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      Titre : Une Langue venue d'ailleurs

      Auteur : Akira MIZUBAYASHI

      Edition : FOLIO ( 2013)

     Parution : GALLIMARD 13.01.2011

                      263 pages

Quatrième de couverture

" Le jour où je me suis emparé de la langue française, j’ai perdu le japonais pour toujours dans sa pureté originelle. Ma langue d’origine a perdu son statut de langue d’origine. J’ai appris à parler comme un étranger dans ma propre langue. Mon errance entre les deux langues a commencé… Je ne suis donc ni japonais ni français. Je ne cesse finalement de me rendre étranger à moi-même dans les deux langues, en allant et en revenant de l’une à l’autre, pour me sentir toujours décalé, hors de place. Mais, justement, c’est de ce lieu écarté que j’accède à la parole ; c’est de ce lieu ou plutôt de ce non-lieu que j’exprime tout mon amour du français, tout mon attachement au japonais.
Je suis étranger ici et là et je le demeure."

Les premières phrases

En 1983, je fis la connaissance de Maurice Pinguet, l'auteur de La Mort volontaire au Japon (Gallimard 1984). Je venais de rentrer de Paris où j'avais vécu trois ans et quelques mois.

Chronique (en bref)

Une Langue venue d'ailleurs est une histoire vraie. Celle de ce jeune japonais qui, à la sortie de l'adolescence, prend conscience qu'il ne se sent pas à l'aise ni dans son pays - à cause du passé politique de celui-ci - ni dans sa langue. A peu près à ce moment là, en attendant son entrée à l'université il suit des cours de français diffusés sur la radio nationale japonaise et il tombe complètement amoureux de cette langue. Il va commencer ses études universitaires au Japon et découvrir Jean Jacques Rousseau qui deviendra son modèle. Puis il passe un concours pour obtenir une bourse afin de poursuivre ses études en France, à Montpellier, parce que c'est là qu'enseigne un spécialiste du 18ème siècle. Là il s'immerge complètement dans la langue, rédige en français un mémoire sur Rousseau, rencontre celle qui deviendra sa femme. Tous deux vont partir enseigner le français au Japon puis après quelques années passées à Paris, optent pour un retour définitif à Tokyo.

Akira Mizubayashi nous explique que contrairement à ce que l'on pourrait penser il n'a pas abandonné sa langue ; il est devenu parfaitement bilingue, presque français et plus tout à fait japonais. Il n'a pas choisi de privilégier l'une par rapport à l'autre : sa langue maternelle  par rapport à celle qu'il appelle sa langue paternelle, faisant référence au fait que c'est son père qui l'a beaucoup aidé à réaliser son rêve.

Un très beau livre, merveilleusement bien écrit. On a du reste du mal à croire que l'auteur n'est pas d'origine française.