Mémoire de livres

22 juin 2017

LE SECRET DES ENFANTS-ROUGES - Claude IZNER

couv5977494    

     Titre : LE SECRET DES ENFANTS-ROUGES

     Auteur : Claude IZNER

     Edition : 10/18

     Parution : 2004

                    315 pages

     De quoi ça parle ?

     En ce jour d'avril 1892, à Paris, toute l'équipe de la librairie de la rue des Saints-Pères est sens dessus dessous ! L'appartement de Kenji Mori, l'associé et père adoptif de Victor Legris vient d'être cambriolé; Mais, fait étrange, les voleurs n'ont emporté qu'une coupe exotique sans valeur. Bientôt, le libraire enquêteur va découvrir combien cet objet attise les convoitises... Dans un Paris hanté par la peur des attentats terroristes, au lendemain de l'arrestation d'un certain Ravachol, Victor Legris est entraîné dans une enquête en forme de cache-cache fatal qui le conduira jusque dans le milieu des chiffonniers parisiens et au coeur du quartier des Enfants-Rouges.

Les premières phrases

Huit heures du matin venaient de sonner au clocher de l'église de la Trinité. Soudain, une explosion formidable secoua le quartier. En quelques secondes, rue de Clichy, un immeuble de cinq étages vacilla sur sa base, l'escalier s'effondra de l'entresol jusqu'aux combles, toutes les vitres volèrent en éclats.

Ce que j'en ai pensé

Dans cette quatrième aventure de l'équipe de la librairie Elzevir, c'est une mystérieuse coupe qui va faire courir Victor Legris et ses comparses à travers tout Paris. Cette coupe avait été léguée à Kenji, à la mort d'un de ses amis, par l'intermédiaire d'une vieille lady anglaise. Mais il semble que plusieurs personnages se soient mis en quête de la récupérer. Quand Lady Pebble se fait assassiner, que la coupe est dérobée lors du cambriolage de l'appartement de Kenji, et que les meurtres commencent à s'enchaîner, Victor et Joseph son commis, se lancent à la poursuite du voleur. Sans savoir qu'ils sont eux même suivis, épiés par un homme qui attribue une malédiction diabolique à la coupe et veut absolument la retrouver pour la détruire.

En cette année 1892, Paris a peur : les attentats à la bombe se succèdent. (Comme quoi, l'Histoire n'en finit pas de se répéter....) perpétrés par les anarchistes. Et l'éxécution de Ravachol n'y mettra pas fin. Joseph se consacre toujours à l'écriture de feuilletons populaires. A part cela il n'a d'yeux que pour Iris à qui il n'est du reste pas indifférent. Euphrosine et Kenji, eux, ne voit pas d'un très bon oeil leurs enfants leur échapper. Victor, bien que rongé par la jalousie, file le parfait amour avec Tasha.

Encore une fois, c'est le Paris de la fin du 19ème siècle qui est le personnage principal de ce roman. Claude Izner n'est pas avare de descriptions tant géographiques que culturelles ou littéraires de l'époque. On sillonne la capitale à la suite de nos détectives en herbe, pénétrant tour à tour dans les hôtels particuliers ou dans les taudis habités par les brocanteurs, les chanteurs de rues ou les chiffonniers.

Encore une enquête passionnante et mouvementée de Victor Legris. Le rythme est enlevé, les personnages évoluent bien et j'ai adoré cette promenade dans le Paris de l'époque et l'argot de ses habitants.

stars-10stars-6

 

Posté par Brigttt à 10:31 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


19 juin 2017

LES SAISONS DE LA NUIT - Colum McCann

 

couv9891153     Titre : LES SAISONS DE LA NUIT (The Side of Brightness)

     Auteur : Colum McCANN

     Traduction : Marie Claude PEUGEOT (anglais)

     Edition : 10/18 1998

     Parution : BELFOND 1998

                   322 pages

   De quoi ça parle ?

    Ce roman parle de New York, d'amour, de mariages mixtes, de terrassiers qui creusent des tunnels, de bâtisseurs de gratte-ciel qui dansent sur des poutrelles à des centaines de mètres au-dessus de la ville. C'est peut-être le premier vrai roman consacré aux sans-abris, à ceux qui vivent au-dessous et à l'écart de la cité prospère. On sent que Colum McCann a fréquenté ces lieux-là : dans une langue qui procure un plaisir presque physique, il évoque avec une rare puissance ce présent qui empeste et ce passé qui oppresse. "

Les premières phrases

Le soir qui précéda la première chute de neige, il vit un grand oiseau gelé dans les eaux de l'Hudson. Il savait bien que ce devait être une oie sauvage ou un héron, mais il décida que c'était une grue. Le cou était replié sous l'aile et la tête plongeait dans le fleuve. Il scruta la surface de l'eau, et se représenta la forme antique et décorative du bec.

Ce que j'en ai pensé

Les saisons de la nuit est un portrait noir de New York dans les années 1916 à 1991. Au début du siècle, loin du rêve américain, de l'argent de Wall Street, des hommes risquent leur vie tous les jours pour un salaire de misère. Nathan Walker est un de ces "gadouilleux" qui creusent les tunnels qui permettront le passage du métro et des trains. Dans le boyau où il travaille sous l'East River, en première ligne, il n'y a aucune sécurité et souvent des accidents mortels. Il réchappera à l'un d'eux, aspiré par le fleuve avec trois de ses collègues, mais son ami Con O'Leary n'aura pas cette chance ; son corps ne sera jamais retrouvé.

L'histoire de Nathan s'entre croise avec celle de Treefrog. Soixante quinze ans plus tard, Treefrog, SDF, a élu domicile dans une cavité située en hauteur à l'intérieur d'un de ces tunnels où passent des trains à grande vitesse plusieurs fois par jour. Autrefois, il travaillait à la construction des gratte-ciel. Il pouvait se déplacer sur des poutrelles étroites à plusieurs dizaines de mètres de hauteur sans éprouver le moindre vertige. On comprend aussi que c'est un événement honteux qui l'a précipité dans ce sous-sol et l'a rendu un peu fêlé. Une demie douzaine d'autres SDF y vivent aussi ; la plupart du temps ils s'ignorent, mais il leur arrive de s'entr'aider ou bien de se battre quand ils ont trop bu. Au début du récit les deux histoires sont bien distinctes, puis au fil du récit, elles se rejoignent.

A travers trois générations et presque un siècle, l'auteur nous dépeint la vie de ces laissés pour compte : ceux qui contribuent à l'avancée du progrès mais qui n'en profitent jamais. Les héros new yorkais de ce roman sont pauvres et qui plus est noirs, et dans l'Amérique du début du siècle dernier, victimes du racisme et du ségrégationnisme. Ils se réfugient trop souvent dans l'alcool ou la drogue et certains en meurent. Nathan Walker va travailler toute sa vie dans des conditions épouvantables pour nourrir sa famille, jusqu'à ce que les rhumatismes et les douleurs le clouent dans son fauteuil. Treefrog, lui, après quelques années passées sur les poutrelles d'acier des immeubles en construction va complètement basculer et finir SDF, réfugié sous terre, à la limite de l'animalité. 

Dès le début on sent que les deux histoires ont un lien entre elles, mais on ne le connaîtra qu'à la dernière partie du récit, lorsqu'elles fusionnent entre elles. Les Saisons de la Nuit est un beau roman, noir, plein de souffrances, mais aussi d'amour et d'espoir. L'écriture de Colum McCann est très belle. Cependant je n'ai pas ressenti le frisson annoncé par Jim Harrison sur la quatrième de couverture. C'est un récit que j'ai aimé, qui m'a intéressée, mais qui ne m'a pas vraiment touchée.

 

stars-10stars-3

 

Posté par Brigttt à 11:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

16 juin 2017

DES NOEUDS D'ACIER - Sandrine COLLETTE

couv717189       Titre : DES NOEUDS D'ACIER

     Auteur : Sandrine COLLETTE

     Edition : Le Livre de Poche 2014

     Parution : 3 Février 2014

                    262 pages

     Quatrième de couverture

     Avril 2001. Dans la cave d'une ferme miteuse, un homme est enchaîné. Théo, quarante ans, a été capturé par deux vieillards qui veulent faire de lui leur esclave. Théo n'a pourtant rien d'une proie facile : athlétique et brutal, il sortait de prison quand ces deux vieux fous l'ont piégé au fond des bois. Les ennuis, il en a vu d'autres. Alors, il refuse de croire à ce cauchemar. Il a résisté à la prison, il se jure d'échapper à ses geôliers.

Les premières phrases

Il en a fallu du temps pour que ce petit coin de pays se défasse du souvenir de l'effroyable fait divers qui l'a marqué au cours de l'été 2002. Dans les quotidiens et les hebdos nationaux, au journal télévisé, bien évidemment dans la presse à sensation : il est passé partout. A nous, habitants acharnés ou passionnés de cette terre dépeuplée, il a fait une publicité mauvaise et morbide : beaucoup de gens aujourd'hui encore ne connaissent notre région que par cette triste chronique.

Mon avis

Théo sort de prison où il a purgé 19 mois pour avoir frappé son frère Max et l'avoir transformé en légume. Sous les coups, Max est tombé et s'est brisé les cervicales. Théo ne regrette pas d'avoir frappé : quand il a appris que Max avait couché avec son amie Lil, son sang n'a fait qu'un tour. A sa sortie de détention, bien qu'il soit interdit de visite, il ne peut s'empêcher de faire un détour par l'institut ou Max va passer le restant de sa vie, pour le narguer, pour vérifier qu'il est cloué à jamais dans un fauteuil. Le personnel soignant le met en fuite, il s'imagine que la police va être prévenue et que peut être il va être renvoyé en prison. Après ce qu'il y a vécu, il n'en est pas question ! Alors il part, il roule droit devant lui et ne s'arrête que lorsqu'il se trouve dans une région éloignée de tout, délaissée par les touristes, ou il pourra se faire oublier pendant un certain temps et peut être se reconstruire. Il s'installe dans un gîte tenu par une gentille vieille dame et passe ses journées à faire de longues marches dans la campagne avoisinante. C'est lors d'une de ces randonnées qu'il va rencontrer ses bourreaux.

Que se passe t-il quand, dans un lieu isolé, un homme plein de violence et de haine rencontre deux gentils petits vieux ? Pas du tout ce à quoi l'on peut s'attendre. Théo, personnage assez antipathique, presque fratricide, va tomber sur pire que lui. Pire que tout ce que l'on peut imaginer. Deux monstres, deux crétins congénitaux qui vont faire de lui leur esclave, leur chien. Sandrine Collette décrit la descente en enfer de Théo, ses changements d'états d'esprit : d'abord révolté il attend le moment de pouvoir s'enfuir, puis devant la sauvagerie de ses bourreaux et la complicité du voisinage, il va se résigner, se soumettre et s'animaliser, accepter d'être le chien de ses maîtres. Au début de sa captivité, il lui parait inconcevable d'obéir, de se conformer aux désirs de Basile et Joshua et  il est presque prêt à se laisser mourir de faim et de soif, puis l'instinct de survie refait surface et il devient prêt à n'importe quoi pour une bouchée de pain ou une gorgée d'eau. La seule chose qui le fait tenir, ce sont ses souvenirs : ceux des moments partagés avec Lil, et puis ceux de son enfance auprès de son père et de Max qui l'a toujours dominé ; il fait du reste une comparaison entre ses relations avec son frère et celles qu'entretiennent Basile et Joshua, trouvant une ressemblance entre les relations qu'il avait avec Max et celles qui lient Basile et Joshua.

Le roman est écrit sous forme de journal, recueilli par un médecin après la libération de Théo, écrit à la première personne. Cela rend encore plus réel le martyr de Théo ; on le vit en direct avec lui, on ne peut en détourner ni les yeux ni l'esprit : il n'y a rien d'autre pour nous en distraire : il n'y a que Théo, Luc son co-détenu et les deux bourreaux, soutenus par leur entourage.

Des Noeuds d'acier est le premier roman de Sandrine Collette et à mes yeux de loin le meilleur avec Il reste la poussière (je n'ai pas encore lu les larmes noires sur la terre).

stars-10stars-9


Posté par Brigttt à 10:18 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :

08 juin 2017

TU ME RETROUVERAS - Matthew FITZSIMMONS

9782810007639     Titre :     TU ME RETROUVERAS (The short Drop)

    Auteur :  Matthew FITZSIMMONS

    Traduction : Nicolas ZEIMET (USA)

    Editions : DU TOUCAN

   Parution : 24 Mai 2017

                  488 pages

 

   Quatrième de couverture

Suzanne Lombard a disparu l’été de ses quatorze ans, alors que son père, le Vice-Président Benjamin Lombard, était encore sénateur de Virginie. Fugue, accident, enlèvement, aucune piste n’a abouti. Le seul mince espoir, ce sont les mails retrouvés sur l’ordinateur de la jeune fille, sorte de correspondance intime avec un mystérieux interlocuteur, jamais identifié.
Dix ans plus tard, la plaie est toujours aussi vive pour Gibson Vaughn, hackeur et ancien marine, fils de l’adjoint du sénateur à l’époque, pour qui Suzanne était presque une sœur.
Un jour, un homme s’assoit en face de lui. Un homme qu’il a connu autrefois et qui n’a jamais abandonné la recherche de Suzanne. Il a besoin des compétences techniques de Gibson car il a reçu plusieurs messages cryptés de l’inconnu avec lequel Suzanne discutait.
Hanté par ses souvenirs, Gibson ne peut pas reculer. Quelque chose lui dit qu’une partie de sa propre vie s’est joué aussi il y a dix ans, dans ces jours de tragédie. Plongeant corps et âme dans le labyrinthe où se cache celui qui a peut-être la clé du drame, Gibson découvre des enjeux d’une toute autre dimension et doit soudain faire face à ces « hommes obscurs » de la politique américaine.
Pour eux, il est désormais une menace. Et leur mission est d’écarter les menaces…

Les premières phrases

Gibson Vaughn était assis, seul, au comptoir animé du Nighthawk Diner. Le service du petit-déjeuner battait son plein et les clients s'agitaient en attendant une place. Indifférent au tintement des couverts et des assiettes, Gibson remarqua à peine la serveuse qui vint lui apporter son plat.

Mon avis

Gibson Vaughn n'a jamais oublié Suzanne, celle qu'il considérait comme sa petite soeur, qu'il connaissait mieux que lui-même. Il a beau y penser et y repenser, il ne comprend toujours pas pourquoi elle a disparu alors qu'elle n'était qu'une adolescente. Apparemment ce n'était pas un enlèvement puisque quelques jours après sa disparition elle apparaissait sur un film de vidéo surveillance, libre de ses mouvements et adoptant même une attitude de défi. A cette époque Gibson était en prison pour avoir piraté le compte du sénateur Benjamin Lombard et il ne peut s'empêcher de penser que s'il avait été auprès d'elle, les choses ne se seraient pas passées ainsi. Depuis dix ans toutes les recherches entreprises par le FBI se sont montrées vaines. La récompense de 10 millions de dollars proposée par la marraine de la jeune fille n'a jamais été réclamée. Suzanne Lombard a t-elle fait une mauvaise rencontre ? Est-elle morte ? Alors, quand un homme contacte Gibson et lui révèle qu'il a reçu plusieurs messages d'un individu avec qui Suzanne discutait autrefois sur internet, même s'il reste sceptique, il n'hésite pas à mettre ses compétences de hacker au service de l'équipe. Il va vite comprendre que certaines de ses convictions étaient complètement erronées et que se mêler des secrets de la famille Lombard pourrait facilement lui coûter la vie.

Quand j'ai choisi ce livre dans la masse Critique de Babelio, je me suis dit : " Bon, encore une histoire de jeune fille disparue qu'on va retrouver plusieurs années après, séquestrée dans une cave, ou menant sa vie sous une autre identité, mais pourquoi pas, allons y !". Ce en quoi je me trompais complètement ! Tu me retrouveras est le premier roman de Matthew Fitzsimmons et pour un premier roman, il est vraiment bien ficelé. Ses personnages sont bien campés, crédibles, tous ont une personnalité bien définie, une épaisseur, et l'intrigue est bien menée, passionnante à suivre. Gibson Vaughn n'est pas un super héros. Il a été marqué dans sa jeunesse par le suicide de son père et les accusations portées contre celui-ci. Puis par la disparition inexpliquée de Suzanne. De plus le fait que ses méthodes d'investigations reposent sur son expérience de pirate informatique apporte quelque chose de neuf à ce thriller. L'histoire est complexe, les personnages pas forcément tout blancs ou tout noirs mais tous jouent bien leur jeu. A Gibson Vaughn de démêler le vrai du faux tout en essayant de rester en vie....

Il en a fallu peu pour que ce thriller soit un véritable coup de coeur. L'écriture est agréable et fluide et surtout on ne s'ennuie pas une seconde, le suspense est permanent.

Un grand merci à BABELIO et aux EDITIONS DU TOUCAN pour m'avoir fait découvrir cet auteur. J'espère pouvoir suivre bientôt la suite des aventures de Gibson Vaughn.

stars-10stars-9

 

Posté par Brigttt à 10:25 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

01 juin 2017

BILAN de LECTURE de MAI 2017

 

couv29805838   couv28012148   couv40841971

 

couv19016955   couv51211072   couv24679033

 

 Encore 6 livres ce mois-ci, (plus un que je vais finir aujourd'hui). C'est peut être mon nouveau rythme de lecture. Quoiqu'il en soit cela a été 6 bonnes lectures, sans coups de coeur, mais sans déception non plus. Je ne saurai pas dire celui que j'ai préféré. Simplement j'ai moins aimé La Princesse et le Pêcheur.

 

Posté par Brigttt à 10:53 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


LA MALEDICTION D'EDGAR - Marc DUGAIN

couv24679033   

    Titre : LA MALEDICTION D'EDGAR

    Auteur : Marc DUGAIN

    Edition : GALLIMARD

    Parution : Mars 2005

                  319 pages

    Quatrième de couverture

    " Edgar aimait le pouvoir mais il en détestait les aléas. Il aurait trouvé humiliant de devoir le remettre enjeu à intervalles réguliers devant des électeurs qui n'avaient pas le millième de sa capacité à raisonner. Et il n'admettait pas non plus que les hommes élus par ce troupeau sans éducation ni classe puissent menacer sa position qui devait être stable dans l'intérêt même du pays. Il était devenu à sa façon consul à vie. " John Edgar Hoover, à la tête du FBI pendant près d'un demi-siècle, a imposé son ombre à tous les dirigeants américains. De 1924 à 1972, les plus grands personnages de l'histoire des Etats-Unis seront traqués jusque dans leur intimité par celui qui s'est érigé en garant de la morale. Ce roman les fait revivre à travers les dialogues, les comptes rendus d'écoute et les fiches de renseignement que dévoilent sans réserve des Mémoires attribués à Clyde Tolson, adjoint mais surtout amant d'Edgar. A croire que si tous sont morts aujourd'hui, aucun ne s'appartenait vraiment de son vivant.

Les premières phrases

Ce matin-là, New York avait revêtu son uniforme des mauvais jours. Gris. Une nappe sombre effleurait la cime des gratte-ciel. Un vent espiègle et glacé tourbillonnait, s'engouffrant, fantasque, dans les avenues et les rue tirées au cordeau. Le bulletin d'information, filtré par la vitre qui me séparait du chauffeur haïtien de mon taxi, tournait en boucle.

Mon avis

John Edgar Hoover est l'homme qui a réussi à rester à la tête du FBI pendant presque cinquante ans, sous la présidence de huit chefs d'états américains et dix huit ministres de la justice. La malédiction d'Edgar est présenté par son auteur comme une fiction prenant appui sur des faits et des personnages réels, certains de leurs dialogues relatés dans le livre ayant été réellement prononcés en public. Ce sont les mémoires de Clyde Tolson, N°2 du FBI et amant d'Hoover, de 1924 à 1972. Durant cette période aux Etats Unis, règnent la paranoïa, l'antisémitisme, le racisme, le puritanisme. Et durant toute sa vie Hoover va être écartelé entre son homosexualité et son besoin de se conformer aux valeurs de l'époque, ce qui va l'amener a adopter un comportement ouvertement homophobe.

Pendant presque cinquante ans Hoover a tenu les rênes du pouvoir de l'Amérique dans ses mains et pour asseoir sa puissance et garder sa position, il n'a reculé devant rien, s'appuyant sur les faiblesses des uns et les petits secrets des autres. Secrets qui n'en étaient pas pour lui puisqu'il possédait des dossiers sur tous les hommes qui approchaient de près ou de loin le pouvoir. Seule la mafia avait un pouvoir sur lui. Elle détenait des photos compromettantes des deux amants, ce pourquoi Hoover a toujours nié officiellement son importance et reporté l'attention du gouvernement et du public sur le danger que représentait le communisme. Il était respecté de beaucoup et craint de tous. Il est décédé sous la présidence de Nixon, le premier président à avoir sérieusement envisagé de se séparer de lui. Sa mort a soulagé le Président, mais quelques mois après l'affaire du Watergate éclatait . "Edgar vivant, il n'y aurait pas eu de Watergate. Personne n'aurait osé."

Ce récit nous plonge dans l'Histoire et même la petite histoire des Etats Unis de la plus grande partie du 20ème siècle, avec la guerre froide, la Baie des Cochons, l'assassinat des frères Kennedy, celui supposé de Marylin Monroe, la Chasse aux sorcières. On entre aussi dans l'intimité de cet homme qui se révèle aussi intelligent que cynique et manipulateur. On découvre aussi ses petites manies et le jeu que mènent les hommes politiques pour se partager la puissance et servir leurs intérêts. Et cela n'est pas toujours très joli.......

Bien que l'on ait du mal à distinguer la vérité de la fiction dans ce roman, La Malédiction d'Edgar n'en reste pas moins un récit passionnant sur cette époque de l'Histoire des Etats Unis. L'auteur dresse un portrait impitoyable d'Edgar Hoover et des frères Kennedy. Un livre qui se lit presque comme un bon polar.

 

stars-10stars-7

 

Posté par Brigttt à 10:43 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

27 mai 2017

LE PUITS DES MEMOIRES - t3 LES TERRES DE CRISTAL - G. KATZ

couv51211072

   Titre : LE PUITS DES MEMOIRES - t3 LES TERRES DE CRISTAL

   Auteur : Gabriel KATZ

   Editions : POCKET 2015

  Parution : SCRINEO 2012

                 478 pages

   Quatrième de couverture

   La quête et Nils, Karib et Olen va enfin toucher à sa fin. Et leur vengeance s'accomplir. Mais après le complot qui les a lancés sur la route de leur mémoire, de nouvelles trahisons les guettent. Maintenant qu'ils connaissent leur identité, la menace n'est que plus grande. Car ici, à Woltan, les assassins règnent en maîtres. Et tandis que sur notre trio se lèvent les premières tempêtes de neige, loin dans le Nord, dans les glaces éternelles des Terres de cristal, est tapi un terrible secret qui attend sa révélation...

Les premières phrases

Le monde à nouveau n'était plus que ténèbres. Une obscurité insondable, moite et suffocante, et l'air si rare que chaque bouffée paraissait être la dernière. A tatons, Olen chercha la paroi de sa prison roulante, dont le bois crissa sous ses ongles. Un goût amer, presque acide, lui monta aux lèvres, tandis qu'il luttait contre le sommeil.

Mon avis

Après La Traque et Le Fils de la Lune, Les Terres de cristal est le troisième volet de la série Le Puits des Mémoires de Gabriel Katz.

A défaut d'avoir retrouvé la mémoire, nos trois héros savent maintenant qui ils sont. Ce n'est pas si facile que cela pour eux de réintégrer leurs rôles respectifs dans la société, surtout pour Olen et Karib, leurs aventures passées leur ayant forgé une nouvelle personnalité. Ce n'est pas facile non plus pour leur entourage, en particulier pour ceux qui ont trempé dans la conspiration destinée à transformer quatre hommes qui gênaient leurs ambitions en marionnettes. Leur plan machiavélique commence à se retourner contre eux.

Après la révélation retentissante de la fin du tome précédent, je me suis lancée avec délectation dans ce troisième opus. Et malheureusement, après avoir refermé le livre, je dois dire que celui-ci n'est pas à la hauteur des deux premiers. Bon, je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé, mais j'ai été un peu déçue : le rythme est plus mou, les rebondissements sont moins spectaculaires et surtout il y a un événement qui m'a un peu choquée : comment ces trois personnages qui ont échappé à tant d'embuscades, qui ont réussi à semer leurs poursuivants et à se tirer de tant de situations dangereuses peuvent-ils se fier à un homme qui les a trahis quelques jours auparavant, au point de risquer la vie de centaines de leurs compagnons ? Par contre j'ai bien aimé que l'auteur donne un peu plus de place aux femmes que dans les deux premiers tomes et qu'il développe le personnage d'Oranie.

S'ils ont appris le pourquoi du début de leur mésaventure, nos trois héros ne sauront sans doute jamais exactement comment ils se sont retrouvés dans ce chariot pénitenciaire. Le dernier chapitre nous relate cet épisode : la boucle est bouclée.

Malgré ma petite déception, j'ai quand même beaucoup apprécié cette série et ne saurait que la recommander à ceux qui ne l'ont pas encore lue.

stars-10stars-7

 

Posté par Brigttt à 11:34 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

21 mai 2017

INSTRUMENTS DES TENEBRES - Nancy HUSTON

couv19016955

   Titre : INSTRUMENTS DES TENEBRES

   Auteur : Nancy HUSTON

   Editions : ACTES SUD (Babel) 1996

   Parution : 1996

                  409 pages

   Quatrième de couverture

   Américaine, écrivain, divorcée et plus toute jeune, Nadia, qui se fait appeler Nada par dérision, entreprend d'écrire un récit à partir d'un fait divers ancien l'histoire de Barbe Durand, une jeune servante française mise à mort en 1712 pour avoir dissimulé sa grossesse puis fait disparaître l'enfant qu'elle avait eu de relations forcées avec son patron. En même temps, par bribes et fragments, Nada confie à son journal l'histoire de sa propre enfance dans une famille catholique disloquée par la déchéance alcoolique du père. Très vite, l'imaginaire impose son autorité au réel et les événements du passé investissent la vie de Nada au point de la bouleverser.

Les premières phrases

FIN DE L'ETE. JE NOTE CELA.

Mais ajoute aussitôt : la nature, je m'en fous éperdument, je n'ai jamais collectionné de feuilles, même pas étant enfant, même pas de cailloux - qu'on se trouve au printemps ou en automne ou en hiver m'est parfaitement égal, le miracle de la vie ne me touche pas, la vie qui bourgeonne, évolue, explose et change, les boutons de fleurs qui enflent et éclosent, ces choses me laissent froide.

Mon avis

Il y a deux histoires dans ce roman. Tout d'abord celle intitulée le "Carnet Scordatura" : c'est le journal de Nadia, ou Nada, une femme d'une cinquantaine d'année, désabusée, meurtrie par la vie. Elle y évoque ses souvenirs d'enfance et de femme et dialogue avec son "daimon", une sorte d'alter ego imaginaire, à la fois ange et démon. Nadia est écrivain et entreprend l'écriture d'un récit qu'elle intitule "Sonate de la Résurrection". Elle s'inspire pour cela d'un fait divers ayant eu lieu au début du 18ème siècle et narre l'histoire de deux jumeaux Barbe et Barnabé, séparés à la naissance après la mort de leur mère et qui tous deux auront un destin terrible.

Les deux histoires alternent, celle de Nadia faisant écho à celle de Barbe et vice versa. Nadia évoque son jumeau mort-né, et ses avortements, surtout celui, tardif, qui semble l'avoir marquée plus qu'elle ne le pensait. Bien que sa grossesse résulte d'un viol, Barbe quant à elle en fera sa raison de vivre, elle voit son enfant à naître comme la promesse d'une nouvelle vie, forcément meilleure.

Je n'ai pas accroché immédiatement à ce récit. C'est venu au fil des pages mais c'est la "Sonate de la Résurrection" qui m'a le plus touchée. C'est un récit dur, brutal, affreusement triste. L'histoire de Barbe est celle de centaines de femmes de cette époque où les croyances, la superstition, les procès de sorcellerie règnent en maître, où la femme est considérée comme l'oeuvre du diable. Le violeur n'est pas puni, ce n'est pas de sa faute, c'est sa servante qui l'a séduit. Et si par malheur celle-ci tombe enceinte elle est considérée comme une p.....  Et la faute qui l'entache contaminera même son enfant. L'histoire de Nadia n'est pas plus heureuse. Si pour Barbe c'est son enfant qui va lui donner une vie meilleure, pour elle c'est l'écriture de son roman, tel un accouchement qui va la délivrer de son passé.

Une grande force se dégage de ce roman, beaucoup de douceur même dans certains passages. Mais c'est le côté sombre, dur, qui domine. Nancy Huston restitue avec beaucoup de justesse toutes les émotions et tous les sentiments qui animent ces deux femmes.

C'étai le premier livre que je lisais de cette auteure, mais ce ne sera sûrement pas le dernier.

stars-10stars-7

 

Posté par Brigttt à 10:50 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

20 mai 2017

PETITE SOEUR LA MORT - William GAY

couv40841971

   Titre : PETITE SOEUR LA MORT (Little Sister Death)

   Auteur : William GAY

   Traduction (Etats-Unis) : J.P GRATIAS

   Edition : SEUIL (Cadres Noirs) mars 2017

   Parution : 1988

                  272 pages

  Quatrième de couverture

En 1982, David Binder, jeune auteur que son éditeur a convaincu d’écrire un roman de genre, s’installe avec sa femme – enceinte et réticente – et leur petite fille dans l’ancienne maison d’une famille de planteurs, à Beale Station, Tennessee. La demeure n’a pas bonne réputation : un fantôme cruel et facétieux en a tourmenté les occupants au début du XIXe siècle, persécutant plus particulièrement la jeune Virginia. Sur la propriété, la pierre tombale de Jacob Beale est éloquente : « 1785-1844. Torturé par un esprit. » Il semblerait que le fantôme ait été une dame, et qu’elle rôde encore dans les murs. Or David s’est laissé envoûter par le lieu… La vie quotidienne, et conjugale, des Binder va s’en ressentir, jusqu’au drame.

Les premières phrases

Tiré par l'attelage, le chariot grinçant de toutes parts contourna en cahotant le pied de la colline, et remonta le lit du ruisseau à sec, mais le passager corpulent en costume sombre et coiffé d'un chapeau noir à larges bords ne pouvait pas le savoir. Il était assis, tassé sur lui-même dans un coin du plateau, les yeux bandés, ses bras agrippant les ridelles dans un futile effort pour absorber le tressautement des roues sur la roche.

Mon avis

David Binder est écrivain ; du moins il essaie. Après un premier roman qui s'est bien vendu, et un second plutôt mauvais, son agent lui propose d'écrire un troisième livre, quelque chose de facile, de commercial, vite rédigé dont la vente lui permettra de vivre, lui laissant le temps de se consacrer à un ouvrage plus abouti. Il cherche l'inspiration dans des livres relatant des histoires étranges et angoissantes et porte son dévolu sur celle de la famille Beale : une histoire de sorcière et de maison hantée, un fait divers s'étant déroulé un siècle auparavant dans le Tenessee. Pour mieux s'imprégner de l'ambiance, il va louer la maison située sur la propriété des Beale, entraînant avec lui sa femme Corrie et sa petite fille. En parlant avec les gens du village il va apprendre que la maison a été aussi le cadre d'un drame plus récent : un métayer qui a massacré toute sa famille.

Soucieux de réussir son roman, David Binder va se plonger dans l'atmosphère des lieux. Bientôt des bruits inquiétant vont se faire entendre, des spectres se manifester. Pire encore, il ne s'agit pas uniquement de la maison, le domaine entier parait être le terrain de jeu d'apparitions plus ou moins menaçantes, animales ou humaines. Binder va se laisser envoûter, transformer par la personnalité de la maison et n'échappera pas au sort qu'elle réserve à ses occupants : elle va petit à petit prendre le contrôle de son esprit. 

Une seule maison, mais trois histoires se déroulant à trois époques différentes : 1785 et les années suivantes, 1933 et 1982 l'année ou Binder s'y installa. Trois histoires où l'on retrouve le même environnement hostile, les mêmes bruits et les mêmes apparitions. Que s'est-il passé exactement dans cette maison ? L'auteur voudrait-il nous faire croire qu'il s'agit-il réellement de fantômes de spectres errants en quête de libération? ou bien tout simplement David Binder, fasciné par cette maison prétendument hantée, avide de sensations qui pourraient faire naître son inspiration serait-il comme ses prédécesseurs, victime d'hallucinations ? A chacun de s'en faire une idée.

L'histoire m'a intéressée mais m'a un peu laissée sur ma faim. Tout est là pour faire une bon roman d'horreur, mais je n'ai été prise par l'ambiance que pendant de courts instants. Le style est assez froid, très descriptif, et la construction du récit passant d'une époque à l'autre, le présent s'intercalant avec les épisodes passés, m'ont justement empêchée de m'immerger complètement dans l'atmosphère de cette maison.

  Et si Petite Soeur la Mort était tout simplement un roman sur un écrivain qui écrit un roman ?.....Cela ne lui enlèverai aucune de ses qualités narratives : l'auteur nous livre ici une histoire sombre, aux accents gothiques, une évocation du monde rural du sud des Etats Unis en proie à des croyances et de superstitions ancestrales.

Un très grand merci à Babelio et aux Editions SEUIL pour m'avoir permis de lire ce livre.

stars-10stars-6

L'auteur :

Né en octobre 1941 à Hohenwald, Tennessee, William Gay est mort le 23 février 2012 à Hohenwald, Tennessee.
Dans l’intervalle, il a passé quatre ans dans la marine américaine, pendant la guerre du Vietnam, vécu quelque temps à New York, puis il est rentré au pays et a monté des cloisons de placo afin de nourrir sa famille.
À la fin des années 1990, il a vendu ses premières nouvelles à des revues littéraires et a aussitôt été adoubé par ses pairs : Cormac McCarthy, Ron Rash, Barry Hannah, Tom Franklin et Donald Ray Pollock.

 

 

 

Posté par Brigttt à 11:27 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

12 mai 2017

LA JEUNE FILLE A LA PERLE - Tracy CHEVALIER

couv1113168

   

    Titre :    LA JEUNE FILLE A LA PERLE (Girl with a pearl earring 1999)

    Auteur : Tracy CHEVALIER

    Traduction (américain) : M.O FORTIER-MASEK

    Edition :  FOLIO

    Parution : QUAI VOLTAIRE - 2000

                  313 pages

   Quatrième de couverture

   La jeune et ravissante Griet est engagée comme servante dans la maison du peintre Vermeer. Nous sommes à Delft, au dix-septième siècle, l'âge d'or de la peinture hollandaise. Griet s'occupe du ménage et des six enfants de Vermeer en s'efforçant d'amadouer l'épouse, la belle-mère et la gouvernante, chacune très jalouse de ses prérogatives.
Au fil du temps, la douceur, la sensibilité et la vivacité de la jeune fille émeuvent le maître qui l'introduit dans son univers. A mesure que s'affirme leur intimité, le scandale se propage dans la ville...
Un roman envoûtant sur la corruption de l'innocence, l'histoire d'un coeur simple sacrifié au bûcher du génie.

Les premières phrases

Ma mère ne m'avait pas dit qu'ils allaient venir : elle ne voulait pas que j'aie l'air inquiet, m'expliqua-t-elle plus tard. Cela m'étonna, moi qui croyais qu'elle me connaissait bien. Au regard des personnes étrangères, je paraissait calme. Enfant, je ne pleurais pas. Seule ma mère remarquait la façon dont je contractais la mâchoire et j'écarquillais des yeux déjà grands.

Mon avis

 La Jeune Fille à la Perle c'est ce tableau de Vermeer représenté sur la couverture du livre, où l'on voit une jeune fille qui nous regarde par-dessus son épaule, la bouche entrouverte comme si elle voulait nous dire quelque chose, les yeux grands ouverts. Qui était cette jeune fille ? L'histoire n'en a pas gardé trace, mais Tracy Chevalier lui a donné un nom, une personnalité, un destin en la personne de Griet. Fille d'un artiste céramiste de Delft devenu aveugle suite à l'explosion d'un four, il lui faut assurer la survie de la famille. Elle sera placée comme servante chez le peintre Vermeer. Elle devra récurer les sols, épousseter, faire les lessives, les courses. Vermeer n'autorise que deux personnes à entrer dans son atelier : sa mère et Griet chargée de faire le ménage quotidien en ayant bien soin de ne rien déplacer, de manière à ne pas désorganiser la composition du tableau en cours. Pour la jeune fille c'est un monde inconnu qui s'ouvre à elle et malgré tout ce qui les oppose, une complicité nait bientôt entre la petite servante et l'artiste qui a vite remarqué l'intelligence, la sensibilité et le don pour harmoniser les couleurs de celle-ci. Mais sa beauté et son innocence éveille des convoitises et bientôt Vermeer va lui demander de poser pour lui.

On en sait peu sur la vie du peintre, ce qui a permis à l'auteure d'imaginer cette fiction. Elle a du certainement étudier minutieusement ses tableaux pour reconstituer au mieux l'intérieur de son atelier et de sa demeure dans son récit. On entre ainsi dans la famille du peintre, dans son atelier, à la suite de Griet. On se promène même avec elle dans certains quartiers de Delft. Tracy Chevalier nous donne aussi un aperçu de la vie dans la société hollandaise du 17ème siècle ; d'un côté la famille de Griet, pauvre et catholique ; de l'autre celle du peintre, protestante et plutôt aisée mais dont la survie est soumise aux exigences d'un riche mécène.  On comprend le choc qu'a pu éprouver Griet en devant quitter sa famille pour aller vivre et travailler dans un milieu si différent du sien, dans lequel les codes lui sont complétement inconnus.

La Jeune Fille à la Perle est un très beau roman, plein de douceur et d'émotions. Il y a très peu d'action, pas de rebondissements mais les descriptions de l'auteure nous immergent complétement dans l'histoire et même dans le tableau.

 

stars-10stars-7

 

« J'ai écrit ce livre parce que j'ai toujours été fascinée par le tableau de Vermeer, La jeune fille à la perle. À quoi pense-t-elle ? Parfois, elle semble vouloir séduire, parfois elle paraît triste. Parfois on croît qu'elle a treize ans et d'autres trente ans. Je me demandais ce que Vermeer avait bien pu dire ou faire pour qu'elle ait un tel regard. De cette interrogation est né ce roman. »                        Tracy CHEVALIER

Tracy Chevalier est née à Washington DC en octobre 1962 et vit à Londres avec son mari et son fils. Aux Etats-Unis elle a obtenu son diplôme de littérature anglaise à l'Oberline College (Ohio) et en 1984 s'est installée à Londres. Elle a travaillé comme éditeur jusqu'en 1993. Elle a ensuite obtenu un Master en écriture créative à l'Université de East Anglia à Norwich (Angleterre). Son premier roman, The Virgin Blue (Harper et Collins) sort en Angleterre en 1997. Publié en 1998, son second roman, La jeune fille à la perle, a obtenu un énorme succès de la part du public et de la critique dans les nombreux pays où il est paru.                                                                                                                         

 

Posté par Brigttt à 10:10 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,