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    Titre : LA MALEDICTION D'EDGAR

    Auteur : Marc DUGAIN

    Edition : GALLIMARD

    Parution : Mars 2005

                  319 pages

    Quatrième de couverture

    " Edgar aimait le pouvoir mais il en détestait les aléas. Il aurait trouvé humiliant de devoir le remettre enjeu à intervalles réguliers devant des électeurs qui n'avaient pas le millième de sa capacité à raisonner. Et il n'admettait pas non plus que les hommes élus par ce troupeau sans éducation ni classe puissent menacer sa position qui devait être stable dans l'intérêt même du pays. Il était devenu à sa façon consul à vie. " John Edgar Hoover, à la tête du FBI pendant près d'un demi-siècle, a imposé son ombre à tous les dirigeants américains. De 1924 à 1972, les plus grands personnages de l'histoire des Etats-Unis seront traqués jusque dans leur intimité par celui qui s'est érigé en garant de la morale. Ce roman les fait revivre à travers les dialogues, les comptes rendus d'écoute et les fiches de renseignement que dévoilent sans réserve des Mémoires attribués à Clyde Tolson, adjoint mais surtout amant d'Edgar. A croire que si tous sont morts aujourd'hui, aucun ne s'appartenait vraiment de son vivant.

Les premières phrases

Ce matin-là, New York avait revêtu son uniforme des mauvais jours. Gris. Une nappe sombre effleurait la cime des gratte-ciel. Un vent espiègle et glacé tourbillonnait, s'engouffrant, fantasque, dans les avenues et les rue tirées au cordeau. Le bulletin d'information, filtré par la vitre qui me séparait du chauffeur haïtien de mon taxi, tournait en boucle.

Mon avis

John Edgar Hoover est l'homme qui a réussi à rester à la tête du FBI pendant presque cinquante ans, sous la présidence de huit chefs d'états américains et dix huit ministres de la justice. La malédiction d'Edgar est présenté par son auteur comme une fiction prenant appui sur des faits et des personnages réels, certains de leurs dialogues relatés dans le livre ayant été réellement prononcés en public. Ce sont les mémoires de Clyde Tolson, N°2 du FBI et amant d'Hoover, de 1924 à 1972. Durant cette période aux Etats Unis, règnent la paranoïa, l'antisémitisme, le racisme, le puritanisme. Et durant toute sa vie Hoover va être écartelé entre son homosexualité et son besoin de se conformer aux valeurs de l'époque, ce qui va l'amener a adopter un comportement ouvertement homophobe.

Pendant presque cinquante ans Hoover a tenu les rênes du pouvoir de l'Amérique dans ses mains et pour asseoir sa puissance et garder sa position, il n'a reculé devant rien, s'appuyant sur les faiblesses des uns et les petits secrets des autres. Secrets qui n'en étaient pas pour lui puisqu'il possédait des dossiers sur tous les hommes qui approchaient de près ou de loin le pouvoir. Seule la mafia avait un pouvoir sur lui. Elle détenait des photos compromettantes des deux amants, ce pourquoi Hoover a toujours nié officiellement son importance et reporté l'attention du gouvernement et du public sur le danger que représentait le communisme. Il était respecté de beaucoup et craint de tous. Il est décédé sous la présidence de Nixon, le premier président à avoir sérieusement envisagé de se séparer de lui. Sa mort a soulagé le Président, mais quelques mois après l'affaire du Watergate éclatait . "Edgar vivant, il n'y aurait pas eu de Watergate. Personne n'aurait osé."

Ce récit nous plonge dans l'Histoire et même la petite histoire des Etats Unis de la plus grande partie du 20ème siècle, avec la guerre froide, la Baie des Cochons, l'assassinat des frères Kennedy, celui supposé de Marylin Monroe, la Chasse aux sorcières. On entre aussi dans l'intimité de cet homme qui se révèle aussi intelligent que cynique et manipulateur. On découvre aussi ses petites manies et le jeu que mènent les hommes politiques pour se partager la puissance et servir leurs intérêts. Et cela n'est pas toujours très joli.......

Bien que l'on ait du mal à distinguer la vérité de la fiction dans ce roman, La Malédiction d'Edgar n'en reste pas moins un récit passionnant sur cette époque de l'Histoire des Etats Unis. L'auteur dresse un portrait impitoyable d'Edgar Hoover et des frères Kennedy. Un livre qui se lit presque comme un bon polar.

 

stars-10stars-7