41262o-caRL

   Titre : LE MIEL D'HARAR ( Sweetness in the Belly 2005)

   Auteur : Camilla GIBB

   Traduction (Canadien) : Paule NOYART

   Edition : ACTES SUD (Babel) 2008

   Parution : 30 Avril 2008

                   431 pages

   Quatrième de couverture

   Lilly, née de parents anglais globe-trotters, se retrouve orpheline au Maroc et se voit confiée à un maître soufi qui l'élève dans l'amour de l'islam. Quelques années plus tard, elle se réfugie en Ethiopie à Harar, la quatrième ville de l'Islam. Confrontée au rejet et à la méfiance, la jeune Blanche musulmane ne cessera de chercher une place qu'elle devra se créer sur mesure, puisant chaleur auprès des enfants auxquels elle enseigne le Coran, et tendresse auprès d'Aziz qu'elle fréquente discrètement. C'est de Londres que Lilly fait le récit de ses exils, tissant un cocon d'odeurs et de saveurs évoquant l'Ethiopie. Entre déracinements incessants et constance spirituelle, Lilly traverse les espaces religieux et politiques et entrelace les atmosphères dans le passionnant récit de sa vie.

Les premières phrases

Venu de l'Arabie, le soleil trace son chemin orange au-dessus de la mer Rouge., survole un désert et des terres volcaniques, inonde des champs de khats et de cafeiers et les collines noires de la vallée fertile qui entoure notre cité fortifiée. La nuit s'éloigne sur les talons des hyènes ; l'approche du soleil retentit à leurs oreilles comme un son hostile qu'elles sont les seules à percevoir. Lèvres barbouillées de sang et saisies de panique, elles fuient vers leurs cavernes.

Mon avis

Dans Le Miel d'Harar l'auteur nous conte l'histoire de Lily, fille d'un couple de hippies en quête de liberté et de découvertes. Orpheline très tôt elle va être plongée dans le milieu très fermé des soufis et embrasser leur religion. A l'âge de seize ans, pour sa sécurité, son maître va l'envoyer à Harar avec Hussein, un autre de ses disciples qu'elle considère comme son frère. Mais à Harar, en tant que femme et blanche elle va être exclue du sanctuaire et confiée à une famille très pauvre de la ville. Habituée à être trimballée de pays en pays durant son enfance par ses parents, elle va essayer tant bien que mal d'y trouver sa place et de s'adapter à la vie locale. Elle partagera la misère et les difficultés de la famille harari qui l'a recueillie. Plus tard à cause de la situation politique du pays, elle sera contrainte de s'exiler en Angleterre, le pays de son père (sa mère est irlandaise). Là elle sera encore une étrangère, une exilée.

Le Miel d'Harar est un roman très documenté (il ne faut pas oublier que l'auteure est anthropologue et a vécu en Ethiopie) on en apprend beaucoup sur l'histoire de l'Ethiopie de la deuxième moitié du 20ème siècle, sur l'Islam, sur le Coran, sur les traditions et les moeurs du pays. L'auteure nous décrit une jeune fille à la fois forte et fragile, sensible, et à travers elle un aspect de l'islam qui n'a rien à voir avec l'intégrisme actuel.

Camilla Gibb fait alterner les chapitres, l'histoire se déroulant tour à tour à Harar et à Londres ce qui renforce l'impression que Lilly n'est jamais chez elle nulle part. Une fois à Londres elle se sentira plus proches de la communauté des émigrés éthiopiens que de ses compatriotes anglais.

Un très beau roman, plein de personnages hauts en couleurs, d'odeurs, mais qui évoque aussi l'exil, la vie spirituelle et la tolérance.

stars-10stars-6