoir qui succède à l'espoir, la peur. Et elle raconte très bien : malgré l'immobilité de la situation, ponctuée de quelques retournements de situation on ne s'ennuie pas une seconde, les pages se tournent toutes seules. La psychologie des personnages est finement détaillée et l'intrigue tient ses promesses jusqu'à la toute fin.

Ma Note : 9/10

 

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02 octobre 2017

BILAN DE LECTURE DE SEPTEMBRE 2017

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Voici mon bilan de lecture du mois de Septembre : 8 livres plus ou moins appréciés.

J'ai beaucoup aimé :    Purgatoire des Innocents de Karine GIEBEL

J'ai aimé :                  Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil de H. MURAKAMI

                               La passion Lippi de Sophie CHAUVEAU

                               Le Lac de Yana VAGNER

J'ai moins aimé            La petite danseuse de quatorze ans de Camille LAURENS

                                Il était une fois la fée Chabada de Lucie Brasseur

Je n'ai pas aimé :         Hantises de J.C OATES

                                Léviatemps de Maxime CHATTAM

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29 septembre 2017

LA PETITE DANSEUSE DE QUATORZE ANS - Camille LAURENS

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       Titre :    La petite Danseuse de quatorze ans

      Auteur : Camille LAURENS

      Edition : STOCK

      Parution : 31 Août 2017

                    176 pages

     De quoi ça parle ?

     « Elle est célèbre dans le monde entier mais combien connaissent son nom ? On peut admirer sa silhouette à Washington, Paris, Londres, New York, Dresde ou Copenhague, mais où est sa tombe ? On ne sait que son âge, quatorze ans, et le travail qu’elle faisait, car c’était déjà un travail, à cet âge où nos enfants vont à l’école. Dans les années 1880, elle dansait comme petit rat à l’Opéra de Paris, et ce qui fait souvent rêver nos petites filles n’était pas un rêve pour elle, pas l’âge heureux de notre jeunesse. Elle a été renvoyée après quelques années de labeur, le directeur en a eu assez de ses absences à répétition. C’est qu’elle avait un autre métier, et même deux, parce que les quelques sous gagnés à l’Opéra ne suffisaient pas à la nourrir, elle ni sa famille. Elle était modèle, elle posait pour des peintres ou des sculpteurs. Parmi eux il y avait Edgar Degas. »

Ce que j'en ai pensé

Emue et intriguée par "La petite danseuse de quatorze ans", la statue de cire de Degas devenue célèbre dans le monde entier, l'auteure a voulu savoir qui était cette jeune fille qui avait servi de modèle à l'artiste. Degas est connu pour ses nombreux tableaux représentant des danseuses. Quand il n'était pas à son atelier il passait des journées entières dans les coulisses de l'Opéra à observer et dessiner les mouvements de ces jeunes corps pris sur le vif. En 1878, il change un peu ses méthodes et se lance dans la sculpture.

La petite danseuse, c'est Marie Van Goethem. Comme beaucoup de filles issues d'une famille très pauvre, Marie devient petit rat de l'Opéra, ainsi que sa soeur aînée Antoinette. C'est pour leur mère l'assurance de leur trouver un riche protecteur. En effet la plupart des messieurs qui assistent aux représentations de l'Opéra ne sont pas là pour l'amour de la danse mais plutôt pour reluquer les jeunes danseuses en tutu. L'Opéra à cette époque était un vrai lieu de débauche ; il était de bon ton pour les hommes d'un certain milieu d'entretenir une danseuse : cela prouvait qu'ils avaient de la fortune. Les plus jolies et les plus chanceuses n'auront pas de mal à plaire à un de ces messieurs ; les autres finiront dans un bordel. Degas, lui, est très loin de ces considérations ; ce qui l'intéresse ce sont les danseuses qui peuvent lui servir de modèle. C'est tout. Il vit seul, fréquente peu ses semblables et surtout pas la gent féminine. Lorsque la statue de la petite danseuse sera exposée pour la première fois en 1881, elle va faire scandale. On va lui trouver "des traits de criminelle", "l'air profondément vicieux". L'anthropologie, en plein développement à l'époque établissait un lien entre l'aspect physique et les qualités morales et intellectuelles des êtres.

La petite danseuse de quatorze ans n'est pas un roman, mais plutôt un essai. Camille Laurens a cherché tout ce qu'elle pouvait trouver pour reconstituer la vie de Marie, mais il existait peu d'éléments. On sait qu'elle fut renvoyée de l'Opéra en 1882 à cause de ses absences : bien sûr elle ne pouvait pas à la fois être à ses cours de danse et dans l'atelier du sculpteur.....Ensuite Marie disparaît, ne reste d'elle que sa représentation en cire. De ce fait, on en apprend beaucoup plus sur les moeurs de l'époque, la condition des femmes et des filles, le milieu de la danse et surtout sur celui des artistes peintres et sculpteurs, particulièrement sur Degas et sa façon de travailler, que sur Marie. Le récit est très documenté, l'auteure s'appuyant sur des écrits de contemporains du peintre tels que Balzac, Théophile Gautier, les frères Goncourt, et sur des lettres de Degas lui-même.

Un petit livre de 178 pages seulement qui se lit très vite, passionnant de bout en bout, mais j'espérais en apprendre plus sur cette petite danseuse.

Un grand merci aux Éditions STOCK

Ma note : 7/10

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25 septembre 2017

LES TALONS ROUGES - Antoine de BAECQUE

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      Titre :       LES TALONS ROUGES

      Auteur :    Antoine de BAECQUE

      Edition :    STOCK

      Parution : 23 Août 2017

                     312 pages

      De quoi ça parle ?

      Juin 1789, l’Ancien Monde bascule. Les Villemort forment une longue lignée d’aristocrates, un clan soudé par l’idée ancestrale de leur sang pur, un sang dont précisément cette famille se délecte. Les Villemort, ces « talons rouges », sont aussi des vampires. Deux d’entre eux veulent renoncer au sang de la race pour se fondre dans la communauté des égaux. Ils sont les héros de ce roman oscillant entre le fantastique et le réel des journées révolutionnaires. Voici William, l’oncle revenu d’Amérique, qui a pris là-bas le goût de la liberté et épouse la cause des esclaves affranchis, s’entourant d’une garde couleur ébène. Voici Louis, le neveu exalté, beau, précipité dans l’action révolutionnaire, épris de Marie de Méricourt jusqu’à lui donner la vie éternelle. Comment échapper à la malédiction venue du fond des âges ?

Ce que j'en ai pensé

Les talons rouges, ce sont ces aristocrates qui depuis le 17ème siècle portaient des chaussures dont le talon étaient rouge, marque de leur noblesse. La légende veut que c'est le Duc d'Orléans, frère de Louis XV, qui passant de fête en fête à travers Paris dut traverser le quartier des Innocents qui abritait les abattoirs. Là, les dalles étaient recouvertes de sang ce qui tacha les hauts talons de Monsieur. Rentré à Versailles au matin, il se rendit au Conseil sans avoir pu changer de chaussures. Il n'en fallait pas plus pour lancer une mode : le lendemain tous les gentilhommes portaient des chaussures à talons rouges.

Le roman ne se passe pas au 17ème siècle mais commence à l'aube de la Révolution française, période marquée du sang des nombreux condamnés à la guillotine. Et pour nous introduire dans cette époque, l'auteur à choisi une famille peu banale : Les Villemort, une lignée de vampires (oui, encore du sang !) sur laquelle règne le patriarche Henry de Villemort depuis le 16ème siècle. Des vampires pas comme les autres ! Pas comme ceux qu'on connaît déjà ! Ils se déplacent sans problème sous la lumière du jour, ne dorment pas dans des cercueils. Certains même ne supportent plus leur condition, luttent contre leur addiction à l'hémoglobine et aspirent à devenir des êtres comme les autres. Nous allons suivre William le fils, fraîchement revenu d'Amérique avec des idées libérales plein la tête et Louis le neveu, jeune et fougueux, exalté par les bouleversements en cours. Tous deux vont se lancer à corps perdu dans les tourments de la Révolution.

La première partie du livre est consacrée à la description de cette famille et de ses moeurs, puis on bascule un peu abruptement dans la partie historique proprement dite. A la suite de William et Louis de Villemort, nous allons côtoyer les principaux artisans de ce nouveau régime et tous deux prendront une grande place dans le déroulement des événements. L'auteur décrit cette période et ses nombreux rebondissements à la manière d'un historien, bien qu'il prenne pas mal de liberté avec l'Histoire.

Il y a un grand contraste entre ces deux parties : l'évocation de la famille de Villemort, son histoire, et le déroulement des événements de la Révolution, comme si l'auteur n'avait pas pu ou pas voulu passer de manière fluide d'une histoire à l'Histoire bien que les personnages principaux soient communs aux deux parties. Même le style m'a paru différent et j'ai eu plus de mal à lire la partie historique : pas assez de rythme et beaucoup de longueurs.

En bref, un roman atypique, intéressant par son côté historique, mais qui ne m'a pas séduite.

Merci aux Editions Stock et à NetGalley

Ma note : 6/10

                    

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24 septembre 2017

AU SUD DE LA FRONTIERE, A L'OUEST DU SOLEIL - Haruki MURAKAMI

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      Titre :     AU SUD DE LA FRONTIERE, A L'OUEST DU SOLEIL

      Auteur : Haruki MURAKAMI

      Traduction : Corinne ATLAN

      Edition : LE LIVRE DE POCHE  (BELFOND)

      Parution : 2002

                    260 pages

      De quoi ça parle ?

     Hajime est un homme accompli, père de famille et heureux propriétaire d'un club de jazz de Tokyo. Lorsqu'un beau jour, son amour d'enfance, Shimamoto-san, surgit dans son bar. Les retrouvailles avec cette femme insaisissable, qui n'apparaît que les jours de pluie, plongent Hajime dans l'abîme d'une quête obsédante, contre la course du temps et des sentiments...

Les premières phrases

Je suis né le 4 janvier 1951. La première semaine du premier mois de la première année de la seconde moitié du XXème siècle. Cette date de naissance significative me valut d'être prénommé Hajime, ce qui signifie "commencement".

Ce que j'en ai pensé

Hajime est fils unique et lorsqu'il était enfant il en ressentait une véritable impression d'infériorité.  Alors quand il rencontre Shimamoto-San, une fillette de son âge, enfant unique elle aussi et légèrement handicapée physiquement, il va nouer avec elle une véritable amitié. Leur particularité d'enfant unique, le goût de la solitude et l'amour de la musique vont les rapprocher et ils passeront ensemble de longues heures à écouter des morceaux de jazz et particulièrement "Au sud de la Frontière" de Nat King Cole. Le titre, la musique les faisaient réver : quel pays merveilleux y a t-il au sud de la frontière ? Mais Hajime et sa famille vont déménager et les enfants se perdront de vue. Vingt ans plus tard, Hajime est marié, père de deux petites filles et patron de plusieurs clubs de jazz à succès. Sa vie calme et monotone semble toute tracée entre ce métier qu'il aime et sa famille, jusqu'au soir ou Shimamoto-San devenue une magnifique jeune femme fait son apparition. Hajime ne l'avait jamais oubliée. Commence alors une sorte de jeu du chat et de la souris entretenu par Shimamoto : elle apparait et disparait, toujours un soir de pluie, sans rien dévoiler d'elle, sans expliquer ses allées et venues. Et Hajime attend avec impatience qu'elle revienne. Il retrouve le bonheur qu'il ressentait enfant au contact de la petite fille et commence à remettre sa vie, ses choix, en question. Il est en quelque sorte ensorcelé par cette femme qui semble se jouer de lui.

Comme à son habitude, dans ce roman l'auteur mêle le fantastique à la réalité. Shimamoto San, la petite boiteuse réapparait sous l'aspect d'une très belle jeune femme, tout à fait normale. Elle entre dans le club de jazz de Hajime, toujours un soir de pluie, puis disparait comme elle est venue, pendant plusieurs mois. Elle ne révèle rien de sa vie passée ni de son présent. Je me suis demandé presque jusqu'à la fin si elle existait vraiment, si ce n'était pas un être fantasmatique, accueilli et nourri avec passion par Hajime qui s'ennuie un peu dans sa vie monotone. Pour lui, c'est en quelque sorte l'évocation de la femme idéale mais inaccessible.

A la fois conte, récit initiatique et roman d'amour, "Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil" met en scène un homme qui a tout pour être heureux mais cherche toujours l'inaccessible, prêt à abandonner sa famille aimante pour un rêve, comme ces paysans sibériens qui tout à coup abandonnent travail et famille pour partir vers l'ouest, vers le soleil jusqu'à ce qu'ils meurent d'épuisement. Avec un style à la fois imagé et poétique et beaucoup de délicatesse, l'auteur nous fait partager ses interrogations sur l'amour perdu et retrouvé, sur le temps qui passe, et sur la mort.

Un magnifique roman qui m'a vraiment donné envie de lire les autres ouvrages de l'auteur.

Ma Note : 8.5/10

 

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16 septembre 2017

IL ETAIT UNE FOIS LA FEE CHABADA - Lucie BRASSEUR

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       Titre :     Il était une fois la Fée Chabada

      Auteur :  Lucie BRASSEUR

      Edition :  YAKABOOK

      Parution : Juillet 2017

                     254 Pages

     De quoi ça parle ?

    Maryline, prostituée la nuit, écrit le jour des contes pour enfants. Un soir, elle est arrêtée par les Mœurs. En garde à vue, une cartomancienne lui prédit « la rencontre qui changera sa vie ». Incarcérée et accusée de meurtre, elle clame pourtant son innocence. Pour rendre supportable la détention, elle se met à écrire le conte Des Poupées Géantes et de la Poussière de Joie.

PRÉLUDE : À défaut d’être l’héroïne d’un conte de fées, Maryline était fille de joie. Les paillettes de ses robes n’illuminaient aucun bal féerique, n’aveuglaient aucun prétendant intrépide virevoltant. Accompagnant savamment la cambrure de ses reins, elles se limitaient à aiguiser les rêves lubriques de porcs libidineux abandonnant quelques biftons après s’être persuadés d’avoir été heureux. Cette histoire ne sera donc pas, à proprement parler, un conte de fées. N’y évolueront ni chevalier valeureux, ni sorcières au nez crochu ; pas même de gros dégueulasse s’effaçant sous les traits d’un crapaud coassant au clair des néons blafards d’un motel bon marché. Et pourtant…

Ce que j'en ai pensé

Maryline a une passion : l'écriture. Elle écrit des contes pour enfants qu'elle publie sur son blog épisode par épisode. Pour assouvir sa passion, il lui faut du temps, et de quoi vivre.....C'est pour cela qu'elle s'est résolue à vendre son corps : pas toutes les nuits, non ; quelques passes par semaine lui suffisent pour payer l'essentiel et lui laissent le temps d'écrire. Quelques instants où elle déconnecte son esprit de son corps, de la réalité, et pendant lesquels elle s'accroche à un petit nuage qui la fait voyager. Elle est arrêtée lors d'une descente de police, accusée de meurtre et envoyée en prison. Là pour survivre, elle s'emploie à ce qu'elle sait faire le mieux : elle écrit. C'est à ce moment que naît le conte Des Poupées géantes et de la Poussière de la Joie. Durant sa détention, Maryline se raconte : à la fois -laborieusement- à la psy de la prison qui lui a déjà accolé l'étiquette de schizophrène, à son avocat, et dans ses contes où elle devient la Fée Chabada.

Il y a donc deux histoires dans ce roman : celle de Maryline la détenue et celle de la Fée Chabada alias Maryline. La jeune femme est-elle réellement schizophrène ? Est-elle coupable de ce meurtre dont on l'accuse et dont elle ne se souvient pas ? Dans quelle réalité vit-elle vraiment ? Tout cela le lecteur ne le découvrira qu'à la toute fin du roman.

L'auteure nous fait passer sans transition, mais avec adresse, d'un monde à l'autre : du sordide de la prison à l'univers éclatant de joie et de couleurs des Poupée Géantes. J'ai été un peu surprise au début par le style : riche, foisonnant, très imagé mais aussi très poétique. Malgré le côté roman noir de ce roman, c'est un vrai conte de fée que nous offre l'auteur. Comme une Cendrillon des temps modernes Maryline doit travailler durement pour vivre mais, aidée par la Fée Chabada, elle ne perdra jamais espoir et bien sûr, à la fin, elle rencontrera son Prince Charmant.....

Merci à l'auteure de m'avoir permis de découvrir son ouvrage.

Ma Note : 7/10

 

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14 septembre 2017

LES PLEUREUSES - Katie KITAMURA

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      Titre :    LES PLEUREUSES

     Auteur : Katie KITAMURA

     Edition : STOCK

     Parution : 23 Août 2017

                    296 pages

    De quoi ça parle

    Récemment séparée en secret de son mari Christopher, la narratrice reçoit un appel de sa belle-mère s'inquiétant d'être sans nouvelles de ce dernier. Elle accepte de partir en Grèce à sa recherche, et s'installe dans l'hôtel où il a été aperçu pour la dernière fois afin de lui demander le divorce. Au fil des jours, Christopher ne réapparaît pas et la narratrice pense à l'échec de leur relation.

Ce que j'en ai pensé

La narratrice (dont on ne connaîtra jamais le prénom) et son époux Christopher sont séparés mais l'ont caché à leur famille et à leurs amis. Pourtant la jeune femme à déjà quitté l'appartement qu'ils partageaient et a emménagé avec son nouvel ami. Lorsque sa belle-mère l'appelle pour lui dire que Christopher ne donne plus de nouvelles et lui demande d'aller à sa recherche, elle n'en a aucune envie. Mais comment faire pour préserver les apparences ? elle a promis à Christopher de ne rien révéler de leur séparation.. Christopher est écrivain (du moins, on le suppose...) ; il est parti en Grèce pour se documenter sur les Pleureuses, ces femmes qui accompagnent les deuils et les enterrements de leurs lamentations. La narratrice se décide à partir :  ce serait peut être l'occasion de demander le divorce et officialiser cette rupture ! Elle s'installe dans l'hôtel où, aux dernières nouvelles, résidait Christopher, dans le sud du Péléponèse. Il a bien séjourné ici, mais il est parti depuis quelques jours en laissant ses affaires personnelles dans sa chambre. Commence alors pour elle une longue attente durant laquelle elle va réfléchir sur son mariage. Elle va observer les personnes qui gravitent dans l'hôtel et tenter de deviner les liens qu'elles pourraient avoir eu avec son ex-mari. Pour comprendre ce qu'il est devenu , elle va même mettre ses pas dans ceux de Christopher et rendre visite à une des Pleureuses de la région.

Le mystère de la disparition de l'époux perdure jusqu'à la fin du roman. Le temps s'écoule lentement. Beaucoup d'instrospection chez la narratrice qui s'adresse à nous en temps réel, ce qui accroît encore plus la sensation de lenteur. Les personnages secondaires évoluent autour de la narratrice  comme un ballet d'ombres chinoises ; on sent qu'il y a beaucoup de mystère, beaucoup de non-dit sur la disparition de l'écrivain et cela rend l'atmosphère ambiante de plus en plus pesante, jusqu'au dénouement. La plume de Katie Kitamura est fluide, le roman se lit vite, il s'en dégage une grande sobriété.

J'ai lu ce roman avec plaisir, l'intrigue m'a intéressée jusqu'à la fin, mais je n'ai pas été complètement séduite.

Un grand merci aux Editions STOCK

Ma Note : 6.5/10

 

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10 septembre 2017

L'HERITAGE DES ROIS PASSEURS - Manon FARGETTON

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       Titre :     L'Héritage des rois passeurs

      Auteur : Manon FARGETTON

      Edition : MILADY (lu en e-book)

      Parution : 2015

                       376 pages environ

      De quoi ça parle ?

      La dernière héritière d'une lignée royale doit fuir notre monde et retourner dans celui de ses ancêtres pour échapper aux hommes qui veulent l'éliminer. Là-bas, une princesse rebelle rentre chez elle pour prendre ce qui lui est dû : le trône d'Ombre. Voici l'histoire de deux femmes, de deux mondes imbriqués, de deux retours simultanés qui bouleverseront une fois de plus le destin tortueux du royaume d'Ombre. Coïncidence, ou rencontre orchestrée de longue date ?

Ce que j'en ai pensé

 Je renoue peu à peu avec la Fantasy, genre que j'aimais beaucoup il y a un certain nombre d'années, puis que j'ai abandonné suite sans doute à la lecture d'ouvrages médiocres ou décevants, ce qui m'avait dégoûtée de ce genre......

Avec L'Héritage des Rois Passeurs j'ai retrouvé tout ce qui me plaisait dans ce style d'histoire : un univers original et des personnages bien construits et très détaillés, et une histoire à laquelle j'ai tout de suite accroché .

Dans ce roman, non pas un univers mais deux, totalement différents l'un de l'autre. "Rive" qui correspond à notre monde, et son reflet "Ombre" : comme les deux faces d'un miroir. Et pour ces deux univers, il fallait deux héroïnes. Dans Rive c'est Enora. Et son histoire commence le jour de ses vingt ans quand toute sa famille est massacrée sous ses yeux ; c'est ce jour là qu'elle apprend qu'elle possède un don que lui a légué ses ancêtres : elle est une Passeuse, c'est à dire qu'elle peut passer d'un univers à l'autre à volonté. En Ombre, l'héroïne se nomme Elouane. C'est l'héritière du trône, mais elle a fuit son palais et par la même occasion sa famille. En Ombre, le pouvoir passe de mère en fille mais la reine se doit d'épouser un magicien qui sera en fait le véritable maître du royaume. Or Elouane ne veut pas se marier, ce sont les femmes qui l'attirent, pas les hommes. On la retrouve donc sous le nom de Ravenn, alors qu'elle a rejoint une contrée loin de la capitale. Là, les dragons sèment la terreur et la désolation. Reconnaissante envers le peuple qui l'a adoptée, Ravenn a appris à les chasser et à les exterminer. Mais elle n'a pas pour autant abandonné son statut de princesse héritière, et à la mort de sa mère elle est bien résolue à monter sur le trône d'Astria. Pour échapper aux hommes qui ont massacré sa famille, Enora va passer en Ombre, les deux héroïnes vont se rencontrer et guidée par le dieu Gris, après bien des péripéties, elles vont oeuvrer toutes des deux pour rétablir la paix entre les deux univers.

C'est assez difficile de résumer ce roman tellement il est riche et touffu. Si Enora et Elouane paraissent très différentes au premier abord, si elles n'ont pas la même motivation pour se battre, ce sont deux femmes volontaires et résolues, dotées d'un fort caractère. Elnora n'a qu'une idée, c'est de venger sa famille, quant à Elouane son désir le plus cher est de rétablir l'ordre dans son royaume. Ces deux femmes sont entourées d'un grand nombre de personnages secondaires, certains très attachants, d'autres détestables. On a plaisir à découvrir l'univers dans lequel ils évoluent. Les complots, les trahisons et les retournements de situations rythment l'histoire, les rebondissements sont multiples et l'intrigue suffisamment bien menée pour qu'on n'ait jamais envie de lâcher le livre. De plus la fin réserve quelques surprises.....

J'ai passé de très bons moments avec la lecture de ce roman. Je compte bien lire d'autres ouvrages de cette auteure.

Ma Note : 9/10

   

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06 septembre 2017

GABRIËLLE - Anne et Claire BEREST

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     Titre :      GABRIËLLE    

     Auteurs : Anne et Claire BERES

     Edition :   STOCK

     Parution : 23 Août 2017

                   450 Pages

    De quoi ça parle ?

    Septembre 1908. Gabriële Buffet, femme de 27 ans, indépendante, musicienne, féministe avant l’heure,  rencontre Francis Picabia, jeune peintre à succès et à la réputation sulfureuse. Il avait besoin d’un renouveau dans son œuvre, elle est prête à briser les carcans : insuffler, faire réfléchir, théoriser. Elle devient « la femme au cerveau érotique » qui met tous les hommes à genoux, dont Marcel Duchamp et Guillaume Apollinaire. Entre Paris, New York, Berlin, Zürich, Barcelone, Étival et Saint-Tropez, Gabriële guide les précurseurs de l’art abstrait, des futuristes, des Dada, toujours à la pointe des avancées artistiques. Ce livre nous transporte au début d’un xxe siècle qui réinvente les codes de la beauté et de la société.
Anne et Claire Berest sont les arrière-petites-filles de Gabriële Buffet-Picabia.

Les premières phrases

"Notre mère s'appelle Lélia Picabia. Un nom trop beau pour ne pas cacher une douleur. Enfants, nous ne connaissions pas l'origine de son nom. Notre mère ne nous parlait jamais de son père, ni de ses grands-parents."

Ce que j'en ai pensé

 Pendant très longtemps, Anne et Claire Berest n'ont rien su de leur arrière grand mère maternelle. Leur mère Lélia a grandi loin d'elle et ne leur en a jamais parlé. Une sorte de non-dit planait sur cette famille, et lorsque les soeurs Berest ont découvert qu'elles étaient les descendantes de Francis Picabia et Gabriëlle Buffet, elles ont tout de suite ressenti le désir de faire la lumière sur cette mystérieuse arrière grand-mère. Ne disposant pas d'informations familiales elles ont du entreprendre des recherches de leur côté. 

Gabriële rencontre Francis Picabia alors qu'elle a vingt sept ans. Jusqu'ici elle se destinait à la musique, plus particulièrement à la composition. Il est séduit par son intelligence, elle est subjuguée par cet artiste inspiré dont la peinture va au-delà des critères de l'époque. Ils se marient très vite et à partir de ce moment, Gabriële va abandonner sa passion et ses aspirations pour se dévouer entièrement à son mari. Femme cultivée, avant-gardiste, féministe elle sera sa muse durant la plus grande partie de la vie du peintre. Elle le portera aussi à bout de bras, car si Picabia est un auteur de génie, c'est aussi un être bi-polaire qui va de phases d'exaltations créatrices en profondes dépressions. Le couple côtoiera de nombreux artistes comme Marcel Duchamp et Guillaume Apollinaire. Malgré les infidélités de Picabia Gabriële restera à ses côtés, jusqu'à ce qu'il la quitte pour une autre femme alors qu'elle va mettre au monde leur quatrième enfant, le grand père des auteures. Durant toute leur liaison Gabriëlle va accepter les errances et les infidélités de son mari parcequ'elle sait que les femmes lui sont indispensables pour créer. Sacrifiant sa passion et sa carrière, elle s'effacera non pas devant son mari mais devant l'artiste, et se mettra toute entière au service de l'Art qui pour elle compte plus que tout, plus même que ses enfants dont elle ne s'occupera guère.

Ecrit à quatre mains d'une plume alerte et fluide ce roman est une grande réussite. A elles deux Anne et Claire Berest dressent le portrait d'une femme moderne, forte, à la fois pleine de sagesse quand il s'agit de son couple et capable de folies....Avec elles on plonge dans le milieu artistique de ce début de siècle, de Paris à New York en passant par Berlin et l'Espagne. De temps en temps , elles interrompent leur récit pour échanger leurs impressions sur cette aïeule qu'elles découvrent toutes les deux en même temps et qu'elles nous font découvrir par la même occasion. Un magnifique portrait de femme !

Un grand merci aux Editions Stock.

Ma Note : 9/10

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