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     Titre :       UN ETE SANS LES HOMMES

     Auteur :    Siri HUSTVEDT

     Traduction : Christine LE BOEUF (Américain)

     Edition :    BABEL

     Parution :  2011 ACTES SUD

                    214 Pages

    De quoi ça parle ?

     Incapable de supporter plus longtemps la liaison que son mari, Boris, neuroscientifique de renom, entretient avec une femme plus jeune qu’elle, Mia, poétesse de son état, décide de quitter New York pour se réfugier auprès de sa mère qui a, depuis la mort de son mari, pris ses quartiers dans une maison de retraite du Minnesota. En même temps que la jubilatoire résilience dont fait preuve le petit groupe de pétillantes veuves octogénaires qui entoure sa mère, Mia va découvrir la confusion des sentiments et les rivalités à l’oeuvre chez les sept adolescentes qu’elle a accepté d’initier à la poésie le temps d’un été, tout en nouant une amitié sincère avec Lola, jeune mère délaissée par un mari colérique et instable…
Parcours en forme de “lecture de soi” d’une femme à un tournant de son existence et confrontée aux âges successifs de la vie à travers quelques personnages féminins inoubliables, ce roman aussi solaire que plaisamment subversif dresse le portrait attachant d’une humanité fragile mais se réinventant sans cesse.

Les premières phrases

Quelque temps après qu'il eut prononcé le mot pause, je devins folle et atterris à l'hôpital. Il n'avait pas dit : Je ne veux plus jamais te revoir, ni : C'est fini mais, après trente années de mariage, pause suffit à faire de moi une folle furieuse dont les pensées explosaient, ricochaient et s'entrechoquaient comme des grains de popcorn dans un four à micro-ondes.

Ce que j'en ai pensé

Boris et Mia ont la cinquantaine bien avancée. Il est neurologue, elle est poétesse. Après trente années de mariage plutôt heureuses, Boris déclare à sa femme qu'il a besoin d'une "pause". Mia reçoit cette annonce en pleine figure. Surtout quand elle apprend que la "Pause" a vingt ans de moins qu'elle et des seins "éloquents". Le choc est tellement violent qu'elle doit être internée quelque temps en HP. Lorsqu'elle en sort, elle sait qu'il lui faut quitter l'appartement conjugal et décide de retourner à Bonden, sa ville natale, auprès de sa mère qui vit dans une résidence pour personnes âgées. Pour s'occuper, elle accepte d'enseigner la poésie à quelques adolescentes, plusieurs fois par semaine. Après l'été, elle avisera.

Entre les personnes qu'elle va côtoyer : les vieilles dames de la maison de retraite, les jeunes filles de son cours de poésie, sa voisine Lola malheureuse dans son couple et ses enfants, et même le mystérieux M. Personne avec qui elle entretient une conversation par mail, Mia va peu à peu reprendre le contrôle de sa vie et se reconstruire. Elle observe beaucoup ce qui se passe autour d'elle et tout ce qu'elle voit la ramène à son enfance, son adolescence, sa vie de jeune femme......Elle évoque tous ces moments heureux ou malheureux, s'interroge sur la relation homme/femme, se remémore les poèmes qu'elle aime et nous les fait partager.

La première impression que je retiens après la lecture de cet ouvrage, c'est celle que le style de l'auteure m'a fait éprouver. Une plume tout en finesse, en légèreté autant pour rendre les souffrances de Mia que pour décrire la vie des octogénaires ou celle des adolescentes. Elle m'a donné une extraordinaire impression de liberté et en plus elle ne manque pas d'humour. Quant à l'histoire en elle-même, si le parcours de Mia m'a intéressée et même touchée, j'ai trouvé qu'il y avait beaucoup de longueurs quand elle se lance dans des digressions au sujet de la littérature, la psychanalyse ou quand elle fait référence à des poètes inconnus (enfin inconnus de moi !).

C'est l'observation minutieuse de toutes ces femmes qui l'entourent qui va endurcir Mia et l'aider à tenir le coup dans l'épreuve qu'elle traverse. Les vieilles dames ne se laissent pas abattre par les désagréments de l'âge, les adolescentes jouent à des jeux cruels et la renvoient à sa propre jeunesse, et Lola elle aussi traverse une crise conjugale. Pendant qu'elle observe, sa douleur se met en sourdine et peu à peu s'apaise.

Mon avis sur cette lecture est un peu mitigé. J'ai aimé l'histoire, le style de l'auteure, le mélange de subtilité et d'humour, mais j'y ai trouvé trop de longueurs.

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