Cet article regroupe mes avis sur les lectures d'Octobre qui n'ont pas fait l'objet d'une chronique.

BLACK COFFE : Sophie LOUBIERE

En Juillet 1966 à Narcissa, pette bourgade de l'Oklahoma, toute une famille est décimée par un mystérieux assassin. Seuls Desmond, un petit garçon de huit ans et sa mère survivent. Le père, voyageur de commerce était absent ce jour là.
Eté 2011 Lola et Pierre partent en vacances avec leurs enfants Annette et Gaston. Ils vont réaliser un de leurs rêves : remonter la mythique route 66, de Chicago à L.A. Mais ces vacances sont brutalement interrompues quand Pierre disparait dans la laverie d'un motel. Quelques années plus tard Lola va repartir sur les lieux à la recherche de son mari. Et sa route va croiser celle de Desmond.......Ils vont enquêter ensemble sur le massacre de la famille de Desmond et la disparition de Pierre à partir d'un indice commun : les deux événements se sont déroulés sur la route 66. Pourtant grande amatrice de thrillers et de romans policiers, je ne connaissais pas du tout cette auteure. Et ce roman a été une belle découverte : une enquête bien ficelée, des personnages bien détaillés, et un voyage passionnant sur la route 66. Black Coffee est un roman policier original et puissant, avec une vraie enquête, passionnant mais jamais glauque.

DIEU N'HABITE PAS LA HAVANE : Yasmina KHADRA

A la Havane, Don Fuego, un chanteur de charme à succès se trouve complètement désoeuvré lorsque le Buena Vista Café dans lequel il se produit est vendu à un américain. Durant toute sa vie il s'est consacré à son art, négligeant femme et enfants. A plus de 50 ans, divorcé, il vit chez sa soeur qui héberge aussi une douzaine d'autres membres de la famille. N'ayant plus de travail, il erre dans les rues de la ville. C'est au cours de ses inombrables errances qu'il rencontre Mayensi une jeune fille, très belle mais aussi très mystérieuse dont il va tomber éperdument amoureux. Cette rencontre va faire basculer sa vie. Dieu n'habite pas La Havane est un récit bien documenté - on en apprend beaucoup sur la période durant laquelle Cuba était encore gouverné par Fidel Castro. A la fois roman policier, politique, romance, avec une histoire trop cousue de fil blanc, ce récit ne m'a pas convaincue malgré le style de l'auteur toujours aussi agréable et le personnage de Don Fuego très attachant.

PREMIERES NEIGES SUR PONDICHERY : Hubert HADDAD

Un vieux musicien juif , Hochéa Meintzel quitte Jérusalem avec l'intention de ne jamais plus y revenir. Il a perdu sa femme dans un attentat à la bombe, lui et sa fille ont survécu à un autre ; il ne reconnait plus son pays, il ne s'y sent plus chez lui. Il se rend en Inde à l'occasion d'une invitation à un festival de musique, avec l'intention de ne jamais plus revenir en Israël. Il va ensuite aller de lieu en lieu un peu au hasard, guidé par la jeune indienne qui lui sert d'interprète, et un beau jour trouver refuge dans une mosquée où il entendra l'histoire des juifs qui se sont installés en Inde. A la lecture de ce roman, au fil de la plume magnifique de l'auteur, on se laisse porter par les images, les sons, les odeurs. C'est un véritable voyage : physique d'abord dans le sud de l'Inde, mais aussi à travers les souvenirs d'Hochéa, de l'histoire des juifs indiens, et des légendes qu'ils se racontent entre eux. Une lecture à savourer, la plume d'Hubert Haddad est magique.

CE QU'IL ADVINT DU SAUVAGE BLANC : François GARDE.

  Pour ce roman qui a obtenu le prix Goncourt du premier roman en 2012, François Garde s'est inspiré d'une histoire vraie : celle de Narcisse Pelletier, un matelot de 14 ans, abandonné  sur une côte australienne après le naufrage du bateau sur lequel il était embarqué. Il sera recueilli par une tribu d'aborigènes avec qui il vivra pendant dix sept ans avant d'être retrouvé et ramené contre son gré en France. Dans son récit, l'auteur a conservé le nom du naufragé, son lieu de naissance, et les circonstances de son abandon et de sa récupération, mais apparemment tout le reste relève du roman, surtout sa vie chez les aborigènes. L'homme a tout oublié de son passé en France et refuse de raconter ce qu'il a vécu durant ses dix sept années en Australie. "Parler c'est mourir dit-il" et on comprend qu'après avoir du oublier sa vie d'avant pour pouvoir mieux s'intégrer dans celle de la tribu, c'en est beaucoup trop pour lui de tirer un trait sur ces dix sept années pour pouvoir se réadapter à une nouvelle vie en France. C'est trop difficile pour lui d'évoquer ces souvenirs. Bientôt le jeune explorateur qui a recueilli Narcisse et l'a ramené en France va se poser des questions. Aurait-on du le laisser dans la tribu qu'il l'avait recueilli ? Quel est son avenir en France où sa famille l'a oublié, dont il ne connait plus les usages et où il est considéré comme un "sauvage" sans intelligence, une sorte d'idiot ?

En conclusion, j’ai particulièrement apprécié ce roman qui peut se lire comme un roman d'aventures. De plus de nombreuses parts de mystère sont préservées : à part quelques épisodes de la vie de Narcisse en Australie on n'en connaitra jamais l'intégralité. On ne saura jamais non plus ce qu'il est devenu. On se pose aussi beaucoup de questions sur ce qu'est la "civilisation" 

DARLING LILLY : M. CONNELLY

Henry Pierce emménage dans un nouvel appartement suite à sa séparation d'avec sa compagne. A peine installé, quelle n'est pas sa surprise de recevoir de nombreux appels téléphoniques destinés à une personne nommée Lilly. Agacé il pose des questions et apprend bientôt que Lilly est inscrite sur un site internet de prostitution : L.A Darlings, et que le numéro de téléphone figurant sur la fiche de la jeune femme est bien le sien. Henri Pierce est chimiste, responsable d'un laboratoire de recherches dans le domaine de l'informatique moléculaire, et sur le point de déposer un brevet qui lui permettra d'empocher de quoi assurer ses travaux pendant plusieurs années. Malgré son emploi du temps très chargé, il ne va pas pouvoir s'empêcher de se lancer sur la piste de la mystérieuse Lilly.
Ce roman policier ne met pas en scène un inspecteur de police ou un détective, mais un simple quidam. En essayant de comprendre pourquoi son numéro de téléphone est le même que celui de Lilly, Henry Pierce va se mettre dans de beaux draps et frôler la catastrophe. L'histoire est bien construite, le personnage d'Heny Pierce bien campé et très crédible ainsi que les personnages secondaires ; la présence de son ex compagne Nicole ajoute une petite touche de romantisme à cette histoire bien noire. Le seul aspect qui ne m'a pas plu, ce sont les longues explications sur la chimie moléculaire auxquelles je n'ai absolument rien compris. Mais à part cela Darling Lilly est un très bon polar américain dans la lignée de Raymond Chandler. J'ai passé un très bon moment de lecture.

LES AILES DE L'ANGE : J. WINGFIELD

Samuel Lake, pasteur méthodiste n'a plus d'église où précher. Plus d'église, cela veut dire ni travail ni logement. Il se voit donc obligé de s'installer - provisoirement espère t-il - dans la ferme de Calla Moses, la mère de sa femme Willadee, avec leurs trois enfants. Si Samuel se sent désoeuvré et incapable d'assumer sa famille, les enfants eux s'en donnent à coeur joie : ils ont tout l'espace qu'ils veulent pour jouer aux cows-boys et aux indiens. Quelques temps après leur arrivée, ils s'aperçoivent qu'un petit garçon se faufile la nuit chez eux pour dérober de la nourriture et quelques fois dormir dans la grange. C'est Blade, le fils aîné de Ras Ballenger, un voisin cruel et brutal surnommé "le fils du démon". Il va vite se faire adopter par la famille de Calla qui le prend en pitié. Mais Ras Ballenger qui voit ainsi son souffre douleur préféré lui échapper n'a pas dit son dernier mot.
Je reste un peu mitigée concernant cette lecture. "Les ailes de l'ange" fait partie des livres où les gentils sont toujours gentils et les méchants toujours méchants, ce qui fait qu'il n'y a pas beaucoup de surprises et qu'on sait d'avance comment cela va se terminer. Cela mis à part, les personnages -surtout les enfants- sont très attachants et l'amitié et l'amour qui les lie attendrissants, les rebondissements nombreux. L'auteur a un véritable sens de l'humour et certaines réparties m'ont souvent fait sourire ou même rire.

UNE PETITE DOUCEUR MEURTRIERE : Nadine MONFILS

Un petit (par le nombre de pages) roman policier à prendre au deuxième degré. De nombreux personnages tous plus déjantés et improbables les uns que les autres, avec des noms impossibles  : entre autres il y a Walter Boulon le journaliste, le commissaire Krapaut, madame Rosa qui est le sosie tout craché de Carmen Cru, et même un rat prénommé Marcel. L'histoire aussi est complètement loufoque avec souvent des détails horribles. Je n'ai pas du tout accroché à ce récit ; je n'ai apprécié ni l'humour grinçant de l'auteur ni cette histoire grandguignolesque.