Mémoire de livres

16 septembre 2017

IL ETAIT UNE FOIS LA FEE CHABADA - Lucie BRASSEUR

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       Titre :     Il était une fois la Fée Chabada

      Auteur :  Lucie BRASSEUR

      Edition :  YAKABOOK

      Parution : Juillet 2017

                     254 Pages

     De quoi ça parle ?

    Maryline, prostituée la nuit, écrit le jour des contes pour enfants. Un soir, elle est arrêtée par les Mœurs. En garde à vue, une cartomancienne lui prédit « la rencontre qui changera sa vie ». Incarcérée et accusée de meurtre, elle clame pourtant son innocence. Pour rendre supportable la détention, elle se met à écrire le conte Des Poupées Géantes et de la Poussière de Joie.

PRÉLUDE : À défaut d’être l’héroïne d’un conte de fées, Maryline était fille de joie. Les paillettes de ses robes n’illuminaient aucun bal féerique, n’aveuglaient aucun prétendant intrépide virevoltant. Accompagnant savamment la cambrure de ses reins, elles se limitaient à aiguiser les rêves lubriques de porcs libidineux abandonnant quelques biftons après s’être persuadés d’avoir été heureux. Cette histoire ne sera donc pas, à proprement parler, un conte de fées. N’y évolueront ni chevalier valeureux, ni sorcières au nez crochu ; pas même de gros dégueulasse s’effaçant sous les traits d’un crapaud coassant au clair des néons blafards d’un motel bon marché. Et pourtant…

Ce que j'en ai pensé

Maryline a une passion : l'écriture. Elle écrit des contes pour enfants qu'elle publie sur son blog épisode par épisode. Pour assouvir sa passion, il lui faut du temps, et de quoi vivre.....C'est pour cela qu'elle s'est résolue à vendre son corps : pas toutes les nuits, non ; quelques passes par semaine lui suffisent pour payer l'essentiel et lui laissent le temps d'écrire. Quelques instants où elle déconnecte son esprit de son corps, de la réalité, et pendant lesquels elle s'accroche à un petit nuage qui la fait voyager. Elle est arrêtée lors d'une descente de police, accusée de meurtre et envoyée en prison. Là pour survivre, elle s'emploie à ce qu'elle sait faire le mieux : elle écrit. C'est à ce moment que naît le conte Des Poupées géantes et de la Poussière de la Joie. Durant sa détention, Maryline se raconte : à la fois -laborieusement- à la psy de la prison qui lui a déjà accolé l'étiquette de schizophrène, à son avocat, et dans ses contes où elle devient la Fée Chabada.

Il y a donc deux histoires dans ce roman : celle de Maryline la détenue et celle de la Fée Chabada alias Maryline. La jeune femme est-elle réellement schizophrène ? Est-elle coupable de ce meurtre dont on l'accuse et dont elle ne se souvient pas ? Dans quelle réalité vit-elle vraiment ? Tout cela le lecteur ne le découvrira qu'à la toute fin du roman.

L'auteure nous fait passer sans transition, mais avec adresse, d'un monde à l'autre : du sordide de la prison à l'univers éclatant de joie et de couleurs des Poupée Géantes. J'ai été un peu surprise au début par le style : riche, foisonnant, très imagé mais aussi très poétique. Malgré le côté roman noir de ce roman, c'est un vrai conte de fée que nous offre l'auteur. Comme une Cendrillon des temps modernes Maryline doit travailler durement pour vivre mais, aidée par la Fée Chabada, elle ne perdra jamais espoir et bien sûr, à la fin, elle rencontrera son Prince Charmant.....

Merci à l'auteure de m'avoir permis de découvrir son ouvrage.

Ma Note : 7/10

 

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14 septembre 2017

LES PLEUREUSES - Katie KITAMURA

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      Titre :    LES PLEUREUSES

     Auteur : Katie KITAMURA

     Edition : STOCK

     Parution : 23 Août 2017

                    296 pages

    De quoi ça parle

    Récemment séparée en secret de son mari Christopher, la narratrice reçoit un appel de sa belle-mère s'inquiétant d'être sans nouvelles de ce dernier. Elle accepte de partir en Grèce à sa recherche, et s'installe dans l'hôtel où il a été aperçu pour la dernière fois afin de lui demander le divorce. Au fil des jours, Christopher ne réapparaît pas et la narratrice pense à l'échec de leur relation.

Ce que j'en ai pensé

La narratrice (dont on ne connaîtra jamais le prénom) et son époux Christopher sont séparés mais l'ont caché à leur famille et à leurs amis. Pourtant la jeune femme à déjà quitté l'appartement qu'ils partageaient et a emménagé avec son nouvel ami. Lorsque sa belle-mère l'appelle pour lui dire que Christopher ne donne plus de nouvelles et lui demande d'aller à sa recherche, elle n'en a aucune envie. Mais comment faire pour préserver les apparences ? elle a promis à Christopher de ne rien révéler de leur séparation.. Christopher est écrivain (du moins, on le suppose...) ; il est parti en Grèce pour se documenter sur les Pleureuses, ces femmes qui accompagnent les deuils et les enterrements de leurs lamentations. La narratrice se décide à partir :  ce serait peut être l'occasion de demander le divorce et officialiser cette rupture ! Elle s'installe dans l'hôtel où, aux dernières nouvelles, résidait Christopher, dans le sud du Péléponèse. Il a bien séjourné ici, mais il est parti depuis quelques jours en laissant ses affaires personnelles dans sa chambre. Commence alors pour elle une longue attente durant laquelle elle va réfléchir sur son mariage. Elle va observer les personnes qui gravitent dans l'hôtel et tenter de deviner les liens qu'elles pourraient avoir eu avec son ex-mari. Pour comprendre ce qu'il est devenu , elle va même mettre ses pas dans ceux de Christopher et rendre visite à une des Pleureuses de la région.

Le mystère de la disparition de l'époux perdure jusqu'à la fin du roman. Le temps s'écoule lentement. Beaucoup d'instrospection chez la narratrice qui s'adresse à nous en temps réel, ce qui accroît encore plus la sensation de lenteur. Les personnages secondaires évoluent autour de la narratrice  comme un ballet d'ombres chinoises ; on sent qu'il y a beaucoup de mystère, beaucoup de non-dit sur la disparition de l'écrivain et cela rend l'atmosphère ambiante de plus en plus pesante, jusqu'au dénouement. La plume de Katie Kitamura est fluide, le roman se lit vite, il s'en dégage une grande sobriété.

J'ai lu ce roman avec plaisir, l'intrigue m'a intéressée jusqu'à la fin, mais je n'ai pas été complètement séduite.

Un grand merci aux Editions STOCK

Ma Note : 6.5/10

 

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10 septembre 2017

L'HERITAGE DES ROIS PASSEURS - Manon FARGETTON

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       Titre :     L'Héritage des rois passeurs

      Auteur : Manon FARGETTON

      Edition : MILADY (lu en e-book)

      Parution : 2015

                       376 pages environ

      De quoi ça parle ?

      La dernière héritière d'une lignée royale doit fuir notre monde et retourner dans celui de ses ancêtres pour échapper aux hommes qui veulent l'éliminer. Là-bas, une princesse rebelle rentre chez elle pour prendre ce qui lui est dû : le trône d'Ombre. Voici l'histoire de deux femmes, de deux mondes imbriqués, de deux retours simultanés qui bouleverseront une fois de plus le destin tortueux du royaume d'Ombre. Coïncidence, ou rencontre orchestrée de longue date ?

Ce que j'en ai pensé

 Je renoue peu à peu avec la Fantasy, genre que j'aimais beaucoup il y a un certain nombre d'années, puis que j'ai abandonné suite sans doute à la lecture d'ouvrages médiocres ou décevants, ce qui m'avait dégoûtée de ce genre......

Avec L'Héritage des Rois Passeurs j'ai retrouvé tout ce qui me plaisait dans ce style d'histoire : un univers original et des personnages bien construits et très détaillés, et une histoire à laquelle j'ai tout de suite accroché .

Dans ce roman, non pas un univers mais deux, totalement différents l'un de l'autre. "Rive" qui correspond à notre monde, et son reflet "Ombre" : comme les deux faces d'un miroir. Et pour ces deux univers, il fallait deux héroïnes. Dans Rive c'est Enora. Et son histoire commence le jour de ses vingt ans quand toute sa famille est massacrée sous ses yeux ; c'est ce jour là qu'elle apprend qu'elle possède un don que lui a légué ses ancêtres : elle est une Passeuse, c'est à dire qu'elle peut passer d'un univers à l'autre à volonté. En Ombre, l'héroïne se nomme Elouane. C'est l'héritière du trône, mais elle a fuit son palais et par la même occasion sa famille. En Ombre, le pouvoir passe de mère en fille mais la reine se doit d'épouser un magicien qui sera en fait le véritable maître du royaume. Or Elouane ne veut pas se marier, ce sont les femmes qui l'attirent, pas les hommes. On la retrouve donc sous le nom de Ravenn, alors qu'elle a rejoint une contrée loin de la capitale. Là, les dragons sèment la terreur et la désolation. Reconnaissante envers le peuple qui l'a adoptée, Ravenn a appris à les chasser et à les exterminer. Mais elle n'a pas pour autant abandonné son statut de princesse héritière, et à la mort de sa mère elle est bien résolue à monter sur le trône d'Astria. Pour échapper aux hommes qui ont massacré sa famille, Enora va passer en Ombre, les deux héroïnes vont se rencontrer et guidée par le dieu Gris, après bien des péripéties, elles vont oeuvrer toutes des deux pour rétablir la paix entre les deux univers.

C'est assez difficile de résumer ce roman tellement il est riche et touffu. Si Enora et Elouane paraissent très différentes au premier abord, si elles n'ont pas la même motivation pour se battre, ce sont deux femmes volontaires et résolues, dotées d'un fort caractère. Elnora n'a qu'une idée, c'est de venger sa famille, quant à Elouane son désir le plus cher est de rétablir l'ordre dans son royaume. Ces deux femmes sont entourées d'un grand nombre de personnages secondaires, certains très attachants, d'autres détestables. On a plaisir à découvrir l'univers dans lequel ils évoluent. Les complots, les trahisons et les retournements de situations rythment l'histoire, les rebondissements sont multiples et l'intrigue suffisamment bien menée pour qu'on n'ait jamais envie de lâcher le livre. De plus la fin réserve quelques surprises.....

J'ai passé de très bons moments avec la lecture de ce roman. Je compte bien lire d'autres ouvrages de cette auteure.

Ma Note : 9/10

   

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06 septembre 2017

GABRIËLLE - Anne et Claire BEREST

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     Titre :      GABRIËLLE    

     Auteurs : Anne et Claire BERES

     Edition :   STOCK

     Parution : 23 Août 2017

                   450 Pages

    De quoi ça parle ?

    Septembre 1908. Gabriële Buffet, femme de 27 ans, indépendante, musicienne, féministe avant l’heure,  rencontre Francis Picabia, jeune peintre à succès et à la réputation sulfureuse. Il avait besoin d’un renouveau dans son œuvre, elle est prête à briser les carcans : insuffler, faire réfléchir, théoriser. Elle devient « la femme au cerveau érotique » qui met tous les hommes à genoux, dont Marcel Duchamp et Guillaume Apollinaire. Entre Paris, New York, Berlin, Zürich, Barcelone, Étival et Saint-Tropez, Gabriële guide les précurseurs de l’art abstrait, des futuristes, des Dada, toujours à la pointe des avancées artistiques. Ce livre nous transporte au début d’un xxe siècle qui réinvente les codes de la beauté et de la société.
Anne et Claire Berest sont les arrière-petites-filles de Gabriële Buffet-Picabia.

Les premières phrases

"Notre mère s'appelle Lélia Picabia. Un nom trop beau pour ne pas cacher une douleur. Enfants, nous ne connaissions pas l'origine de son nom. Notre mère ne nous parlait jamais de son père, ni de ses grands-parents."

Ce que j'en ai pensé

 Pendant très longtemps, Anne et Claire Berest n'ont rien su de leur arrière grand mère maternelle. Leur mère Lélia a grandi loin d'elle et ne leur en a jamais parlé. Une sorte de non-dit planait sur cette famille, et lorsque les soeurs Berest ont découvert qu'elles étaient les descendantes de Francis Picabia et Gabriëlle Buffet, elles ont tout de suite ressenti le désir de faire la lumière sur cette mystérieuse arrière grand-mère. Ne disposant pas d'informations familiales elles ont du entreprendre des recherches de leur côté. 

Gabriële rencontre Francis Picabia alors qu'elle a vingt sept ans. Jusqu'ici elle se destinait à la musique, plus particulièrement à la composition. Il est séduit par son intelligence, elle est subjuguée par cet artiste inspiré dont la peinture va au-delà des critères de l'époque. Ils se marient très vite et à partir de ce moment, Gabriële va abandonner sa passion et ses aspirations pour se dévouer entièrement à son mari. Femme cultivée, avant-gardiste, féministe elle sera sa muse durant la plus grande partie de la vie du peintre. Elle le portera aussi à bout de bras, car si Picabia est un auteur de génie, c'est aussi un être bi-polaire qui va de phases d'exaltations créatrices en profondes dépressions. Le couple côtoiera de nombreux artistes comme Marcel Duchamp et Guillaume Apollinaire. Malgré les infidélités de Picabia Gabriële restera à ses côtés, jusqu'à ce qu'il la quitte pour une autre femme alors qu'elle va mettre au monde leur quatrième enfant, le grand père des auteures. Durant toute leur liaison Gabriëlle va accepter les errances et les infidélités de son mari parcequ'elle sait que les femmes lui sont indispensables pour créer. Sacrifiant sa passion et sa carrière, elle s'effacera non pas devant son mari mais devant l'artiste, et se mettra toute entière au service de l'Art qui pour elle compte plus que tout, plus même que ses enfants dont elle ne s'occupera guère.

Ecrit à quatre mains d'une plume alerte et fluide ce roman est une grande réussite. A elles deux Anne et Claire Berest dressent le portrait d'une femme moderne, forte, à la fois pleine de sagesse quand il s'agit de son couple et capable de folies....Avec elles on plonge dans le milieu artistique de ce début de siècle, de Paris à New York en passant par Berlin et l'Espagne. De temps en temps , elles interrompent leur récit pour échanger leurs impressions sur cette aïeule qu'elles découvrent toutes les deux en même temps et qu'elles nous font découvrir par la même occasion. Un magnifique portrait de femme !

Un grand merci aux Editions Stock.

Ma Note : 9/10

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03 septembre 2017

LES HUIT MONTAGNES - Paolo COGNETTI

couv34147740     Titre :       LES HUIT MONTAGNES

     Auteur :    Paolo COGNETTI

     Traduction : Anita ROCHEDY (Italien)

     Edition :     STOCK (La Cosmopolite)

    Parution :    Aout 2017

    De quoi ça parle ?

    Pietro est un garçon de la ville, Bruno un enfant des montagnes. Ils ont 11 ans et tout les sépare. Dès leur rencontre à Grana, au coeur du val d’Aoste, Bruno initie Pietro aux secrets de la montagne. Ensemble, ils parcourent alpages, forêts et glaciers, puisant dans cette nature sauvage les prémices de leur amitié.
Vingt ans plus tard, c’est dans ces mêmes montagnes et auprès de ce même ami que Pietro tentera de se réconcilier avec son passé – et son avenir.

"Nous disons qu'au centre du monde, il y en a un autre, beaucoup plus haut : Le Sumeru. Et autour du Sumeru, il y a huit montagnes et huit mers. C'est le monde pour nous......Et nous disons : lequel des deux aura le plus appris ? Celui qui aura fait le tour des huit montagnes ou celui qui sera arrivé au sommet du mont Sumeru ?"

Ce que j'en ai pensé

Alors que Pietro est en vacances à Grana avec ses parents, il fait la connaissance de Bruno qui habite le village. Pietro lui, vient de Milan. Tout oppose les jeunes garçons. Pietro est un enfant de la ville, il va au collège ; pour lui, la montagne, c'est les vacances. Bruno n'a jamais quitté sa montagne, son petit village de Grana ; il va à l'école, mais seulement quand on n'a pas besoin de lui pour garder les chèvres ou les vaches. Le père de Pietro lui, est passionné par la montagne. Lors de ses brèves vacances à Grana ou il a loué une maison pour sa famille, il n'a de cesse d'escalader, d'explorer, de gravir les glaciers, les sommets, une véritable fringale d'altitude et d'air pur. Et c'est bien la montagne qui va lier les deux garçons, tendrement parrainé par le père de Pietro qui va peu à peu considérer Bruno comme son fils. Malgré les caractères différents de chacun, malgré la distance qui les séparera, leur amitié durera jusqu'à la fin.

Les Huit Montagnes est un roman plein de tendresse qui décrit les beautés mais aussi les dangers de la montagne qui peut se montrer cruelle envers ceux qui la défient et qui l'aiment trop. Avec un style fluide, à la fois poétique et très descriptif, l'auteur nous fait partager son amour pour la montagne, ses émotions et ses sentiments tout au long des ballades qu'entreprennent ses trois personnages. Il nous entraîne avec eux sur les sentiers de haute montagne, sur les sommets et les glaciers. C'est aussi un roman sur l'amitié, l'enfance, la transmission, mais qui fait une grande part à la figure paternelle à la fois forte et fragile.

C'est pour l'instant mon coup de coeur de la Rentrée Littéraire.

Merci aux Editions Stock de m'avoir permis de découvrir ce roman.

Ma Note 10/10

 Premier roman de Paolo Cognetti, Les huit montagnes est une franche réussite.Il a déjà obtenu en Italie le Prix Strega, équivalent du Goncourt en France.


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01 septembre 2017

BILAN DE LECTURE D'AOÛT 2017

 

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Huit lectures pour ce mois-ci, marqué comme le mois dernier par celles des ouvrages de la Rentrée Littéraire. Encore plus que d'habitude, j'ai du retard dans mes chroniques. Mais ça, c'est dû en partie au fait que j'ai passé des (bonnes) vacances sans Wi-Fi.

J'ai beaucoup aimé : La Ville des Serpents d'eau de Brigitte AUBERT

                            Gabriële de A. et C. BEREST

                            En sacrifice à Moloch dde Asa LARSSON

                           L'Héritage des rois passeurs de M. FARGETTON

J'ai aimé :               Les Pleureuses de K. KITAMURA

J'ai moins aimé :      Les talons rouges de A. de BAECQUE

                            Les Cendres froides de V.MUSSO

Je n'ai pas aimé :    Les Yeux d'Harry de J. CAMUT et N. HUG

 

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30 août 2017

EN SACRIFICE A MOLOCH d'Asa LARSSON

couv20390035        Titre :    EN SACRIFICE A MOLOCH (Till offer at Moloch 2012)

       Auteur : Asa  LARSSON

      Traduction (suédois) : Caroline BERG

      Edition :  ALBIN MICHEL

     Parution : Septembre 2017

                       448 pages

     De quoi ça parle ?

    Au terme d'une traque impitoyable dans les forêts de Lainio, en Laponie suédoise, un ours féroce est abattu. Dans sa panse : les restes d'un homme... Cette macabre découverte est suivie quelques mois plus tard par l'assassinat d'une femme à coups de fourche. Chargée de l'enquête, la procureure Rebecka Martinsson ne tarde pas à recouper ces faits a priori sans rapport : les deux victimes avaient un lien de parenté ; ils étaient père et fille. Mais ils ne sont ni les premiers ni les derniers à disparaître, comme si une étrange malédiction frappait leur famille...

Les premières phrases

Je lis un passage du Lévitique. Dieu est en colère. Il clame ses lois et les chatiments qu'encourent ceux qui les enfreignent. Il crache son ire et profère ses menaces. Au chapitre vingt, le Seigneur promet à celui qui qui sacrifiera un enfant à Moloch qu'il sera puni de mort et lapidé.

Ce que j'en ai pensé

En Sacrifice à Moloch est le cinquième volet des enquêtes de Rebecka Martinsson. J'ai découvert cette série il y a peu avec Le sang versé que j'avais beaucoup aimé.

Rebecka Martinsson, ancienne avocate, est maintenant substitut du procureur. Après une grave dépression, elle a quitté Stockolm pour s'installer à Kiruna, petit village situé au-dessus du cercle polaire arctique, dans l'ancienne maison de sa grand mère. Elle vit là en seule compagnie de ses chiens : Vera qu'elle a recueilli depuis peu et le jeune Jasko, surnommé Le Morveux. Son ami Mans qui habite à Stockolm vient quelquefois passer le week-end avec elle, mais plus le temps passe, plus leur liaison bat de l'aile. La solitude ne lui pèse pas, l'amitié qu'elle entretient avec le vieux Sivving son voisin et Krister, le policier du village ; la compagnie de ses chiens lui suffisent. C'est du reste pour rendre service a Sivving, inquiet de ne pas avoir de nouvelles d'une de ses amies, qu'elle se rend chez cette dernière en compagnie de Krister. Ils découvrent son corps transpercé de dizaines de coups de fourche, et son petit fils Marcus a disparu. Grâce aux chiens ils vont le retrouver, prostré dans une cabane abandonnée. L'enquête commence et bientôt certains détails éveillent l'intérêt de Rebecka. Sol Britt vient d'être tuée, oui, mais ce n'est pas tout : quelques mois auparavant, le corps de son père a été retrouvé à demi dévoré par un ours ; on a conclu à un accident de chasse, mais ?... Son fils a été renversé par une voiture quelques années plus tôt et si on remonte encore plus loin, sa grand mère paternelle a été assassinée alors qu'elle était institutrice dans la petite ville minière de Kiruna. Cela fait quand même beaucoup de morts étranges pour une même famille ! Et maintenant c'est à Marcus qu'on en veut : le petit garçon échappe de peu à un incendie. Qu'est-ce qui relie tous ces drames survenus sur cinq générations ?

Rebecka a été dessaisie de l'affaire, mais pourtant, elle sera la seule à chercher quel est ce lien. Asa Larsson nous fait faire des va et vient entre le siècle dernier où nous suivons le parcours de l'ancêtre de Marcus alors qu'elle est toute jeune institutrice, et le déroulement de l'enquête.

J'ai toujours eu une préférence pour les policiers nordiques.....Et celui-ci ne fait pas exception. Asa Larsson sait à merveille rendre l'atmosphère de ce pays couvert de neige durant le long hiver, les branches des arbres qui craquent sous son poids, le craquement du gel sous les pas, les grosses doudounes et les gants pour lutter contre le froid, le réconfort devant la cheminée ou le poêle, et les jours qui diminuent jusqu'à laisser place à une nuit sans fin. Les personnages humains ou animaux ne sont pas en reste : dans ce roman, les chiens, que ce soit ceux de Rebecka ou de Krister le maître chien, sont des personnages à part entière. Quant aux humains, qu'ils soient sympathiques comme les personnages principaux, attendrissants comme Elina et Marcus, ou détestables comme le procureur Von Post, tous ont un caractère et un profil bien campés. Petit plus pour ce roman policier, dans l'épisode concernant Elina, l'auteure nous fait découvrir une part de l'histoire de la Suède durant la première guerre mondiale et la place des femmes à cette époque. L'intrigue se déroule lentement (oui, c'est un policier nordique !) laissant le temps au lecteur d'apprécier toutes ces descriptions et de s'attacher aux personnages tout en le tenant en haleine.

Un grand merci à Babelio et aux Editions Albin Michel de m'avoir permis de lire ce roman en avant première.

Ma Note : 9.5/10

 

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28 août 2017

COLOMBE SOUS LA LUNE de Laurence CAMPA

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    Titre : COLOMBE SOUS LA LUNE

    Auteur : Laurence CAMPA

    Editions : STOCK

    Parution : AOUT 2017

                  211 pages

                  Lu en numérique

    De quoi ça parle ?

    Thomas part à la guerre. Thomas a fui Colombe, une jeune femme dont il rêve, à qui il parle au fond de lui, sur qui il compte comme échappatoire, comme douceur, comme rêvasserie heureuse. La réalité, elle, revient à lui, et comme le jour suit la nuit, la nuit gagne en retour du terrain ; Thomas doit résister, il va s'abîmer et grandir. Par ces pages qui révèlent un talent de reconstitution impressionnant, on éprouve ses " orages d'acier " , qui détruisent tout sur leur passage. Il y a la boue des tranchées que les jeunes soldats ont appelées L'Etoile de mer, les trous d'obus, les tactiques muettes, mais aussi le silence de l'attente, l'espoir minuscule. Et le retour à la vie. Un roman court et soufflant, porté par une atmosphère lunaire

Les premières phrases

"Les obus pleuraient au loin dans la nuit silencieuse. Les ténèbres avaient entièrement envahi notre abri ; nous avions laissé mourir la lampe et seules nos cigarettes, rougeoyant par intermittence, éclairaient furtivement la courbe d'une bouche ou la ligne brisée d'un doigt."

Ce que j'en ai pensé

Colombe sous la lune : C'est ce titre tellement poétique qui m'a donné envie de découvrir ce livre. Et pourtant l'action se déroule en enfer !

Durant la première guerre mondiale, un jeune officier Eugène Thomas, tente de survivre sur le front. C'est lui qui raconte ; il nous décrit l'ennui qui s'empare des hommes entre deux attaques ennemies, les terres qui éclatent sous les obus, le sifflement des explosions, les corps déchiquetés, les cris et les gémissements des blessés qu'on n'a pu ramener dans les tranchées et qui agonisent entre les lignes. Comment survivre à de pareilles horreurs ? Certains de ses camarades noient leurs angoisses dans un mauvais alcool, d'autres foncent, bravant le danger. Eugène, lui, rêve. Surtout la nuit en regardant les étoiles. Il est amoureux de Colombe, une jeune fille rencontrée avant son départ, mais la belle a déjà promis sa main à un autre homme. Il en parle avec son ami Dupray qui lui aussi pense à une femme, Séléné. L'image de Colombe va hanter Eugène tout au long de la guerre, tour à tour rêve, promesse ou fantasme.

Dans ce roman sur la guerre de 14/18, Laurence Campa raconte les mêmes horreurs que beaucoup d'autres avant elle, mais elle en parle différement. Elle a une écriture très visuelle, presque cinématographique, ce qui fait qu'on se retrouve facilement plongé dans le cadre et l'action. Elle bouleverse la chronologie, mêle le rêve à la réalité, l'horreur à la beauté. Dans les pensées d'Emile et de tous ces hommes épris d'aventures et de liberté, on ne sait pas toujours ce qui relève du fantasme ou du souvenir. 

J'ai beaucoup aimé ce roman à la fois réaliste et poétique servi par une belle écriture où l'auteure évoque quelques mois de la vie d'un jeune soldat pendant et après la guerre, mais aussi la fidélité, l'amitié virile et la folie.

Merci aux Editions Stock de m'avoir fait découvrir ce livre et cette auteure.

Ma Note : 8.5

 

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26 août 2017

SA MERE - Saphia AZZEDINE

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     Titre : SA MERE

     Auteur : Saphia AZZEDDINE

     Edition : STOCK

     Parution : 23 Août 2017

                   234 pages

    De quoi ça parle ?

     Marie-Adélaïde, née sous X, a la rage au ventre ; elle a un destin, mais ne sait pas encore lequel. Pas celui de caissière à La Miche Dorée. Pas non plus celui de ses rares copines, certaines connues en prison, d’autres camarades de galère et d’errance. Serait-ce celui de nounou des enfants impeccables de la Sublime ? Ou celui de retrouver sa mère coûte que coûte ? Son destin, elle va le chercher avec les moyens dont elle dispose : le culot, la parole qui frappe, l’humour cinglant, l’insoumission à son milieu, la révolte contre toutes les conventions. C’est une héroïne de notre temps.

Les premières phrases

Porter une toque à la caisse de La Miche Dorée quand on a une oreille tatouée et l'autre ultra percée, c'est d'une infinie tristesse. Le job ne va pas avec le parcours. Les excentricités corporelles sont fatales quand, en plus, la miche dore en zone industrielle.

Ce que j'en ai pensé

Marie Adelaïde a une sacré revanche a prendre avec la vie.....C'est que cette dernière ne l'a pas vraiment gâtée..... Née sous X, elle a été adoptée par un couple en mal d'enfant, puis rejetée quand -miracle- un enfant naturel est arrivé. Ensuite cela a été les familles d'accueil, les foyers, la prison : la galère quoi ! Vendeuse dans une boulangerie située dans un quartier défavorisé elle observe ses clientes et quand elle voit les mères de famille nombreuses aux prises avec leur marmaille elle se féliciterais presque de n'avoir pas de mère. Elle pressent qu'elle vient d'un milieu aisé, bourgeois, mais méprise ceux qui y appartiennent, surtout les femmes comme "La Sublime" chez qui elle est engagée comme nounou.

C'est une très bonne observatrice doublée d'un esprit critique redoutable, et en plus elle n'a pas la langue dans sa poche, Marie -Adélaïde. Elle dit tout haut ce que tous pensent mais ce qu'il ne faut surtout pas dire de peur de passer pour ce qu'il ne faut pas être : raciste, politiquement incorrect, anti-sémite, anti-riche, anti-pauvre. Et tout le monde y passe  : les Noirs, les Arabes, les juifs, les pauvres, les bourgeois. Elle provoque, elle dénigre, elle refuse les mains tendues, elle peut paraitre méprisante, mais c'est sa seule défense face au monde extérieur. A force d'être rejetée, mal ou pas aimée, elle s'est forgé une véritable carapace, mais en réalité, elle n'a qu'une envie c'est de retrouver sa mère biologique, de l'aimer et de s'en faire aimer.

Sa mère est un roman très touchant, bien écrit, plein d'humour. Le portrait d'une femme forte, moderne. Presque un coup de coeur.

Merci aux Editions STOCK de m'avoir permis de découvrir ce roman.

Ma Note : 7.5

 

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06 août 2017

LA VILLE DES SERPENTS D'EAU - Brigitte AUBERT

couv43420064     Titre :     LA VILLE DES SERPENTS D'EAU

     Auteur : Brigitte AUBERT

     Edition : FRANCE LOISIRS

    Parution : 2012

                   358 pages

    De quoi ça parle ?

    Ennatown, la ville des serpents d'eau : sans histoire, avec son club interconfessionnel, sa bonne conscience, son lot de mâles chasseurs si conventionnels, et leurs épouses qui s'ennuient à mourir, genre Desperate Housewives. Une sérieuse ombre au tableau, toutefois : l'un des leurs, forcément un des leurs, a enlevé cinq gamines il y a plus de dix ans. Quatre ont été retrouvées au fond d'un lac ou d'une rivière. D'où le surnom du mystérieux criminel : le Noyeur. La dernière n'a jamais refait surface...
Et voici justement que surgit de nulle part, sous la neige à la veille de Noël, une petite créature crasseuse en survêtement rose maculé, muette et terrifiée, qui aussitôt s'enfuit avec le citoyen le moins fréquentable d'Ennatown: Black Dog, géant noir un peu demeuré et SDF.
Qui est-elle? Trop jeune pour être la disparue... alors?
Le fantasme collectif repart de plus belle : c'est Black Dog, le Noyeur, évidemment... Et la chasse à l'homme de démarrer.
Seul Limonta, ex-flic alcoolo à la conscience chargée, s'étonne que personne n'ait signalé la disparition d'une enfant de cinq ans...

Les premières phrases

Je suis morte il y a treize ans. J'avais six ans. On m'a retrouvée noyée dans le lac, sous la glace, pas très loin de la maison. Les poches de ma robe étaient bourrées de pierres.

Ce que j'en ai pensé

Ce jour là, le 23 Décembre à Ennatown, un article paru dans la presse locale rappelle à tous que treize ans auparavant une petite fille, Susan Lawson, disparaissait. C'était la cinquième en quelques mois. Cinq jolies petites filles blondes âgées de 5 à 7 ans. Comme trois autres, Susan a été retrouvée dans un lac, tellement massacrée qu'on n'a pu l'identifier que grâce à ses vêtements. La cinquième n'a jamais été retrouvée. On n'a jamais non plus identifié le meurtrier surnommé "Le Noyeur" par les habitants d'Ennatown. Alors que la petite ville s'apprête à fêter Noël, une vieille dame remarque un géant noir portant une fillette blanche dans ses bras. A peine le temps de réagir qu'ils ont disparu. L'homme, c'est Black Dog, un SDF bien connu de tous, un homme un peu simplet et inoffensif. Mais qui est la petite fille ? La rumeur se répand, puis un crime est commis dans le parc qui borde la ville : La chasse à l'homme va commencer. Vince Limonta, revenu dans sa ville natale après s'être fait renvoyer de la police de New York, persuadé que l'enfant inconnue a un rapport quelconque avec les précédents enlèvements, va se joindre aux poursuivants, et avec l'aide de son ami Snake.T., se pencher sur ce "cold case" vieux de plus de dix ans.

Un suspens bien maîtrisé. J'ai beaucoup aimé l'intrigue, bien que certaines ficelles soient un peu grosses et qu'il y ait quelques invraisemblances (une entorse vite guérie par exemple). En général, ce sont des choses que je remarque, mais qui ne me choquent pas quand je suis emportée par l'action - et cela a été le cas ici-. On suit les recherches déployées pour retrouver l'enfant, on assiste aux interrogations que se posent Limonta et Snake.T, mais l'auteure a choisi de donner un petit avantage au lecteur en lui révélant dès le début l'identité de la petite fille. Brigitte Aubert multiplie les indices, les fausses pistes et il est impossible de savoir qui est exactement "Le Noyeur" jusqu'à la fin.

Une galerie de personnages intéressants. L'auteure a su rendre toute l'ambiance d'une petite ville américaine à la population majoritairement blanche à travers la description de ses habitants. Les personnages principaux, Vince Limonta et Snake.T sont bien aboutis et attachants. Et on ne peut s'empêcher d'être profondément touché par ces deux êtres atypiques que sont la petite Amy et Black Dog.

Le roman est bien construit. Le style de l'auteure est vif et enlevé, souvent teinté d'humour et le fait qu'elle nous introduise dans les pensées et les monologues d'Amy, de Black Dog, et du "Noyeur", chacun avec son vocabulaire, m'a beaucoup plu.

La Ville des Serpents d'eau est un One Shot. Dommage ! J'aurai bien aimé retrouver Limonta dans de nouvelles enquêtes.....

stars-10stars-5

 

Posté par Brigttt à 10:57 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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